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Nos lecteurs ont la parole

Salut les copains !

Wassim HENOUD
On se rend service entre copains... Mais ce sont les pauvres gens qui trinquent !
Hier on mettait en état de siège des bourgades entières parce que des fous de vitesse avaient décidé de se faire la course. Ça a duré deux jours et les indigènes étaient bloqués aux carrefours. Bien entendu, c'est bien fait pour eux, qui ne comprennent pas les bienfaits de la course automobile. Qu'en été, le flot des voitures immatriculées d'ailleurs nous ait bouffé le peu d'oxygène qui nous restait, et que nous ajoutions à chaque fois une heure à un trajet de vingt minutes, compte bien peu au regard des gentils organisateurs d'un rallye.
Aujourd'hui, c'est un pont et centre névralgique routier que l'on ferme pour faire un défilé de mode. La dame très chic qui s'en occupe a obtenu toutes les autorisations ; entre amis on ne se refuse rien, n'est-ce pas. Elle s'offusque franchement qu'on puisse s'en offusquer, de ce défilé où on fera l'aumône pour les œuvres antidrogue. Son unique argument (je vous assure que je l'ai entendue le dire): la grand-messe des martyrs organisée par les Forces libanaises a elle aussi bloqué les gens six heures durant. Un tac au tac comme il n'y en a qu'au Liban.
Demain, ou quand ça leur chantera, une réunion au Parlement bloquera le cœur de la ville que je persiste à appeler la capitale du Liban même si on l'a depuis baptisée Solidere. Des patibulaires aux vestes bien renflées nous regarderont de travers alors que c'est à nous de nous sentir menacés par leur existence et pas eux de la nôtre.
Et tout cela sur un fond d'agressions quotidiennes sur nos routes où les « autorités » ne font plus rien d'autre que de comptabiliser accidents et victimes. Pas un agent qui voit les voitures qui roulent à contresens sur l'autoroute. Pas un policier qui traque celles qui se baladent sans plaque d'immatriculation - car qui la conduit, soit il est inconscient, soit il est intouchable. Pas une patrouille qui verbalise ceux qui aveuglent leurs congénères avec leurs phares et leurs projecteurs et feux antibrouillard. Car appliquer la loi pourrait nuire gravement à notre image de peuple aimable et tolérant.
Aux ministres de l'Intérieur, du Tourisme, des Travaux publics, et à tous les autres qui se sentiraient concernés, sachez qu'on ne peut pas nous apprendre l'hospitalité ou la culture touristique malgré nous. Entre copains, faites ce que vous voulez chez vous, mais ne touchez plus à notre espace vital.
Sachez enfin que vos rodomontades ne font plus peur à personne et surtout pas à ceux qui se moquent de votre autorité en nous empoisonnant la vie. Vos airs de gentils premiers de la classe ne dupent plus que vous. Alors, une dernière fois, faites quelque chose ou dégagez. Et qu'on ne vienne pas nous chercher des noises, ni à moi ni à d'autres que moi qui seraient excédés par vos échecs. Et, surtout, puisque le mot devient à la mode, qu'on ne nous accuse pas non plus d'être des putschistes à la solde de l'étranger, car nous aspirons à vivre en paix dans notre pays.

Wassim HENOUD
On se rend service entre copains... Mais ce sont les pauvres gens qui trinquent !Hier on mettait en état de siège des bourgades entières parce que des fous de vitesse avaient décidé de se faire la course. Ça a duré deux jours et les indigènes étaient bloqués aux carrefours. Bien entendu, c'est bien fait pour eux, qui ne comprennent pas les bienfaits de la course automobile. Qu'en été, le flot des voitures immatriculées d'ailleurs nous ait bouffé le peu d'oxygène qui nous restait, et que nous ajoutions à chaque fois une heure à un trajet de vingt minutes, compte bien peu au regard des gentils organisateurs d'un rallye.Aujourd'hui, c'est un pont et centre névralgique routier que l'on ferme pour faire un...
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