Telle était la position de l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, qui a estimé que « l'atmosphère d'accalmie politique que nous observons depuis une semaine au Liban a ouvert la voie à une nouvelle approche des sujets d'actualité, permettant d'en discuter avec calme pour trouver les solutions adéquates ». M. Mikati, qui s'exprimait devant ses visiteurs à Tripoli, a dit qu'il avait maintes fois appelé à « faire triompher le principe du dialogue et à éviter l'escalade, qui aboutit inévitablement à des insultes et des menaces diverses ».
L'ancien Premier ministre a souligné qu'il fallait accorder l'attention nécessaire aux questions sociales et aux problèmes en rapport avec le quotidien du citoyen, mais la lenteur qui caractérise le travail gouvernemental, selon lui, ne permet pas de mettre en application des solutions rapides, d'où les mouvements de protestation dans la rue. « C'est pour cela que le gouvernement devrait profiter de l'atmosphère positive qui a régné au Parlement, en Conseil des ministres puis sur la table de dialogue, et prêter davantage attention à des questions sociales et humanitaires, qui ne requièrent pas un suivi régional comme pour les affaires politiques », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le député Tammam Salam a estimé que « la discussion qui a eu lieu hier (jeudi) dans le cadre de la conférence de dialogue à Beiteddine montre que le calme et le rationnalisme règnent dans l'approche au niveau des questions nationales ». « Le citoyen libanais, qui peine à assurer sa survie, attend de ses leaders un travail engagé et continu pour régler ses problèmes et trouver les solutions », a-t-il ajouté. Il a cependant dénoncé le fait que beaucoup de questions relatives au renforcement de l'État restaient en suspens, notamment l'adoption d'un budget national.
Le député Ammar Houri, Bloc du futur, a assuré que « le dialogue reste le seul moyen pour communiquer entre nous, le seul qui soit rationnel et objectif ». « La table de dialogue est une nécessité, même si beaucoup restent sceptiques, a-t-il ajouté, lors d'une intervention à la Voix du Liban. Ce n'est pas le dialogue qui pose problème, mais l'incapacité de décider des mécanismes d'application. Voilà pourquoi je pense que le dialogue national est en bonne voie. »
Le ministre Ali Abdallah a lui aussi relevé l'atmosphère positive qui règne dans le pays, appelant « toutes les forces politiques à privilégier l'intérêt du pays et de son peuple, ainsi que son unité qui est la garantie de notre sécurité interne face à l'agression étrangère ».
Seule voix discordante, celle du député Élie Marouni, bloc des Kataëb, qui a avoué ne pas avoir foi dans les séances de dialogue. « La table de dialogue national est simplement un moyen de rencontre entre les leaders, et elle n'aboutira à aucun résultat parce que le différend qui est à la base de sa formation reste présent, a-t-il déclaré. Ses réunions sont protocolaires et visent à donner l'illusion à l'opinion publique libanaise et arabe que les leaders sont capables de communiquer entre eux. Mais c'est en vain. » Il a par ailleurs fait remarquer que « la table de dialogue a été créée pour discuter des armes du Hezbollah, or toutes les parties ont présenté leur vision de la stratégie de défense à part le Hezbollah, ce qui confirme l'inutilité de ces séances ».
Interrogé sur l'ajournement de la séance de dialogue pour une période de deux mois, le député a estimé que les raisons sont liées à des bouleversements régionaux et au tribunal international (pour le jugement des assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri). « Si nous relions toutes les questions internes aux considérations régionales et internationales, nous n'avancerons jamais, a-t-il souligné. Nous devrions nous réunir ne serait-ce qu'une seule fois pour le Liban, et autour du Liban. »


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