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Sport

La Premier League en crise

Le cas de Liverpool n’est malheureusement pas isolé en Premier League...Paul Ellis/AFP

La bataille autour de la vente du club de Liverpool, dont les propriétaires américains ne parviennent plus à payer les dettes, illustre les difficultés qui ébranlent tout le football anglais, où l'argent s'est arrêté de couler à flots avec la crise financière.
Un chiffre permet de résumer l'étendue du problème : la dette globale des clubs de la Premier League est estimée à plus de 4 milliards d'euros.
Portés par l'euphorie financière des années 2000, encouragés par la City de Londres et ses puissantes banques, les dirigeants du football britannique ont accepté le rachat de clubs par des investisseurs étrangers utilisant la technique du « leverage », c'est-à-dire en ayant recours à un endettement massif.
De quoi ravir, au moins dans un premier temps, dirigeants et supporters qui voyaient arriver du monde entier des entraîneurs et joueurs achetés à prix d'or, avec en prime une rénovation des stades.
Revers de la médaille, un club vedette comme Manchester United, endetté à lui seul à hauteur de 800 millions d'euros et qui appartient aussi à des investisseurs américains, verse chaque mois des millions d'euros d'intérêts à ses banques créditrices.
Avec des stades pleins et de confortables droits de retransmission télé, le système a continué de prospérer, suscitant souvent l'envie à l'étranger, tant que les banques ne se faisaient pas trop pressantes et continuaient à prêter... souvent pour aider à rembourser la dette.

Contre-exemple en Europe
Mais l'ère de l'argent facile a pris fin avec la crise financière de 2008, qui a ébranlé le système bancaire britannique.
Si les deux propriétaires américains de Liverpool sont aujourd'hui pris à la gorge, c'est que leur principale banque créditrice, la Royal Bank of Scotland (RBS), n'a plus les moyens d'attendre. Sauvée du naufrage par l'État qui l'a rachetée à 80 %, la RBS a donné jusqu'au 15 octobre à Tom Hicks et George Gillett pour rembourser une dette de 282 millions de livres.
Le club est désormais en position d'être relégué en deuxième division, une humiliation subie la saison dernière par celui de Portsmouth après avoir été placé en redressement judiciaire à cause de ses problèmes financiers. D'autres clubs moins connus, comme West Ham et Wigan, sont eux aussi au bord du gouffre. A priori à l'abri d'une faillite, Manchester United a tout de même été contraint de vendre l'an dernier au Real Madrid son joueur vedette, le Portugais Cristiano Ronaldo, pour un transfert record de 94 millions d'euros. Le club a aussi dû émettre pour plus de 500 millions d'obligations, afin de refinancer sa dette.
D'autres grands clubs sont à la merci de propriétaires étrangers qui pourraient un jour se lasser de leur coûteuse passion. Le sort du leader de la Premier League, Chelsea, repose ainsi en grande partie sur le bon vouloir de l'oligarque russe Roman Abramovitch, qui a obligeamment tiré un trait sur une dette de 380 millions. Même cas de figure pour Manchester City, qui doit compter sur le soutien d'un membre de la famille régnante d'Abou Dhabi.
Hier admiré, le football anglais est aujourd'hui cité en contre-exemple en Europe, où il inspire les projets de réforme destinés à introduire un peu du « fair-play financier » prôné par le président de l'UEFA Michel Platini.

La bataille autour de la vente du club de Liverpool, dont les propriétaires américains ne parviennent plus à payer les dettes, illustre les difficultés qui ébranlent tout le football anglais, où l'argent s'est arrêté de couler à flots avec la crise financière.Un chiffre permet de résumer l'étendue du problème : la dette globale des clubs de la Premier League est estimée à plus de 4 milliards d'euros.Portés par l'euphorie financière des années 2000, encouragés par la City de Londres et ses puissantes banques, les dirigeants du football britannique ont accepté le rachat de clubs par des investisseurs étrangers utilisant la technique du « leverage », c'est-à-dire...
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