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Liban - Tourisme

Arnaques et vacances, le duo de l’été

Que ce soit dans les restaurants, les bars ou les taxis, les arnaques reviennent en force durant la période estivale. Premiers visés, les touristes.

Dans certains restaurants ou boutiques, les prix varient selon la tête du client.

Les Libanais sont un peuple accueillant. C'est ce que tout le monde répète à l'étranger. Un ami, un voisin, quelqu'un qui revient de vacances au pays du Cèdre, chacun d'eux vous vantera la gentillesse des Libanais. Jamais avare en temps, toujours prêt à vous offrir un café ou une pâtisserie.
Mais la mémoire a ses défauts et le tri effectué par cette magnifique machine peut se réléver étonnant. Quel touriste vous parlera des
arnaques à son retour de vacances ? Pourtant, comment le nier, on pourrait écrire un roman. Au minimum une nouvelle.

Mauvaises surprises
C'est ce que confirme Andrew, un jeune Irlandais en visite à Beyrouth. « J'étais dans un restaurant à Gemmayzé avec deux amis et le serveur nous dit de nous servir en entrées au buffet », se souvient-il. « Au moment de l'addition, il nous explique qu'il faut payer 15 000 livres libanaises par personne pour la petite assiette de crudités que j'avais prise. Ce prix n'était affiché nulle part. On s'est dit que cela devait être gratuit ! » Dépité, lui et ses amis ont tenté de négocier, en vain.
L'arnaque est servie à toutes les sauces. Arnaques à la tête du client quand les prix ne sont pas affichés ou arnaques plus sournoises, comme le raconte Paul, un étudiant français parti de la Turquie, et qui rejoint en ce moment l'Égypte. Le jeune homme a pas mal bourlingué à travers l'Europe avant de venir découvrir le Moyen-Orient. Avec l'expérience, il a appris à réagir aux arnaques : « Au Liban, il m'est arrivé plusieurs fois d'être confronté à des prix différents de ceux annoncés ou affichés sur les cartes. Rien de tel que le culot pour faire régulariser l'arnaque, conseille-t-il. Il faut savoir être ferme et avoir une vague idée du prix avant. Les vendeurs ne veulent pas risquer un scandale dans leur établissement. »

Le touriste, une proie facile
Ferme et courtois, voilà la meilleur attitude, selon lui. L'arnaqueur n'est pas méchant au fond. Il repère sa cible : gros sac à dos ou valises, casquette sur la tête, coups de soleil... Le touriste est une proie facile. Ces faiblesses : la langue et un certain angélisme des vacances, un état d'esprit que savent utiliser certains (beaucoup de ?) chauffeurs de taxis. « Mes seules difficultés au Liban, c'était avec des chauffeurs de taxi », renseigne Terence Carter, auteur australien de guides touristiques et grand connaisseur du monde arabe. « Les conducteurs de vieilles Mercedes tentent toujours d'appliquer des prix pour touristes. À l'aéroport, c'est aussi très compliqué de ne pas se faire arnaquer. Le mieux, c'est encore d'avoir un contact sur place qui puisse vous réserver un taxi », indique-t-il. De quinze dollars, le prix acceptable, le tarif peut s'envoler jusqu'à plus de cinquante pour un trajet entre l'aéroport et le centre-ville. Lola, une Parisienne, a payé 45 euros (66 dollars) afin de rejoindre le cœur de ville. « Je n'étais pas au courant des prix et c'était le soir. Mais le chauffeur était sympa, il m'a porté mes valises jusqu'à la réception de mon hôtel. » Quand on vous dit que les Libanais sont des gens sympas. Ceux qui vous volent le font avec le sourire, toujours.

Le droit du consommateur : encore du travail
Pour lutter contre ces arnaques, le ministère de l'Économie et du Commerce a créé un directorat de la protection du consommateur. Pour Fouad Fleifel, directeur général du ministère à la tête de ce département, le rôle de cette administration est primordial : « L'un de nos buts est de prévenir les arnaques pendant toute l'année. En été, nous nous focalisons dans les régions de villégiatures et les centres touristiques. » Insuffisant, clame Zouhair Berro, président de l'association des consommateurs : « Nous demandons depuis deux ans que cette administration soit indépendante du ministère car ce n'est pas une priorité pour eux. »
L'ONG, la seule au Liban dans ce domaine, lutte sur le terrain : « Lorsque l'on nous signale une arnaque, nous contactons le commerçant et nous faisons pression sur lui. La plupart du temps, notre intervention lui fait peur. » Pour éviter toute mauvaise surprise, M. Berro insiste sur l'obligatoire vigilance : « Je dis tout simplement, si un magasin n'affiche pas ses prix, n'entrez pas ! »
Les Libanais sont un peuple accueillant. C'est ce que tout le monde répète à l'étranger. Un ami, un voisin, quelqu'un qui revient de vacances au pays du Cèdre, chacun d'eux vous vantera la gentillesse des Libanais. Jamais avare en temps, toujours prêt à vous offrir un café ou une pâtisserie.Mais la mémoire a ses défauts et le tri effectué par cette magnifique machine peut se réléver étonnant. Quel touriste vous parlera des arnaques à son retour de vacances ? Pourtant, comment le nier, on pourrait écrire un roman. Au minimum une nouvelle. Mauvaises surprisesC'est ce que confirme Andrew, un jeune Irlandais en visite à Beyrouth. « J'étais dans un restaurant à Gemmayzé avec deux amis et...
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