Le Premier ministre Naoto Kan a présenté des mesures de relance mobilisant 920 milliards de yens (8,5 milliards d'euros). De son côté, la Banque centrale a ouvert encore un peu plus le robinet d'argent bon marché qu'elle met à la disposition des banques de l'archipel.
« Nous voulons agir rapidement en utilisant deux piliers, la stimulation budgétaire et l'assouplissement monétaire », a expliqué M. Kan.
Mais la réaction des marchés japonais, enthousiastes à l'apparition des premières rumeurs, a été tiède après l'annonce des mesures.
L'impact économique de ces décisions sera « proche de zéro », a lancé Richard Jerram de Macquarie Bank.
« Les mesures de la BOJ ne serviront guère à dynamiser l'économie, étant donné la faiblesse de la demande de prêts, dans un contexte de pessimisme », a relevé Yoshikiyo Shimamine, expert du Dai-Ichi Life Research Institute.
Les autorités japonaises ont d'ores et déjà raté l'un de leurs objectifs premiers : stopper la hausse du yen, qui s'échange au plus haut depuis quinze ans face au dollar et depuis neuf ans face à l'euro. Le yen poursuivait sa marche en avant face à l'euro et face au dollar.
La Bourse de Tokyo, qui avait gagné plus de 3 % en matinée à l'annonce d'une réunion extraordinaire de la BoJ, a terminé sur une petite hausse de 1,76 %.
« Le verdict du marché semble être que ces mesures ne seront pas suffisantes », a estimé Nick Brennenbroek de Wells Fargo.
Encore tributaire des exportations, l'archipel souffre considérablement d'une hausse de sa monnaie, qui affaiblit les entreprises japonaises sur la scène internationale et fragilise le tissu industriel nippon.
La hausse du yen a aussi pour conséquence de faire baisser le prix des denrées importées, ce qui amplifie le phénomène de déflation.
Le plan de relance gouvernemental se focalise sur l'emploi, les investissements, la consommation ou encore la lutte contre les catastrophes naturelles dans les localités, ainsi que sur des réformes réglementaires.
Pressé par les milieux d'affaires, le chef du gouvernement, aux prises avec un contexte politico-économique délicat, a promis de prendre vite de nouvelles dispositions. Elles seront actées en Conseil des ministres le 10 septembre.
« Si nécessaire, le gouvernement aura recours à une rallonge budgétaire », a indiqué M. Kan.
Le Comité de politique monétaire de la Banque du Japon, qui ne devait initialement se réunir que la semaine prochaine, a décidé lors d'une réunion d'urgence de porter à 30 000 milliards de yens (270 milliards de dollars) les fonds à bas taux d'intérêt (0,1 %) mis à la disposition des banques.
Certains économistes espéraient plus, surtout après que le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke eut annoncé la semaine dernière qu'il était prêt à étudier de nouvelles mesures de soutien à l'économie si l'essoufflement de la croissance devait se confirmer.


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