Il faudra encore patienter quelques semestres pour connaître en détail le prochain système d’exploitation de Microsoft.
Ainsi, une offre d'emploi, une phrase sur un CV en ligne, effacée depuis, ou des slides prétendument destinés aux fabricants de machines estampillées Microsoft et «confidentiels» postés sur un blog devenu inaccessible débrident les spéculations sur les axes de développements. Certains sont très vraisemblables.
Objectif 2012
Ainsi, lors de la dernière PDC, la conférence pour les professionnels et les développeurs, Microsoft aurait présenté à certains partenaires une feuille de route précisant les dates de commercialisation des successeurs de Windows 7 et Windows Server 2008. L'objectif serait 2012.
Cette date témoignerait de la volonté connue de l'éditeur de Redmond de raccourcir les délais entre les OS. Cinq années avaient été nécessaires pour que Vista succède à XP. Microsoft avait alors confirmé vouloir réduire cette durée. Ce qu'il a d'ailleurs fait pour Windows 7, arrivé trois ans après son prédécesseur. Cette échéance est donc vraisemblable.
USB et Bluetooth 3.0, 3D et reconnaissance faciale
C'est presque une évidence: le prochain système d'exploitation de Microsoft devrait logiquement supporter l'USB 3.0 et le Bluetooth 3.0, mais aussi les nouveaux écrans (en 3D notamment).
Mais d'ici à la commercialisation du prochain système, de nouvelles technologies seront peut-être déjà en train de s'imposer. Parmi les slides estampillés «Microsoft confidential» supposés avoir fuité des locaux de Redmond, le focus sur les possibilités des capteurs et du matériel laisse rêveur. Installée sur «la plupart des terminaux» en 2012, la webcam permettrait de s'identifier par reconnaissance faciale. Mieux: les capteurs de lumière ambiante permettraient non seulement d'adapter l'éclairage de l'écran mais aussi, associés à un accéléromètre, de détecter les présences. Un utilisateur qui s'approche pourrait alors sortir l'ordinateur de sa veille, puis être identifié et ainsi avoir accès au système d'exploitation.
Ces synergies de composants matériels ne sont pas si invraisemblables. Non seulement toutes les technologies requises sont aujourd'hui maîtrisées, mais Microsoft a montré tout son intérêt et son expertise en la matière, notamment avec la prochaine commercialisation massive de son projet Kinect (une caméra branchée à sa console de jeu Xbox). En outre, pour son Windows 7, Microsoft a déjà intégré un Sensor API, justement chargé de fédérer divers capteurs...
À noter aussi que Windows 7 prend déjà en compte certaines de ces possibilités : c'est le cas avec l'accéléromètre, par exemple, au même titre que l'interface tactile ou la géolocalisation, d'abord pensées pour les tablettes.
Une carte mère adéquate et/ou des modules prévus pour les réseaux étendus sans fil (WWAN) permettraient d'optimiser cette synergie des matériels et des logiciels, loin d'être inconcevable.
Meilleure sécurisation des données
La sécurisation des données pourrait bien faire en outre l'objet d'améliorations. Le chiffrement des données du disque dur pourrait bien être généralisé, voire géré nativement.
C'est d'autant plus envisageable que Microsoft a d'ores et déjà intégré le chiffrement des données, via BitLocker, dans certaines éditions de Windows Vista et 7. Même le cryptage de clé USB est possible sur le dernier OS, dont certaines éditions sont d'ailleurs vendues avec la solution de sécurisation MyWinLocker, preuve que le sujet fait son chemin chez Microsoft. Pousser plus loin cette protection des données dans le prochain système d'exploitation ne serait donc pas une surprise.
Un démarrage plus rapide
Autre doléance récurrente, à laquelle le géant de Redmond ne peut rester sourd : la relative lenteur de démarrage de son OS, surtout en comparaison avec d'autres. Là encore c'est un axe de développement plus que vraisemblable chez Microsoft : cela lui a d'ailleurs d'ores et déjà permis de grappiller une poignée de secondes, en déclenchant moins ou mieux des services au démarrage.
En outre, les «slides » supposés provenir des documents confidentiels réservés aux OEM évoquent un nouveau mode de veille, à la fois déconnecté mais en hibernation, et cachant toute une partie du cœur du système (drivers et autres services), qui permettrait un démarrage « depuis 0 watt » deux fois plus rapide qu'aujourd'hui.
