Le quartier où se trouve l’ambassade de Grande-Bretagne a été bouclé, hier, après l’attaque à la roquette contre l’une de ses voitures. Khaled Abdullah/Reuters
Il s'agit du deuxième attentat contre des représentants de l'ambassade de Grande-Bretagne au Yémen en six mois. Le 26 avril, l'ambassadeur britannique, Timothy Torlot, avait été la cible d'un attentat raté perpétré par un kamikaze portant une ceinture d'explosifs qui s'était jeté contre son convoi. El-Qaëda dans la péninsule Arabique (AQPA) avait revendiqué cette attaque, en qualifiant Londres « d'allié principal de l'Amérique dans sa guerre contre l'islam ».
La nouvelle attaque « honteuse va redoubler notre détermination à travailler avec le gouvernement du Yémen pour faire face aux défis que rencontre le pays », a affirmé le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague. Ce dernier avait présidé la réunion fin septembre à New York du Groupe des amis du Yémen qui avait souligné que ce pays poserait un « très grand danger » si la communauté internationale n'empêchait pas son effondrement.
Dans le même temps, un Français travaillant pour le groupe énergétique autrichien OMV a été tué et un employé britannique gravement blessé par un garde de sécurité qui a tiré sur eux dans l'enceinte du siège de la compagnie à Haddah, près de Sanaa, selon un communiqué du groupe. D'après le ministère de l'Intérieur, l'agresseur, Hicham Mohammad Ahmad Assem a été arrêté. « Le garde a ouvert le feu sur le directeur en criant Allah Akbar (Dieu est grand) », selon une source de sécurité. Le siège de la compagnie a ensuite été fermé.
Ces nouvelles attaques, qui n'ont pas été revendiquées, ont coïncidé avec la visite à Sanaa du directeur politique du département d'État américain William Burns qui a assuré au président Ali Abdallah Saleh que son pays était engagé à « aider le Yémen à affronter les défis de sécurité posés par el-Qaëda ». Elles viennent s'ajouter à une longue liste d'attentats antioccidentaux contre des objectifs militaires et civils depuis 2000 au Yémen, où el-Qaëda se montre de plus en plus actif malgré la détermination affichée du pouvoir de lutter contre le réseau d'Oussama Ben Laden. L'AQPA multiplie par ailleurs ses attaques sanglantes contre les forces de sécurité yéménites dans l'est et le sud-est du pays.

