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Liban - Réactions

Le 14 Mars s’interroge : le Hezbollah est-il « intouchable » ?

La pérennité du TSL et la question de la contribution libanaise à son financement sont restées hier au centre des préoccupations dans les milieux de la majorité.

Le ministre Harb en compagnie de l’ambassadrice US, Maura Connelly. Photo Dalati et Nohra

Le ministre du Travail, Boutros Harb, qui s'est entretenu hier avec l'ambassadrice des États-Unis, Maura Connelly, a souligné qu'au cas où le Liban gèle sa contribution au financement du TSL, « la communauté internationale s'efforcera de trouver d'autres contributeurs » et qu'elle « les trouvera ». Pour M. Harb, « les Libanais doivent coopérer ensemble pour faire face au problème » qui se pose. Il a à cet égard souhaité que la séance du Conseil des ministres prévue lundi finisse par un accord sur l'adoption du budget, y compris la clause relative au financement du TSL, « quitte à ce que les efforts en vue d'une solution politique au problème se poursuivent par la suite ».
Indiquant que sa position au sujet du tribunal était connue et qu'il ne pouvait que voter en sa faveur, M. Harb a toutefois affirmé « comprendre les craintes du Hezbollah ». « Nous serons à ses côtés s'il apparaît que l'acte d'accusation n'est pas fondé sur des indices convaincants et sérieux. Nous serons les premiers, avant même le Hezbollah, à rejeter cet acte », a-t-il dit. « Nous ne voulons surtout pas que des innocents soient accusés du meurtre de Rafic Hariri, de Pierre Gemayel, de Gebran (Tuéni) et des autres. Nous voulons que les vrais coupables soient pointés du doigt », a-t-il ajouté.
Le député Samir Jisr, ancien ministre de la Justice, a développé cette même idée, mais en la retournant : « Si, de fait, il apparaît, preuves à l'appui, que des éléments du Hezbollah sont impliqués (dans les assassinats), la question qui se pose est de savoir s'ils doivent être considérés comme dispensés d'avoir à rendre des comptes », a-t-il déclaré. « Autrement dit, a poursuivi M. Jisr, si la logique milicienne doit garder la primauté sur celle de l'État. » Pour le député de Tripoli, « l'objectif derrière la mise en avant de l'affaire des faux témoins est de nuire à l'image du tribunal en prétendant qu'il est politisé. On anticipe sur la parution de l'acte d'accusation pour dire ensuite que celui-ci est nul et non avenu dans la mesure où il est fondé sur des témoignages nuls et non avenus ». « Mais qui donc a dit que la détention des quatre officiers a été décidée sur la base des aveux de faux témoins et qui peut prétendre savoir ce qu'ont avoué véritablement ces derniers aux autorités judiciaires ? » s'est interrogé M. Jisr. « C'est seulement ce qui a été dit à la justice qui doit être pris en compte et c'est à ce niveau qu'il sera possible de déterminer s'il y a ou non des faux témoins », a-t-il poursuivi. En tout état de cause, a-t-il souligné, « il faut attendre, car c'est seulement dans le cas où le TSL prouve, d'une part, qu'il existe des faux témoignages et que, d'autre part, il s'abstient d'en juger les auteurs, qu'il sera possible de les poursuivre devant la justice libanaise ».
Ahmad Fatfat, député de Minieh-Denniyé, a lui aussi émis l'hypothèse d'une implication du Hezbollah. « S'il apparaît dans l'acte d'accusation que des éléments du Hezb ont participé à l'attentat (contre Rafic Hariri), quelle sera la réaction du parti ? Considérera-t-il tous ses membres comme étant intouchables ? » s'est-il interrogé. Pour M. Fatfat, « ce que fait le Hezbollah à l'heure actuelle est dangereux pour son propre avenir, car il conforte l'opinion publique dans le sentiment qu'il est en train de combattre des poursuites judiciaires ». Il a d'autre part catégoriquement nié toute véracité aux informations de presse selon lesquelles le Premier ministre abandonnerait ses alliés. « Le retour à la tutelle syrienne est absolument hors de question et cela n'est dans l'intérêt ni du Liban ni de la Syrie », a-t-il dit.

