Liban

Les démarcheurs arabes ont leur réponse : Personne ne peut mordre sur l’indépendance du TSL

Éclairage
28/09/2010
Depuis les fuites au Der Spiegel évoquant l'implication présumée d'éléments du Hezbollah, les médias du 8 Mars ressassent que des pays arabes démarchent l'ONU pour geler les travaux du TSL, sinon le supprimer. Ou, à tout le moins, pour retarder sine die la parution de l'acte d'accusation du procureur canadien Daniel Bellemare. Des cadres du Hezbollah laissent entendre que cette mission, que l'Égypte, autant que la Syrie et l'Arabie saoudite, aurait accepté de mener, dispose jusqu'à la fin du mois en cours, et d'autres parlent de la mi-octobre, pour s'accomplir. Mais plus besoin d'attendre, indique un diplomate informé. L'ONU a été relancée, en effet, lors des travaux annuels de son Assemblée générale. Et sa réponse, immédiate, tient dans ces mots : le Tribunal international pour le Liban, créé aux termes d'une résolution du Conseil de sécurité, est absolument indépendant. Hermétiquement clos à l'extérieur. Nul ne sait ce qu'il cogite ou prépare. Personne ne sait ce qu'il peut y avoir dans l'acte d'accusation. De plus, le procureur Bellemare n'en a pas encore achevé le brouillon.
D'où l'inquiétude et l'irritation du Hezbollah. Malgré le fait qu'à présent, grâce en partie à la Syrie et à son rapprochement avec l'Arabie saoudite, même les Égyptiens se mettent à le caresser dans le sens du poil, en assurant qu'en dépit du contentieux qui les oppose suite à l'interception d'un réseau, ils ne cesseraient pas de reconnaître le Hezbollah après l'acte d'accusation. Même position des Français. Le parti continue cependant de soutenir qu'il est ciblé par le TSL et qu'on veut à tout prix le désarmer.
Il s'agite donc, sans même tenir compte de la position syrienne que la sécurité au Liban est une ligne rouge. Ni des appels de Damas au respect de l'entente conclue avec l'Arabie saoudite de consolider la stabilité au Liban, par une baisse de la tension politique. L'on a pu ainsi entendre le député Nawwaf Moussaoui menacer d'une répétition du coup de force commis à l'AIB.
Le monde à l'envers : cette escalade, des minoritaires l'imputent au 14 Mars, en affirmant qu'il n'aurait jamais dû défendre le TSL, ni pinailler sur la question des faux témoins. Les ex-opposants accusent également Saad Hariri de ne pas forcer ses troupes à faire profil bas, comme il l'a promis, selon eux, à Bachar el-Assad.
À les en croire, il se serait même engagé à modifier son attitude par rapport au TSL. Ce que dément, évidemment, la réaffirmation de son soutien à la quête de la vérité et de son respect de la justice. Toujours selon les minoritaires, le Premier ministre s'abrite derrière l'Arabie saoudite pour mettre de l'eau dans le gaz, à travers les déclarations incendiaires de ses lieutenants, en vue de perturber la visite au Liban, le 13 octobre, de Mahmoud Ahmadinejad. Une échéance que le Hezbollah s'apprête à fêter dignement, en guidant le président iranien dans une tournée de son fief, le Sud, avec escale au jardin iranien, à proximité de la porte de Fatima. Il se dit même que le fougueux président iranien compte lancer une pierre en direction de la frontière israélienne.
Les loyalistes ripostent que les faits parlent d'eux-mêmes : c'est le Hezbollah qui a lancé les attaques sur le front intérieur, dès qu'il a été question de son implication. Il a clairement menacé le monde extérieur, autant bien entendu que les fractions libanaises, de mettre le feu aux poudres localement, s'il est poursuivi. Malgré les préceptes du sommet tripartite libano-syro-saoudien, les minoritaires ont continué de plus belle les tirades télévisées violentes. Les accusations faites de bric et de broc, et l'exploitation du dossier des faux témoins. Ils tentent tout pour torpiller le TSL et l'acte d'accusation. Mais leur chantage tombe à plat, car cela ne dépend d'aucune partie libanaise ou même étrangère, comme on l'a vu plus haut. Tout ce qu'ils peuvent obtenir, c'est que le Liban ne s'acquitte pas de sa quote-part de 49 % dans le financement du TSL. Cela ne servirait à rien, du reste, car le secrétariat général de l'ONU est chargé d'assurer les fonds requis, et plusieurs donateurs sont sur les rangs.
Cependant, au-delà du fait qu'ils n'ont rien à voir avec le TSL, avec son existence ou avec sa disparition, ni avec l'acte d'accusation, les loyalistes n'en démordent pas : pas question de renoncer à la quête de la vérité et de la justice. Car ce serait tourner le dos, en même temps, aux constantes nationales sans lesquelles il n'y a plus de Liban. Sans justice, c'est la loi de la jungle, et adieu la démocratie, la liberté ou la coexistence pacifique. Gommer le TSL, c'est plier devant le terrorisme et lui permettre de s'exercer en toute impunité.
Quoi qu'il en soit, il pourrait y avoir des efforts et des développements positifs en vue d'un compromis, à la lumière du rapport du ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, sur le dossier des faux témoins.

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