Nous arrivons à la fin d'un été qui s'est voulu festif. De festivals en fêtes, d'agapes en feux d'artifice, tous les moyens furent exploités pour rendre inoubliables ces journées et soirées estivales si humoristiquement décrites dans la rubrique « Quelqu'un m'a dit » de L'Orient-Le Jour.
Mais avec la rentrée resurgissent, comme nous l'annoncent les manchettes de la première page de notre journal favori, les problèmes qui constituent l'envers de notre médaille : problème de courant électrique parcimonieusement octroyé, de scolarisation difficilement accessible, de santé publique restreinte aux seuls privilégiés, problèmes d'assainissement des ordures ménagères qui envahissent le pays au propre et au figuré, de défiguration massive de notre patrimoine, etc. Et c'est toujours à cette période de l'année que le citoyen se pose la même question : qu'est-ce qui empêche ce pays, qui fêtera bientôt sa septième décennie, d'accéder à la maturité ?
Pourquoi faut-il que les seuls problèmes qui trouvent une solution rapide, sinon équitable, soient les problèmes qui présentent un aspect politique ?
Drôle de mosaïque
Pour un grand nombre de touristes et aussi pour nos émigrés, le Liban devient de plus en plus une mosaïque étrange où tous les pays du monde se trouvent réunis. En débarquant de l'aéroport pour se diriger vers la capitale, on se croirait ainsi à Tokyo, ville moderne et démesurée où les constructions et reconstructions sont visibles à chaque coin de rue, une ville pleine de contrastes où l'architecture traditionnelle se mêle aux plus modernes buildings, des quartiers riches et des quartiers pauvres et surtout des ruelles étroites dont l'infrastructure n'a pas changé depuis belle lurette. Tout cela ressemble à des parkings géants où tout bouge difficilement.
Beyrouth reconstruite est devenue donc l'eldorado des promoteurs, et chaque coin renoue avec plusieurs coutumes de pays étrangers. Le Downtown ressemble plutôt à une petite ville sans âme le jour. Mais la nuit, si vous avez envie d'aller à Abou Dhabi, n'hésitez pas à fréquenter ses cafés-trottoirs, côte à côte avec tous les ressortissants arabes qui s'y trouvent. Et si vous avez envie de changer de décor et de faire un saut à Londres, il vous suffit de fréquenter les pubs de la rue Hamra. Si vous avez opté pour Montparnasse, venez vous détendre dans les bistrots du côté de Gemmayzé. La Côte d'Azur n'est pas très loin de chez nous, avec toutes les plages longeant la côte nord, qui vous offrent presque le même paysage, les mêmes boissons servies à gogo, sans oublier les tenues de plage affriolantes de certaines femmes, jugées par certains très choquantes. Une tenue vestimentaire donc qui n'a rien à voir avec celles que l'on trouve dans la région sud du pays avec des femmes de plus en plus voilées ou portant la burqa. Une mini-République iranienne où les boissons sont strictement interdites même dans les grands supermarchés. Ainsi donc survit ce nouveau Liban moderne, une mosaïque de dix-huit confessions vivant dans des petits carrés mais plus visibles, indépendants mais se respectant toujours.


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