Makari : « Nous ne capitulerons pas »
Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, a estimé pour sa part que « l'objectif du 8 Mars, sous la direction du Hezbollah, va plus loin que la suppression du TSL. Le but réel est d'asseoir son autorité sur le Liban et de ramener le pays à la situation qui prévalait avant 2005 ».
« Nous ne capitulerons absolument pas », a lancé M. Makari, écartant totalement l'éventualité d'une démission du Premier ministre. « Il n'y pense même pas », a-t-il dit.
S'agissant de la contribution libanaise au financement du TSL, le député du Koura a noté que le chef du PSP, Walid Joumblatt, « s'est engagé à voter en faveur de la clause en question » dans le projet de budget. « Il reste (à connaître la position du) président de la République que nous avions élu sur la base du principe qu'il était attaché au TSL, ce qu'il avait lui-même exprimé dans son discours d'investiture. Ce faisant, le chef de l'État ne s'était pas aligné sur un camp contre l'autre. Il avait simplement pris fait et cause pour le pays et pour le respect par le Liban de ses engagements. C'est donc pour lui une question de principe. Même s'il laisse la liberté de vote à ses ministres, la majorité d'entre eux se prononcera à mon avis en faveur du financement du TSL ».
M. Makari a par ailleurs souligné que la déclaration ministérielle est « un tout comportant un certain nombre de compromis. En conséquence, un rejet par le 8 Mars de la clause relative au TSL implique un désengagement de la part du 14 Mars à l'égard de celle relative au triptyque » peuple, armée et résistance.
Le député Ammar Houry a estimé quant à lui que « l'ex-opposition, Hezbollah en tête, a pris une décision claire de faire l'impasse sur la vérité et la justice ». M. Houry a assuré que la position du président de la République, Michel Sleiman, n'a pas changé pour ce qui est de son soutien au TSL. « Ce sont les tentatives du camp adverse de donner une autre interprétation des propos du chef de l'État qui ont contraint ce dernier à faire paraître des éclaircissements à ce sujet », selon lui.
L'ancien député Moustapha Allouche a fait valoir que « nonobstant les mesures que prend le TSL et qui montrent la crédibilité dont il jouit et son professionnalisme, le Hezbollah continuera à le rejeter ». Selon lui, le parti de Dieu utilisera à cette fin tous les moyens dont il dispose, y compris les menaces de mort contre les personnes qui soutiennent le tribunal, ainsi que l'a fait savoir le député (du Hezbollah) Nawaf Moussaoui il y a quelques jours.
« Ce qui est important, ce n'est pas pour le Hezbollah de prendre ou non la décision d'une invasion (militaire). Il faudra surtout, le cas échéant, réfléchir à ce qui se passerait le lendemain. Et si le Hezbollah réfléchit bien, il ne prendra pas une telle décision », a dit M. Allouche.
Enfin, le PNL a dénoncé, dans son communiqué hebdomadaire, le « chantage exercé, selon lui, par les contempteurs du tribunal ». « Ces derniers, ajoute le texte, exploitent leur position au sein du gouvernement et leur capacité à le paralyser, voire à le faire tomber. »

Le ministre du Travail, Boutros Harb, qui s'est entretenu hier avec l'ambassadrice des États-Unis, Maura Connelly, a souligné qu'au cas où le Liban gèle sa contribution au financement du TSL, « la communauté internationale s'efforcera de trouver d'autres contributeurs » et qu'elle « les trouvera ». Pour M. Harb, « les Libanais doivent coopérer ensemble pour faire face au problème » qui se pose. Il a à cet égard souhaité que la séance du Conseil des ministres prévue lundi finisse par un accord sur l'adoption du budget, y compris la clause relative au financement du TSL, « quitte à ce que les efforts en vue d'une solution politique au problème se poursuivent par la...
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