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Liban - Tsl

Nasrallah accuse Bellemare et les Nations Unies de "protéger" les faux témoins

Bien que sur un ton relativement calme, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a tenu, samedi, un discours ferme qui, loin d'ouvrir un horizon de solution, a montré un Hezb plus attaché que jamais à ce qu'il considère comme ses constantes dans l'affaire du tribunal international. Abordant le dossier des faux témoins, lors d'une intervention par vidéo-conférence à l'occasion d'une cérémonie organisée par "Jihad al-Bina", Nasrallah a accusé le procureur général du TSL, Daniel Bellemare, de les "protéger" et le gouvernement libanais de "ralentir" l'étude de leur dossier.

Même si le ton se voulait rassurant, et malgré les assurances de Nasrallah que l'ombrelle syro-saoudienne tient toujours, en attendant les "événements" prévus la semaine prochaine, les Libanais retiennent leur souffle./

"Pourquoi Bellemare et les Nations Unies insistent-ils sur la protection des faux témoins? Cela mènera-t-il à la vérité", a demandé Nasrallah en référence à la demande formulée par la conseillère du secrétaire général de l'ONU, Patricia O'Brien, au président du TSL, Antonio Cassese, de s'abstenir de transmettre des documents de l'enquête au général Jamil Sayyed, en arguant de la nécessité de maintenir la confidentialité de ces documents. "Je demande aux Libanais : l'attitude du tribunal ne sert-elle pas à fausser l'enquête et à protéger les véritables assassins de Rafic Hariri, à la demande de certains d'entre vous?", a-t-il enchaîné.

Cette protection de Bellemare semble, selon Nasrallah, s'accompagner d'un "ralentissement voulu" dans l'examen du dossier des faux témoins de la part du gouvernement. "Le plan de M. Berry a été un choc positif pour le Liban et la position des ministres du mouvement Amal est celle de tous les partis de l'opposition : nos ministres se retireront de la séance de mardi et boycotteront désormais toutes les réunions du Conseil des ministres si le dossier des faux témoins n'était pas mis sur le tapis immédiatement", a assuré le chef du parti de Dieu.

Et Nasrallah de poursuivre : Nous avons nos soupçons sur le fait que le processus judiciaire en question a été et est toujours soumis à une orientation politique servant les intérêts des grandes puissances, notamment celui d'Israël. Nous demandons aux Libanais : Est-ce que vous croyez vraiment que le TSL, d'après ce que nous avons vu et vécu depuis 5 ans, nous mènera à la vérité et à la justice?

Le secrétaire général du Hezb a également assuré que la position de son parti concernant le TSL ne cache "absolument pas" une volonté de renverser l'État : "Si nous voulions renverser l'État, nous l'aurions fait en 2005 ou le 15 août 2006, au lendemain de la fin de la guerre de juillet, mais nous ne l'avons pas fait".

Nasrallah a de même appelé les Libanais à ne pas "se plier au plan israélo-américain d'utiliser le tribunal pour accuser la Résistance", car, selon lui, cela ne servirait que les intérêts de l'État hébreu et mettrait en péril le Liban et tous les pays de la région. "Au lieu de vouloir discuter des conséquences de "l'après acte d'accusation", il vaut mieux faire en sorte de prévenir sa publication et la mise en cause du Hezbollah", a-t-il estimé.

Le Sayyed a par ailleurs appelé les Libanais à participer "massivement" à l'accueil du président iranien Mahmoud Ahmadinejad en visite mercredi dans le pays. "J'appelle le peuple libanais et les Palestiniens (des camps de réfugiés) à accueillir le président de la République d'Iran et à participer massivement aux événements organisés durant la visite", a affirmé Nasrallah. M. Ahmadinejad est "l'hôte du président libanais et du Liban. Il ne vient pas sur invitation du Hezbollah ou d'une certaine communauté", a-t-il précisé.
"Le président Ahmadinejad veut visiter Cana pour rendre hommage aux martyrs et à Bint Jbeil pour le symbole de résistance qu'elle représente", a-t-il ajouté, en référence au village cible de raids israéliens meurtriers en 1996 et 2006 et la localité frontalière, théâtre de violents affrontements entre soldats israéliens et combattants du Hezbollah lors de la guerre de 2006. "Le programme ne prévoit pas que M. Ahmadinejad jette une pierre en direction d'Israël à la frontière", a ajouté Nasrallah, démentant des rumeurs à ce propos. "Si le président Ahmadinejad me demande mon avis, je lui dirai :"Une pierre? vous êtes capable de jeter plus qu'une pierre sur Israël"", a-t-il poursuivi sous les applaudissements.
Le chef du Hezbollah a remercié l'Iran de son soutien "moral et politique", mais également financier, évoquant les "montants énormes" versés par Téhéran pour la reconstruction du sud du Liban, durement touché par le conflit de 2006.
D'un autre côté, la chaîne de télévision du Hezbollah, al-Manar, a diffusé un spot qui appelle également les Libanais à accueillir en masse le chef d'État iranien. "Vous êtes appelés à accueillir le président Mahmoud Ahmadinejad mercredi à 07h30 du matin le long de la route de l'aéroport", lance le spot à l'adresse des "partisans de la Résistance".
"Le Liban est le pays de la résistance... Bienvenue dans ta famille", poursuit l'annonce, qui qualifie le président iranien de "cher frère" et qui est signée par le Hezbollah et Amal, le parti chiite allié du "parti de Dieu".
Le président iranien effectue les 13 et 14 octobre sa première visite au Liban depuis son élection à la présidence en 2005, et devrait se rendre dans le sud frontalier d'Israël. Il doit s'entretenir avec le président Michel Sleiman, le Premier ministre Saad Hariri et le chef du Parlement Nabih Berry.
M. Ahmadinejad et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah doivent apparaître ensemble lors d'un rassemblement organisé par le parti chiite en l'honneur du chef d'État iranien.
Cette visite suscite une controverse au Liban, certains y voyant un message pour montrer que le pays est une "base iranienne" aux portes de l'État hébreu. Les États-Unis, qui considèrent le Hezbollah comme une organisation terroriste et ont infligé à Téhéran des sanctions en raison de son programme nucléaire, ont aussi fait part de leur préoccupation.

"Pourquoi Bellemare et les Nations Unies insistent-ils sur la protection des faux témoins? Cela mènera-t-il à la vérité", a demandé Nasrallah en référence à la demande formulée par la conseillère du secrétaire général de l'ONU, Patricia O'Brien, au président du TSL, Antonio Cassese, de s'abstenir de transmettre des documents de l'enquête au général Jamil Sayyed, en arguant de la nécessité de maintenir la confidentialité de ces documents. "Je demande aux Libanais : l'attitude du tribunal ne sert-elle pas à fausser l'enquête et à protéger les véritables assassins de Rafic Hariri, à la demande de certains d'entre vous?", a-t-il enchaîné.
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