Un meilleur moteur de recherche des fichiers
Censé remplacer le NTFS (New Technology File System), le système de stockage et d'indexation imparfait des fichiers, le WinFS (Windows Future Storage), par ailleurs déjà pressenti pour Vista, était entré en phase de test avancé. Une version beta avait même été distribuée. Mais en juin 2006, l'équipe en charge de son développement a brutalement annoncé l'arrêt de ses recherches.
Et, depuis, plus aucune nouvelle sur ce système de recherche plus intelligent, dont il est difficile de savoir s'il est encore vraiment à l'étude.
Cependant, depuis Vista, Microsoft, conscient de ne pas souffrir la comparaison avec d'autres systèmes, a fait de nombreux efforts pour améliorer son moteur de recherche. Il y a donc à parier que son prochain système les poursuivra.
Un Web OS
Avec ses documents prétendument confidentiels de la firme de Redmond, le professionnel honoré par Microsoft (MVP) Francisco Martín García laisse aussi entendre que Microsoft travaillerait sur un OS s'allumant «presque instantanément» dans certains cas, par exemple pour juste «regarder les mails, les résultats sportifs ou utiliser un média».
Une liste de cas d'utilisation limitée, qui rappelle étrangement les vidéos présentant les buts du prochain système d'exploitation de Google, très dépendant du Web. De là à imaginer que le prochain système d'exploitation soit un «Web OS», il y a un (grand) pas que certains n'hésitent pas à franchir. Avec certains arguments qui peuvent faire mouche.
Des «fuites», supposées venir de Microsoft, évoquent ainsi l'apparition dans le futur OS d'un Windows Store, une boutique d'applications Web. L'un des «slides» tente même de comprendre «comment Apple a réussi le cercle vertueux de son AppStore». Il y est même écrit que les applications de ce Windows Store devront être «pertinentes et dignes de foi», ce qui rappelle la certification Apple. Dans la partie adressée aux développeurs de ces documents prétendument «volés» à Microsoft , la monétisation de ces applications est même qualifiée de «flexible».
Mais il est aussi écrit que les applications et les paramètres suivraient l'utilisateur, ce qui peut suggérer qu'ils ne devraient peut-être pas être installés sur le poste, mais disponibles via le Cloud. Il est dès lors assez facile de les imaginer dans le nuage de Microsoft, Azure. Un peu comme devrait le faire Google, qui lancera sa boutique d'applications en ligne en même temps que son Web OS...
Enfin, dernier argument parfois évoqué allant dans le sens d'un OS très différent: lors de propos prétendument tenus lors d'une conférence en Italie, il y a quelques mois, Microsoft aurait évoqué des «innovations révolutionnaires» et une «rupture» sans précédent avec la technologie de ses précédents produits.
Un système 128 bits
Tout est parti du CV en ligne d'un ingénieur se prétendant dédié à la R&D de Microsoft, Robert Morgan. Sur ce CV, depuis retiré, il indiquait travailler sur une architecture 128 bits compatible avec les noyaux de Windows 8 et 9, et même être chargé des relations techniques avec de vraisemblables partenaires: Intel, AMD, HP et IBM.
Si d'aucuns ont déduit qu'il s'agissait là d'un canular, la volonté de gérer de tels processeurs n'est pas neuve, et y travailler est plus que plausible. Mais les obstacles avant une commercialisation d'ampleur restent nombreux: aujourd'hui, peu de logiciels et de technologies arrivent à maîtriser l'utilisation du 64 bits, et les serveurs uniquement 64 bits n'ont fait leur apparition que récemment. Bref, le 64 bits n'est pas encore suffisamment mûr pour envisager l'apparition de son successeur. De plus, entre la maîtrise de la technologie en R&D et sa popularisation, des années peuvent s'écouler.
Les plus sceptiques devant ces possibles évolutions rappelleront que les OS de Microsoft connaissent une certaine fatalité et alternent depuis de nombreuses années mauvais accueil (Millénium et Vista) et bon accueil (XP puis Seven).
Par ailleurs, le très critiqué Vista comportait beaucoup d'innovations aujourd'hui très appréciées dans Windows 7: faut-il un OS un peu «bêta» qui essuie les plâtres d'un successeur mieux maîtrisé? Ce qui inviterait à imaginer des changements radicaux pour un prochain système d'exploitation aussi ambitieux qu'instable... Réponse dans quelques semestres.
(Source : JDN)


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