« Qu’attend la justice libanaise pour se mettre en action ? » s’est demandé hier Sélim Hoss, ici en compagnie de Youssef Safwane... Photo Dalati et Nohra
De son côté, l'ancien député Oussama Saad a rappelé que le gouvernement doit donner la priorité au « règlement des préoccupations des citoyens, tant en ce qui concerne le TSL qu'au niveau de leur protection contre tous les dangers extérieurs ». Il a ainsi estimé que le gouvernement actuel a « failli à sa tâche », accusant même le Premier ministre Saad Hariri de partialité.
Plus virulent à l'égard du gouvernement qu'il qualifie de celui « de la honte », l'ancien ministre Abdel Rahim Mrad va jusque lui souhaiter « l'explosion », et juge que le TSL « ne jouit d'aucune validité légale, n'ayant pas été signé par le chef de l'État de l'époque » (Émile Lahoud). Il a ainsi appelé les Libanais à « refuser le TSL en bloc, ainsi que toute décision qui en émanerait ».
Prenant le relais, l'ancien député Hassan Yaacoub a fustigé les défenseurs du TSL, « des parieurs perdants qui seront les premières victimes de la discorde ». Sur sa lancée, M. Yaacoub a violemment critiqué le dernier discours de Samir Geagea, notamment dans sa prise de position en faveur du TSL, l'accusant de « se moquer du monde ». « Nous savons, a-t-il encore dit, qu'il (Samir Geagea) fait partie de ceux qui attisent le feu de la discorde afin d'arriver à l'embrasement total. » Poursuivant son attaque, l'ancien député a enfin jugé que le chef des Forces libanaises « contribue à l'exil des chrétiens du Liban en concrétisant le plan Kissinger ».
Cheikh Hachem Minkara a pour sa part déclaré que le TSL « servait les intérêts israélo-américains, contre la résistance », assurant que le tribunal « avait perdu toute sa crédibilité après l'affaire des faux témoins et l'emprisonnement des quatre généraux ».
Lui faisant écho, Ammar Moussawi a jugé qu'il est possible de maintenir la paix tout en empruntant la voie vers la justice, « mais pas de la manière dont on le voit actuellement », arguant encore de l'affaire des faux témoins. Évoquant le financement du TSL, M. Moussawi a considéré que le fait de le refuser illustrait bien le désaccord des Libanais sur la validité de ce tribunal, déplorant le fait que « les bons conseils de Walid Joumblatt ne soient pas assez entendus ». Analysant les propos de Saad Hariri parus dans le journal asharq el-Awsat, il a estimé que le Premier ministre « a réglé ses divergences avec la Syrie, mais actuellement, il en a d'autres à régler avec une faction locale ». « Les décisions du TSL ne sont pas sacrées, a-t-il conclu, et les Libanais n'auraient rien à craindre en les refusant, s'ils s'unissaient. »
Les propos du député Imad el-Hout du bloc Amal se veulent plus rassurants. Il a en effet appelé « à la vigilance contre une discorde interne dont les retombées n'épargneraient personne », rappelant que « le seul ennemi restait Israël » et que les Libanais gagneraient à continuer à œuvrer pour l'édification d'un État fort et uni.

