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Liban - Éclairage

Retour de Damas, Frangié milite pour la détente

Le ministre Youssef Saadé confirme que le député Sleimane Frangié appelle au calme et à la stabilité, à l'ombre de l'entente syro-saoudienne et du sommet tripartite de Baabda. Du moment que l'on se dirige vers un arrangement, pourquoi susciter une telle tension et développer un discours sectaire ? se demande le leader de Zghorta. Nul n'ignore, souligne-t-il, que l'équation S-S (Saoudiya, Souria) tient plus que jamais. Riyad et Damas ne permettront à personne de transgresser leur accord par une escalade.
Le ministre Saadé précise que le chef des Marada est retourné avec ces impressions de Damas. Et qu'il a lui-même mission d'œuvrer en Conseil des ministres en faveur d'une trêve politique et médiatique. Il a donc approuvé le communiqué dont le chef du gouvernement a donné lecture en début de séance. En proposant même que ce texte soit adopté, et contresigné par le Conseil, ce qui a été rejeté par certains ministres qui ont fait valoir leur droit politique d'exprimer d'autres vues. Cependant, confirme également le ministre Saadé, le débat a été calme, pondéré, contrairement à ce qui se constate au-dehors, où chaque partie s'accroche, en ferraillant ferme, à ses positions.
Comme une main seule n'applaudit pas, selon le dicton local, Sleimane Frangié agit de concert, dans ses efforts d'apaisement, avec le président Nabih Berry et avec le député Walid Joumblatt. Ses lieutenants sont en contact permanent avec le staff des deux autres leaders, pour échanger des idées en vue d'une solution, ou de plusieurs, à la crise ambiante. Le point de départ étant de convaincre toutes les parties de respecter les préceptes stabilisateurs du binôme S-S. Le président Michel Sleiman a tenu, de son côté, à normaliser la situation, avant de prendre l'avion pour New York d'où il se rendra ensuite au Mexique, son absence devant durer une semaine. Lors de la séance du Conseil des ministres de mardi, il a pu obtenir, par son insistance, une assurance unanime de réduction de la tension et du discours politique.
Pour sa part, le président Saad Hariri ne veut pas que l'on se méprenne sur ses déclarations au sujet des faux témoins et du jugement téméraire qu'il a porté antérieurement contre la Syrie. Il a donc précisé son indéfectible attachement au Tribunal spécial pour le Liban, chargé de juger l'assassinat de son père et de ses compagnons.

Message
À ce propos, le prince Abdel Aziz, fils du roi Abdallah d'Arabie saoudite, a transmis aux Syriens, lors de son passage à Damas, le ferme et clair message suivant : le TSL est parfaitement indépendant. Créé par l'autorité suprême qu'est le Conseil de sécurité de l'ONU, il ne peut être contesté par personne. Nul n'est en mesure d'en geler les travaux, encore moins de le supprimer ou de bloquer la parution de l'acte d'accusation. Cette approche, l'émir en a fait part à Beyrouth aussi bien aux pôles du 8 Mars qu'à ceux du 14 Mars. Et, surtout, à la délégation du Hezbollah venue le rencontrer au siège de l'ambassade saoudienne.
Retour à Hariri. Ses autres affirmations catégoriques sont : pas de recul dans la réactivation du rôle des institutions, et principalement de la justice. Pas de retrait de la notification judiciaire adressée au général Jamil Sayyed après ses attaques contre le président du Conseil et le parquet. Enfin, pas de machine arrière dans l'ouverture sur la Syrie, la relation entre les deux États étant stratégique. Tout comme il n'y a pas de renonciation à l'arrangement d'apaisement syro-saoudien et aux résolutions du sommet tripartite de Baabda. Un accord que l'émir Abdel Aziz qualifie pour sa part de vraie ligne rouge. Cependant, et certains y voient un monde à l'envers, les cadres du 8 Mars imputent mordicus la crise au 14 Mars. Il aurait enclenché l'escalade délibérément par des propos confessionnels outranciers. En se permettant de promouvoir des serviteurs de l'État, de simples fonctionnaires de la justice ou de la sécurité en symboles intouchables. Cela parce que, en réalité, à leurs postes respectifs, ils servent les intérêts du camp loyaliste. Qui, de plus, ne veut pas les lâcher pour ne pas paraître avoir plié par faiblesse. Les minoritaires ajoutent que la défense acharnée des personnages en question rend difficile un arrangement de sortie de crise. Leur faisant pratiquement écho, un ministre estime que désormais le dénouement ne se trouve plus à l'intérieur mais au-dehors, entre les mains de l'Arabie saoudite et de la Syrie. Ce que laisse d'ailleurs penser l'intervention du fils du roi Abdallah.

Blocage
Un ministre du 8 Mars révèle qu'au bout de longues tractations, ce camp était tombé d'accord avec le 14 Mars sur les nominations sécuritaires, judiciaires et administratives. L'on était à deux doigts de publier la liste des désignations, mutations ou permutations dans les Forces de sécurité intérieures. Le général Achraf Rifi devait rester à son poste de directeur général. Mais tous les membres du conseil de commandement, dont les deux chiites, devaient être changés. Pour ce qui est du commandement de la gendarmerie, on discutait encore des mérites respectifs de trois candidats. Pour ce qui est du général Wafic Jezzini, directeur général de la Sûreté générale, il avait été convenu de le laisser en place jusqu'à sa mise à la retraite dans trois ans, au grand dépit de ses successeurs potentiels.
L'ensemble des négociations s'était déroulé dans la plus grande discrétion pour éviter les crocs-en-jambe et les torpillages. Globalement, il s'agissait de remplacer les équipes installées du temps du président Fouad Siniora par une configuration plus conforme aux yeux du président Michel Sleiman et du président Saad Hariri.
Mais les incidents et développements des derniers temps se sont chargés de faire tomber l'accord, Surtout que le général Rifi s'est retrouvé au centre de la polémique. Il n'était plus question pour le 8 Mars d'accepter son maintien, quand il a été déclaré ligne rouge, en même temps que le procureur Saïd Mirza et que le colonel Wissam Hassan par le président Hariri.
Le ministre Youssef Saadé confirme que le député Sleimane Frangié appelle au calme et à la stabilité, à l'ombre de l'entente syro-saoudienne et du sommet tripartite de Baabda. Du moment que l'on se dirige vers un arrangement, pourquoi susciter une telle tension et développer un discours sectaire ? se demande le leader de Zghorta. Nul n'ignore, souligne-t-il, que l'équation S-S (Saoudiya, Souria) tient plus que jamais. Riyad et Damas ne permettront à personne de transgresser leur accord par une escalade.Le ministre Saadé précise que le chef des Marada est retourné avec ces impressions de Damas. Et qu'il a lui-même mission d'œuvrer en Conseil des ministres en faveur d'une trêve politique et médiatique. Il a donc...
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