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Nos lecteurs ont la parole

Que penser de l’implantation des Palestiniens au Liban ?

Raymond NAHAS
Depuis plus de cinquante ans, le problème des réfugiés palestiniens n'a cessé d'empoisonner l'atmosphère politique au Liban, et de permettre à certains politiciens de redorer leur blason.
Pour nous, pauvres Libanais de la majorité silencieuse, nous avons dû subir tout au long de ces années leurs diktats, plus précisément depuis le temps où, pour Arafat, le chemin de la Palestine passait par Jounieh, et aussi au temps de l'occupation syrienne, où la Saïka, affiliée au régime des occupants, faisait régner la terreur dans les foyers des vrais Libanais, installés au Sud, à Beyrouth ou dans le reste du pays.
Entre-temps, nos amis réfugiés, grâce à l'accord du Caire, ont renforcé leurs camps, devenus de véritables poudrières, sur lesquelles l'État libanais n'a même pas un droit de regard. Indirectement, cette situation a permis la naissance et le renforcement du Hezbollah, qui offrait ainsi aux populations chiites opprimées du Sud un atout indispensable d'autodéfense.
Il est vrai qu'une grande majorité de ces réfugiés vit dans la misère et n'a pas de quoi assurer son quotidien, mais leurs chefs, et les gens affiliés aux partis et aux organisations armées, sont arrivés à accumuler un véritable pactole, et les exemples à cet égard sont multiples.
C'est trop facile de voter une loi qui leur accorde les mêmes droits que les Libanais, et nous sommes en principe pour la nouvelle loi, qui assure au réfugié le droit de travailler librement et d'avoir un toit. Mais nous estimons que le gouvernement aurait dû faire un package deal et exiger en contrepartie la fermeture des camps dissiminés dans diverses régions du pays. Et surtout, il aurait dû obtenir le désarmement de toutes les milices palestiniennes ou affiliées.
Cela aurait permis de clarifier l'atmosphère et de donner un peu de répit à la population libanaise, victime de tant de décisions arbitraires, obtenues par la force des armes. Je vois déjà les commerçants douteux et les mafiosi repentis se réfugier dans les camps, à l'abri de toute poursuite dans le cas où les camps seraient maintenus. Comme d'habitude, l'on tourne autour du pot, sans décision définitive.
Le Liban a vraiment trop souffert de ces petits États dans l'État. Avant qu'il ne soit trop tard, il est indispensable de fermer tous les camps, palestiniens ou autres, de retirer toutes les armes et de permettre aux Palestiniens honnêtes de trouver un emploi et de mener une vie décente dans ce Liban, pays refuge, en attendant qu'ils puissent rejoindre un jour leur mère patrie. Cela serait la première étape pour éliminer toutes les milices présentes sur notre territoire et apaiser toutes les tensions existantes ou à venir.
L'avenir du Liban dépend de la politique d'apaisement amorcée par le président Sleiman. Toutes les milices palestiniennes ou autres doivent être éliminées, et la force armée doit se trouver entre les mains de la seule autorité libanaise.

Raymond NAHAS
Depuis plus de cinquante ans, le problème des réfugiés palestiniens n'a cessé d'empoisonner l'atmosphère politique au Liban, et de permettre à certains politiciens de redorer leur blason.Pour nous, pauvres Libanais de la majorité silencieuse, nous avons dû subir tout au long de ces années leurs diktats, plus précisément depuis le temps où, pour Arafat, le chemin de la Palestine passait par Jounieh, et aussi au temps de l'occupation syrienne, où la Saïka, affiliée au régime des occupants, faisait régner la terreur dans les foyers des vrais Libanais, installés au Sud, à Beyrouth ou dans le reste du pays.Entre-temps, nos amis réfugiés, grâce à l'accord du Caire, ont renforcé...
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