J'ai été fortement touché par ces paroles prononcées les larmes aux yeux, la gorge serrée, mais en toute dignité. Elles m'ont fait penser à cette vérité derrière laquelle nous courons depuis cinq ans et que, telle une nébuleuse, nous ne parvenons pas à en cerner les contours.
La vérité se promène sans doute quelque part ; elle nous passe sous le nez ; nous sentons parfois son odeur fétide, chargée des relents de soufre et de putréfaction, de haine, de mensonges tressés de grosses ficelles rouges, imbibées du sang de ces centaines d'innocents, fauchés par la faucille de la mort sans trop savoir pourquoi.
Alors on brode, on donne libre cours à l'imagination, l'irréel devient rationnel, par la force on veut nous faire croire que les fantasmes sortis de je ne sais quelle cervelle sont des faits avérés. Et gare à ceux qui ont l'outrecuidance de faire les saint Thomas : ils seront cloués au pilori des renégats, des traîtres et des espions.
Si tu ne crois pas sans discuter ce que j'avance et ce que je te montre, tu es contre moi. Ce n'est pas vrai. J'estime simplement que ce n'est pas ainsi que l'on fait de la politique au niveau d'un pays, ce n'est pas de la sorte qu'on amène les instances internationales à adhérer à nos vues et lever l'ambiguïté malsaine qui plane sur nos têtes, telle l'épée de Damoclès.
Ce n'est pas non plus par la loi du nombre - encore faut-il procéder à un référendum à l'abri des pressions et sous l'égide d'observateurs indépendants - que l'on peut obliger ses concitoyens à percevoir les choses comme vous le voulez, même si vous parlez devant un parterre d'applaudisseurs confirmés.
Cet étalage de masses à répétition se situe parfaitement aux antipodes de la démocratie. Il ne fait même plus peur, il lasse. Le message ne passe plus. Par contre, ses effets sont pervers, car la relation de cause à effet oblige les autres parties à en faire autant, sinon plus, et de là à tomber dans la démagogie, il n'y a qu'un petit pas à faire.
Alors, des paroles, en veux-tu en voilà jusqu'à plus soif. Mais qui peut affirmer que les dérapages verbaux seront contrôlés, que les envolées lyriques n'enflammeront pas les foules et le pays avec, déjà que le discours de certains politicards se situe bien bas.
À les entendre tous, à écouter leurs actes de foi dans un État de droit, j'estime qu'il est désormais du ressort des nos dirigeants d'y mettre le holà, de réglementer le paysage télévisuel de notre pays et les apparitions, non pas quasi, mais assurément présidentielles des chefs de parti, de quelque bord qu'ils soient.
Ces intrusions à nos domiciles en prime time sont parfaitement étudiées et calculées. Si elles font le bonheur de certains déjà acquis à leur cause, les ravages qu'elles occasionnent chez les autres sont incommensurables et elles ne font qu'élargir un fossé qui chaque jour se creuse encore plus.
Les gens d'esprit rétorqueront en toute logique : « Vous n'avez qu'à éteindre votre poste de télévision ou à changer de chaîne. » Peut-être, mais là n'est pas la solution, c'est le lavage de cerveau à l'étendue du pays qu'il faut endiguer.
En attendant, la vérité, elle, continue son improbable errance. Sans prétention, tout porte à croire qu'elle ne se trouve pas chez ces gens-là et encore moins sur la route Beyrouth-Damas qui s'est refait une jeunesse. Que voulez-vous, les habitudes ont la vie dure, elles sont une seconde nature et sont contagieuses.
Alors, où se cache-t-elle, cette vérité ? Sans doute dans l'esprit de chaque Libanais déboussolé par ce qui advient, qui craint pour l'indépendance, la souveraineté et la liberté, et qui pense en son for intérieur en détenir une parcelle.
Mais laissons le temps au temps et aux juges le soin de faire leur métier, pourvu qu'on ne retourne pas en arrière car il me semble que nous sommes lundi 14 février 2005, à 13 heures moins 6.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef