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Culture - Septième Art

Les pirouettes planétaires du « Dernier danseur de Mao »

Les inégalables sauts de Rudolph Noureïev et de Mikhaïl Barychnikov les avaient projetés au-delà du rideau de fer. Avait suivi le Chinois Li Cunxin, conté aujourd'hui sur grand écran.

Le dur apprentissage dès l’enfance.

Nous sommes dans les années 70, en pleine période maoïste. Un vieux professeur, suspecté de cultiver un sentiment quelque peu anticommuniste, glisse à un élève une boîte, lui disant de bien la dissimuler. Le lendemain, le professeur est arrêté et ses élèves se dépêchent d'ouvrir la boîte en secret. Ils sont surpris d'y voir une cassette montrant Mikhaïl Barychnikov en train de prendre son envol sur une scène. De quoi leur donner envie de danser à la manière de cet artiste qui avait choisi de vivre son art en toute liberté et non tel qu'imposé par les règles du Livre rouge. L'un d'entre eux pourra réaliser ce rêve. C'est ainsi que le cinéaste australien Bruce Beresford (notamment auteur de Driving Miss Daisy) enclenche le film Le dernier danseur de Mao qu'il a réalisé à partir d'un livre du même titre, relatant une histoire vécue, celle de Li Cunxin.
Sur fond du contexte social de la Révolution culturelle, l'univers de la danse est omniprésent dans ce film. Depuis une distribution comprenant de célèbres danseurs jusqu'aux différentes étapes de la dure formation d'une étoile. Le rôle de Li Cunxin est campé par Chi Cao (d'origine chinoise), une des vedettes du Ballet royal de Birmingham.

Danseur-boursicoteur
Tout commence avec l'arrivée dans la province chinoise pauvre du Shandong de recruteurs de l'Académie de danse de Madame Mao. Venus de Pékin, ils sont à la recherche de talents potentiels afin d'en faire de futures étoiles qui magnifieront, de par le monde, la Révolution culturelle. Li, onze ans, qui vit là avec ses parents et ses six frères, est sélectionné et va devoir suivre à la Bejin Dance Academy une formation artistique (notamment 16 heures d'exercice par jour) et idéologique très rigoureuse. Au départ, il n'est pas très porté vers cet art que lui fera petit à petit aimer l'un de ses professeurs. À partir de là, il gravira brillamment les échelons, au point où il sera choisi, dans le cadre d'un programme d'échange culturel, pour aller passer un an avec le Ballet de Houston (Texas). Là, il tombe amoureux d'une jeune ballerine de 18 ans et l'épouse deux jours avant son retour prévu pour la Chine. Au moment du départ, il refuse de rentrer au pays, provoquant un scandale au consulat chinois de Houston qui, en définitive, ne pourra pas l'empêcher d'exercer sur le sol américain son droit d'exil. Il dansera durant 16 ans avec le Ballet de Houston puis ira s'installer en Australie où il est de suite engagé par le Ballet australien. Il en sera l'une des vedettes jusqu'à l'âge de 38 ans.
Ce que le film ne dit pas: durant ses dernières années sur les planches, il s'intéresse au monde de la finance et s'y initie. Une pirouette, certes inattendue, qui révélera un autre talent chez ce natif de l'Empire du milieu. Aujourd'hui âgé de 49 ans, il occupe le poste d'un cadre supérieur dans une société boursière à Melbourne où il est également un conférencier très prisé. Comment un danseur devient-il boursicoteur? Réponse dans ce proverbe populaire chinois: «Il suffit qu'un homme avisé entende une chose pour en apprendre dix.»
Nous sommes dans les années 70, en pleine période maoïste. Un vieux professeur, suspecté de cultiver un sentiment quelque peu anticommuniste, glisse à un élève une boîte, lui disant de bien la dissimuler. Le lendemain, le professeur est arrêté et ses élèves se dépêchent d'ouvrir la boîte en secret. Ils sont surpris d'y voir une cassette montrant Mikhaïl Barychnikov en train de prendre son envol sur une scène. De quoi leur donner envie de danser à la manière de cet artiste qui avait choisi de vivre son art en toute liberté et non tel qu'imposé par les règles du Livre rouge. L'un d'entre eux pourra réaliser ce rêve. C'est ainsi que le cinéaste australien Bruce Beresford...
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