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Nos lecteurs ont la parole

Qui peut le plus peut le moins

Claude DAOUD
On nous avait promis un été chaud, mais heureusement, ce ne fut que le climat. Aujourd' hui, c'est l' automne que l' on évoque, qui risque d'être brûlant, à moins que certains leaders ne regardent du côté du jeune député Samy Gemayel qui, lui, rêve encore d'un Liban moderne, libre et démocratique avec une nouvelle Constitution applicable à tous sans exception.
Depuis quelque temps, des présomptions d'innocence ou d'accusation occupent tous les Libanais sans exception. On ne parle que du tribunal international. Et ce n' est pas une pure coïncidence que ce dossier soit évoqué en même temps que surviennent des éléments de détente du côté syrien. Mais le leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a dû voir venir bien avant le temps des embrassades et des poignées de main à Damas. Une des qualités premières de ce leader est qu'il est incontestablement un fin stratège politique et militaire. Présidant un « État dans un non-État » , il peut se payer le luxe de tirer des plans à long terme et surprendre tout le monde. Le TSL fut, depuis sa création, une source de tension extrême entre les Libanais avec, en point d'orgue, le conflit armé du 8 mai 2008. C' est vrai que nous avons raté plusieurs occasions de tirer profit de l'isolement de la Syrie pour négocier un tracé des frontières, la libération des prisonniers politiques, le retour des disparus, la restitution de pans de territoire, et cela dans un souci évident de justice. Hélas ! Le temps des pressions internationales sur les Syriens est passé, et sayyed Hassan Nasrallah a vu juste en anticipant son tour. En politique, le temps des délibérations est court. Il suffit de choisir le bon moment et de voir juste pour renverser l'ordre des choses. Le sujet étant le tribunal, il a eu largement le temps de s'y préparer. Il suffisait de choisir le bon moment pour analyser à fond le dossier jusqu'à le pulvériser. Si le président syrien n'a plus l'ambition des bains de foule et le culte du chef, se contentant d'un rôle second de diplomate accompagnant le monarque saoudien, sayyed Hassan n'est nullement disposé à se laisser bousculer, disposant d'un arsenal qui pèse aussi lourd que toute la diplomatie régionale. Der Spiegel n' annonçait pas les premiers éléments du problème, mais relançait une affaire mise en sourdine lors du sommet de Doha. Car dans la logique de « qui peut le plus peut le moins », quels choix aura le Premier ministre, qui a longuement serré la main de Bachar, maintenant que sayyed Hassan a commencé à entrouvrir la boîte de Pandore pour révéler des secrets qui jusqu'ici étaient bien gardés par le respect du principe du « Je te tiens, tu me tiens » inspiré du fameux pacte national ou peut-être de l' équilibre de la terreur qui terrorise un citoyen n'ayant jamais pu exercer ses droits naturels les plus élémentaires ?
Qui est présumé coupable, qui est présumé innocent ? Le Premier ministre devrait adresser la question à ses concitoyens lesquels, je suppose, enverraient l'ensemble de la classe politique au banc des accusés.
De quelle justice parle-t-on ? De celle qui a toléré de voir les miliciens d'hier s'en aller bronzer aux îles Baléares ou de celle qui, de l' aveu même des procureurs internationaux, a reconnu la non-coopération des services internationaux de renseignements dans l'affaire des assassinats politiques au Liban et qui oscille au gré des opportunités ?
Si le climat entre le Syrien et le Saoudien est à la détente, il n' en est pas de même s'agissant du Saoudien et l'Iranien, alors que les choses se compliquent dans leur course effrénée aux armements lourds et nucléaires. Le Liban est-il condamné à être l'arène des règlements de comptes entre les nations ? Oui, il est temps que le sang libanais cesse de couler et devienne pour les générations à venir le gage d'un modèle de gouvernement idéalement représenté par un jeune député.

Claude DAOUD

On nous avait promis un été chaud, mais heureusement, ce ne fut que le climat. Aujourd' hui, c'est l' automne que l' on évoque, qui risque d'être brûlant, à moins que certains leaders ne regardent du côté du jeune député Samy Gemayel qui, lui, rêve encore d'un Liban moderne, libre et démocratique avec une nouvelle Constitution applicable à tous sans exception.Depuis quelque temps, des présomptions d'innocence ou d'accusation occupent tous les Libanais sans exception. On ne parle que du tribunal international. Et ce n' est pas une pure coïncidence que ce dossier soit évoqué en même temps que surviennent des éléments de détente du côté syrien. Mais le leader du Hezbollah, sayyed Hassan...
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