L'Iran possède une quantité suffisante d'uranium faiblement enrichi pour la fabrication d'une à deux bombes atomiques, a indiqué hier le journal Le Monde citant un ancien haut responsable de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Dans l'entrevue accordée au journal français, Olli Heinonen, qui occupait le poste de vice-directeur général de l'IAEA pendant cinq ans (juillet 2005-juillet 2010), affirme toutefois qu'il serait improbable que la République islamique fabrique une bombe avec le peu de matériel qu'elle possède, tout en qualifiant la réserve d'uranium iranienne de « menaçante ». M. Heinonen a précisé que Téhéran possède désormais trois tonnes d'uranium faiblement enrichi. L'enrichissement d'uranium et sa transformation en combustible nucléaire sont au cœur du conflit opposant l'Iran aux Occidentaux, qui soupçonnent Téhéran de chercher, malgré ses démentis répétés, à se doter de l'arme atomique.
Parallèlement, les autorités iraniennes ont affirmé hier que leur pays souhaite participer à la production du combustible nucléaire fourni par Moscou pour la centrale de Bouchehr. « Moscou étudie cette offre », a souligné le chef du programme nucléaire iranien Ali Akbar Salehi cité hier par l'agence officielle IRNA. Il a également indiqué que l'Iran « doit montrer au monde sa capacité à produire de l'uranium et à le transformer en combustible nucléaire ».
L'Iran a lancé la semaine dernière sa première centrale nucléaire, construite par la Russie à Bouchehr (Sud) et pour laquelle Moscou s'est engagé à fournir le combustible pendant dix ans. Ce combustible est fabriqué à partir d'uranium faiblement enrichi à 3,5 %.