Saad Hariri présidant au Sérail un Conseil des ministres ordinaire. Photo Dalati et Nohra
C'est donc une discussion de politique économique générale qui a occupé les ministres hier pendant près de deux heures et demie, entre les politiques de dépense, les moyens de booster les importations et l'équilibre budgétaire. Il a été décidé que les prochaines séances seront consacrées à l'étude du budget de chaque ministère puis aux clauses légales. Le débat « était très sérieux et s'est très bien déroulé, et nous espérons juste que nous pourrons finaliser le projet de budget, cette fois, dans les délais », a déclaré le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, Tarek Mitri.
Mitri : Le gouvernement n'est pas un forum ouvert pour le dialogue politique
Prié de dire s'il escomptait les mêmes problèmes que ceux qui ont handicapé le débat sur la loi des finances de 2010, ce dernier a indiqué qu'une grande partie du travail a déjà été faite : « Le débat sur la cuvée 2011 sera en principe plus facile et le gouvernement est déterminé à examiner très rapidement les doléances des citoyens, qui sont plus intéressés par leurs problèmes que par la politique. Et c'est en étudiant le projet de budget que le gouvernement peut essayer de concrétiser ce qui a été promis dans la déclaration ministérielle », a rappelé le ministre Mitri, qui a assuré que « pas le moindre impact négatif » des événements politiques des derniers jours « ne s'est répercuté » sur la séance d'hier. « Les tensions et les conflits ne justifient en rien l'arrêt du travail des ministres ;
notre gouvernement tient à être responsable à tous les niveaux », a-t-il ajouté.
Et de conclure : « Le gouvernement discute certes de problèmes politiques, mais nous avons autre chose à faire. Le Conseil des ministres n'est pas un forum ouvert pour le dialogue politique. »
Signalons que le ministre Mitri s'est réuni hier au ministère avec les correspondants des médias étrangers au Liban, comme il le fait périodiquement. La discussion a principalement porté sur les rumeurs faisant état de conseils qu'auraient donnés des ambassades étrangères à leurs ressortissants, les sommant de quitter le Liban ou de ne pas le choisir comme destination de voyage. Tarek Mitri a formellement démenti ces allégations, insistant sur la nécessité de rehausser le niveau du débat politique et d'user d'un langage rationnel, « une responsabilité qui incombe aux politiques et non aux journalistes », a-t-il précisé. Il a reconnu que certains responsables politiques utilisent « à outrance » les médias contre leurs adversaires, et rappelé que « le respect des règles de la confrontation politique est à même de réduire la tension interne ».


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