L'électricité générée à partir du pétrole est vendue au cinquième de son prix sur le marché mondial et l'eau, qui provient de la nappe phréatique et du dessalement de l'eau de mer, à un centième de son coût, selon les experts participant à une conférence à Djeddah, dans l'ouest de l'Arabie saoudite.
L'essence et le diesel sont vendus sur le marché local à 0,12 dollar le litre.
Les subventions à la consommation d'énergie atteignent les 50 milliards de riyals (13,3 milliards de dollars) par an, l'équivalent de 9 % des dépenses publiques en 2009, a indiqué Abdallah al-Shehri, gouverneur de l'Autorité de régulation de la production d'électricité.
Et la consommation d'électricité va augmenter de 12 % cette année.
« Si les prix restent à leur niveau actuel, les subventions vont peser énormément sur le budget », a ajouté M. Shehri devant le Forum sur l'eau et l'électricité de Djeddah.
« Et si la consommation reste au même niveau, nous allons consacrer à l'avenir la moitié de la production de pétrole aux besoins du marché intérieur », a souligné pour sa part Adel Boushnak, un expert en eau de la firme al-Aghar.
Disposant des premières réserves pétrolières du monde, l'Arabie saoudite a pu jusqu'ici approvisionner le marché intérieur à des prix très bas.
Le royaume consomme localement quelque 2,5 millions de barils par jour sur les 8 à 9 millions de barils produits quotidiennement et près de la moitié de cette consommation va à la production d'électricité, alors qu'un seul baril rapporte près de 80 dollars à l'export.
Avec une capacité supplémentaire de production de 4 millions de barils par jour, la consommation intérieure n'affecte pas encore les revenus pétroliers.
Mais selon la Banque mondiale, elle est en train de croître de 5,9 % par an, plus que la croissance du PIB.
Les subventions à long terme ne peuvent être maintenues, selon M. Shehri, mais il reste à convaincre les responsables au pouvoir et en particulier le palais royal d'augmenter les prix à la consommation.
La nappe phréatique est exploitée quatre fois plus que son taux de renouvellement le permet et l'Arabie saoudite s'est donc tournée vers le dessalement de l'eau de mer.
« L'eau est presque gratuite » et il n'y a aucune campagne pour en réduire la consommation, a reconnu devant la conférence le ministre de l'Eau et de l'Électricité, Abdallah al-Hussayen.
L'eau coûte 10 halalas (0,027 USD) le m3, soit un centième de son coût de production, alors que le prix moyen sur le marché mondial est de 1,81 dollar, relève Christopher Gasson, éditeur de la revue Global Water Intelligence.
M. Hussayen s'est étonné que le Saoudien soit prêt à payer 200 riyals (53 dollars) par mois pour une ligne de téléphone portable, mais pas plus de quelques riyals pour sa consommation d'eau.
Les ruraux non raccordés au réseau paient d'importantes sommes pour se faire livrer de l'eau potable par camions-citernes.
Le pays se tourne désormais également vers des énergies renouvelables ou le nucléaire. Il s'intéresse aussi au recyclage des eaux usées. Un projet d'usine de dessalement à l'énergie solaire est à l'étude et un institut de recherche pour l'énergie atomique et les énergies renouvelables a été établi.

