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Liban - La Situation

L’effet Berry s’estompe après la « surprise » en Conseil des ministres

Le patriarche maronite en compagnie de M. Salam. Photo Émile Eid

Au lendemain de la réunion mouvementée du gouvernement, mercredi, au cours de laquelle les ministres du Bloc du développement et de la libération, dirigé par Nabih Berry, ont menacé de boycotter les séances du Conseil si celui-ci ne se décidait pas à traiter en priorité le dossier des faux témoins, le climat politique était hier à l'apaisement, la plupart des protagonistes minimisant l'ampleur de la « bombe » lancée par M. Berry.
Milieux berrystes en tête, tout le monde ou presque s'est accordé à dire que la démarche du président de la Chambre n'a rien d'un aggiornamento et que, par conséquent, les jours du gouvernement d'union nationale ne sont pas comptés.
La première réaction dans les rangs d'une partie de la majorité avait été de croire que l'initiative des ministres berrystes pouvait être le prélude à des coups de boutoir destinés à faire exploser le cabinet. Mais ce sentiment s'est plus ou moins estompé hier, les mêmes milieux considérant désormais qu'après l'affaire des mandats d'arrêt syriens, le président de la Chambre ne pouvait plus se permettre de se confiner dans son silence alors même que les deux camps en présence affûtent leurs armes (du moins au sens politique du terme).
En somme, à en croire ces milieux, la tentative de M. Berry pourrait n'être qu'un coup d'épée dans l'eau, destiné uniquement à donner le change à ses alliés, pour leur signifier qu'il ne les a pas abandonnés. Ce qui conforte cette analyse, c'est le constat que l'initiative des ministres berrystes n'avait visiblement pas - à moins d'une mise en scène très sophistiquée - été coordonnée avec les autres composantes de l'ex-opposition, dont les représentants au sein du gouvernement ont été gagnés par l'embarras.
Certaines sources avancent une variante à cette analyse. Selon elles, M. Berry aurait simplement cherché à réapparaître sur la scène politique, à reprendre son rôle, les développements de ces dernières semaines l'ayant rejeté quelque peu sur la touche.
On n'écarte pas non plus la possibilité d'un coup de gueule par lequel M. Berry aurait voulu exprimer son désaccord avec le programme officiel retenu pour l'accueil du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, mercredi prochain. M. Berry aurait souhaité une cérémonie à l'aéroport, mais le chef de l'État, Michel Sleiman, l'a exclue, limitant l'accueil officiel à Baabda.
Quoi qu'il en soit, les milieux proches du président de la Chambre ont été les premiers, hier, à minimiser indirectement l'impact de la « surprise » de mercredi. Ainsi, le député Ali Bazzi a assuré que M. Berry « était et est toujours partie prenante au climat de pacification et de dialogue » et qu'il est « soucieux de mettre de l'ordre à l'intérieur afin de préserver la paix civile et l'unité nationale ».
M. Bazzi a toutefois confirmé que les ministres berrystes boycotteront les séances du Conseil des ministres si la question des faux témoins n'y est pas traitée en priorité, dès mardi prochain, date fixée par le président de la République pour discuter de ce dossier.
L'un des ministres berrystes, Ali Abdallah, est allé un peu plus loin, précisant que ses collègues et lui boycotteraient « toute séance du Conseil des ministres qui ne s'achèverait pas sur une décision finale au sujet du dossier des faux témoins ». Ce qui signifie qu'à ses yeux, la question devrait être tranchée dès mardi.
Or le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a indiqué hier que le rapport qu'il avait établi sur cette question à la demande du Conseil des ministres avait besoin d'une « mise à jour », beaucoup de nouvelles données et d'informations s'étant accumulées depuis un mois à ce sujet. « J'espère que le dossier sera prêt mardi prochain », a-t-il déclaré.
M. Najjar a lui-même minimisé implicitement l'ampleur de l'action de M. Berry, niant que la séance de mercredi ait été l'occasion d'une tentative de faire chuter le gouvernement. « Le président de la Chambre voulait faire hâter l'issue du dossier des faux témoins, mais il était clair que, cette question ne faisant pas partie de l'ordre du jour, nul ne pouvait violer les règles constitutionnelles en vertu desquelles ce sont le chef de l'État et le Premier ministre qui s'entendent sur la teneur de l'ordre du jour », a-t-il dit.
Le député Ammar Houry (Courant du futur) a de son côté écarté « tout impact de ce qui s'est passé mercredi sur la situation gouvernementale ». C'est aussi l'opinion de son collègue Okab Sakr, qui a affirmé que M. Berry continue à être « un agent de liaison » et qu'il cherche simplement à « imposer un agenda et un calendrier préventifs pour empêcher toute implosion du Conseil des ministres ». Selon lui, si les ministres chiites avaient l'intention de quitter le gouvernement, ils l'auraient fait hier.
Enfin, le député Tammam Salam, qui s'est entretenu à Bkerké avec le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, s'est montré optimiste quant à la possibilité d'une issue en Conseil des ministres dès la semaine prochaine au sujet du dossier des faux témoins.
Au lendemain de la réunion mouvementée du gouvernement, mercredi, au cours de laquelle les ministres du Bloc du développement et de la libération, dirigé par Nabih Berry, ont menacé de boycotter les séances du Conseil si celui-ci ne se décidait pas à traiter en priorité le dossier des faux témoins, le climat politique était hier à l'apaisement, la plupart des protagonistes minimisant l'ampleur de la « bombe » lancée par M. Berry.Milieux berrystes en tête, tout le monde ou presque s'est accordé à dire que la démarche du président de la Chambre n'a rien d'un aggiornamento et que, par conséquent, les jours du gouvernement d'union nationale ne sont pas comptés.La...
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