Le président Lula a symboliquement sonné la cloche à la Bourse de São Paulo, hier. Nacho Doce/Reuters
Cette augmentation de capital, qui devrait permettre au Brésil de rejoindre le peloton de tête des pays producteurs de brut, fait de Petrobras une des toutes premières compagnies pétrolières au monde, derrière l'américain ExxonMobil et le chinois Petrochina.
L'opération vise à financer la difficile et coûteuse exploitation des nouveaux gisements de pétrole découverts récemment en eaux très profondes sous une épaisse couche de sel dans l'océan Atlantique.
Les nouveaux titres ont commencé à être négociés vendredi à Wall Street et devaient l'être seulement lundi à São Paulo. À New York, l'introduction des actions a été un succès, les actions s'échangeant à 16,07 dollars, en hausse de 2,55 % en début de séance.
C'est le président Lula qui a symboliquement sonné la cloche à la Bourse de São Paulo, sous une pluie de confettis, marquant l'importance donnée par le Brésil à cette opération géante au moment où son économie est en plein boom.
« Jamais dans l'histoire, une augmentation de capital de cette envergure, comme celle que nous venons de faire, n'a eu lieu », s'est félicité Lula, visiblement euphorique.
Lula et les dirigeants de Petrobras avaient revêtu la combinaison orange et le casque blanc des ouvriers de la compagnie.
L'émission des nouveaux titres de Petrobras est la plus grande jamais réalisée avec celle du japonais Nippon Telephone and Telegraph Corp. qui avait levé en 1987 au total 36,8 milliards de dollars, soit aujourd'hui l'équivalent de 68,6 milliards de dollars.
Petrobras avait indiqué dans la nuit de jeudi avoir offert 2,29 milliards de nouvelles actions ordinaires à un prix de 29,65 réis et 1,78 milliard de titres préférentiels à 26,3 réis.
Cela équivaut à 115 milliards de réis, soit 66,89 milliards de dollars au cours du jour.
« Si la demande est forte on pourrait augmenter l'offre d'actions à quelque 70 milliards de dollars », a souligné Guido Mantega lors d'une conférence de presse à la Bourse de São Paulo.
Il a précisé que la participation de l'État au capital de Petrobras passait de près de 39,8 % à 48 %. L'État avait déjà le contrôle du groupe pétrolier car ses droits de vote s'élevaient à 57,4 %.
La levée de fonds doit permettre à Petrobras de financer son ambitieux plan d'investissements de 224 milliards de dollars d'ici à 2014 pour exploiter les gigantesques gisements de pétrole (dits « pre-sal ») découverts en haute mer jusqu'à 7 000 mètres de profondeur, sous une épaisse couche de sel.
Selon M. Mantega, l'augmentation de capital lancée vendredi sera suffisante pour financer le plan d'investissements.
« Je ne pense pas que nous aurons besoin d'une nouvelle augmentation de capital », a-t-il dit.
Petrobras possède des réserves confirmées de 14 milliards de barils de brut, réserves qui pourraient tripler avec le volume de pétrole enfoui dans les gisements en eaux très profondes et faire du Brésil l'un des grands pays exportateurs de brut. La récupération de cet or noir requiert toutefois des moyens techniques et financiers considérables.
Le pétrolier brésilien prévoit en 2014 une production moyenne de 3,9 millions de barils par jour - dont un million de bpj extrait des grandes profondeurs - et de 5,4 millions en 2020, contre une moyenne de 2,6 mbj aujourd'hui.
Le Brésil est le 12e producteur mondial de brut, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie.

