Gainesville, village du tristement célèbre pasteur Jones, Aïn el-Heloueh au Liban et Usta Mohammad au Pakistan. Il s'agit de trois endroits perdus aux confins du monde où persiste un communautarisme primaire néolithique, loin de tous les courants de modernité. Du moins c'est ce qu'on croyait il y a quelque temps.
Les accusations de violences sexuelles touchant les prêtres catholiques qui ont éclaboussé l'Église, la disparition du fervent président polonais et d'un grand panel de personnalités les plus marquantes de son pays dans un crash aux causes équivoques ainsi que la mise en faillite de la Grèce... S'agit-il là d'une attaque fomentée contre le catholicisme et l'orthodoxie ?
Les affrontements de Bourj Abi Haïdar, le retrait des troupes américaines d'Irak, les diatribes du président iranien contre les sionistes et la volonté d'une église américaine en Floride de brûler le Coran à l'occasion de la commémoration des attaques du 11 septembre 2001... Une nouvelle guerre des civilisations ?
La réponse la plus évidente et la plus logique serait qu'il n'y a aucune relation entre ces endroits et ces événements. Mais il se peut aussi que la réalité soit tout autre. Dans un monde surmédiatisé et hyperconnecté tout est en corrélation avec tout. La vérité est que nous vivons depuis le 9/11 l'aube d'une nouvelle ère : celle des guerres néoreligieuses.
La question qui nous tourmente est la suivante : y a-t-il une instance suprême, sorte de super organisation, qui gère ce genre de chaos planétaire ? Comment
procède-t-elle et dans quels buts ? Au cours de son histoire, la physique théorique s'était déjà trouvée confrontée à la description de systèmes complexes macroscopiques, mais la difficulté à décrire de tels systèmes semblait découler du très grand nombre de degrés de liberté internes du système à l'échelle microscopique (dans notre cas individus, groupuscules, sectes, etc.). Ce fut une grande surprise lorsqu'on découvrit qu'une dynamique d'une grande complexité pouvait résulter d'un système simple possédant un très petit nombre de degrés de liberté, pourvu qu'il possède cette propriété de sensibilité aux conditions initiales. La théorie du chaos s'attache principalement à la description de ces systèmes à petit nombre de degrés de liberté, souvent très simples à définir, mais dont la dynamique nous apparaît comme très désordonnée. La théorie du chaos est une véritable théorie scientifique qui a su trouver de l'ordre caché sous le désordre apparent. Mais ce nouvel ordre est très différent de l'ordre ancien : au déterminisme implacable d'une dynamique intégrable quasi périodique a succédé une description de nature fondamentalement probabiliste, caractérisée par l'existence d'invariants prenant la forme de mesures de probabilités, d'attracteurs, de dimensions fractales... Prenons un exemple tiré de notre quotidien. Un mystérieux pasteur américain brûle une centaine de Coran exhibant par là sa haine contre le Prophète du désert. Un simple battement d'ailes au fin fond de la Californie. Un groupuscule islamique réplique et tue une centaine de coptes en Égypte. Un attentat terroriste vise des ressortissants US et l'alerte nucléaire est déclarée. Un général déclare sur CNN qu'il est parfaitement normal de bombarder les villes iraniennes avec du nucléaire tactique et que cela relève de la légitime défense. L'effet papillon est une expression qui résume une métaphore concernant le phénomène fondamental de sensibilité aux conditions initiales en théorie du chaos. Elle est parfois exprimée à l'aide d'une question : « Un simple battement d'ailes d'un papillon peut-il déclencher une tornade à l'autre bout du monde ? » La réponse est oui. Donc pourquoi n'a-t-on pas brûlé les Coran ? Il se peut que l'effet voulu serait simplement d'échauffer les esprits. Les guerres de religion se préparent à petit feu et le terrain semble propice aux événements de grande ampleur. Désormais, la moindre étincelle pourrait embraser la planète, et ce malgré les lamentations du Vatican. Si nous décidons de ne pas nous attarder sur les diverses théories de conspiration, une simple question s'impose : les religions ont-elles été dans le monde une force en faveur de la paix et de la sécurité ? Ont-elles enseigné à leurs fidèles que l'amour fraternel devait l'emporter sur les barrières nationales et les différences raciales ? Les faits nous apporteront une réponse surprenante. Or pourquoi fait-on la guerre ? Il est évident qu'on ne peut éliminer le facteur humain des causes de la guerre. Les guerres sont décidées par des hommes et des femmes qui appartiennent à des organisations : état-major militaire, religieux, féodal ou politique. Mais quel est le but d'une guerre ? L'hégémonie
politique, le territoire, le pillage, le prestige, la défense ou la vengeance. Or la guerre a-t-elle toujours un but ? N'est-elle pas plutôt inscrite dans les gènes des homo sapiens ? L'Autrichien Konrad Lorenz, pionnier de l'éthologie moderne (science du comportement animal), soutient que l'homme a des pulsions d'agression qui constituent son instinct de motivation le plus élevé, instinct qui le pousse au combat : l'agression. Et cet agresseur finira par trouver mille raisons pour agresser, selon la fameuse fable Le Loup et l'Agneau, de Jean de La Fontaine.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef