La déclaration de Robert Gates survient alors qu'une contradiction est apparue entre lui et le commandant des forces américaines et internationales en Afghanistan, David Petraeus./
M. Gates, 66 ans, avait d'abord été nommé à son poste en 2006 par l'ancien président George W. Bush, en remplacement du controversé Donald Rumsfeld, puis maintenu dans ses fonctions par Barack Obama, à qui il a apporté une caution républicaine dans sa stratégie guerrière en Afghanistan.
M. Gates a mené à bien la stratégie d'envoi de renforts en Irak en 2007. Il a annoncé la semaine dernière une politique d'économies au Pentagone, dont l'énorme budget a doublé depuis 2001.
La déclaration de M. Gates survient alors qu'une contradiction est apparue entre lui et le commandant des forces américaines et internationales en Afghanistan, David Petraeus. Dans un entretien au quotidien Los Angeles Times, le ministre a répété que la date de juillet 2011 pour un début de retrait des troupes était gravée dans le marbre, alors que le général Petraeus a déclaré dimanche à la télévision qu'il ne la considérait pas "contraignante".
Il y a moins de deux mois, M. Obama a déjà dû changer son commandant en Afghanistan, à la suite d'une interview au vitriol du titulaire du poste, le général Stanley McChrystal, qui a révélé au grand jour les divisions de l'administration sur la stratégie afghane. Le général Petraeus a été nommé pour le remplacer.
Le président avait annoncé sa nouvelle stratégie afghane fin 2009, avec l'envoi de 30 000 soldats américains supplémentaires pour porter leur total à près de 100 000, dans l'espoir de briser l'élan des talibans. Il avait alors avancé la date de juillet 2011 pour le début du retrait, qui doit s'accompagner d'une montée en puissance de l'armée afghane sur le terrain.
M. Obama avait été vivement critiqué par les républicains pour avoir fixé une date, ce qui, selon eux, ne peut que conforter l'ennemi. À gauche, M. Obama est critiqué par les membres de son parti qui pensent que la victoire est impossible en Afghanistan et qu'il convient de rapatrier les troupes au plus vite.
Dans Foreign Policy, M. Gates a reconnu qu'il avait lui aussi été réservé sur la fixation d'une date pour le début de retrait des troupes. "Mais j'ai fini par être persuadé de la nécessité de faire quelque chose afin d'attirer l'attention du gouvernement afghan, pour l'obliger à prendre les choses en mains. Et j'ai reconnu que cela présentait des risques".
Selon les sondages, le soutien des Américains à l'engagement des États-Unis en Afghanistan est au plus bas. Juillet a été le mois le plus meurtrier du conflit pour les soldats américains (66 tués).
D'après Foreign Policy, figurent parmi les candidats possibles à la succession de Robert Gates l'actuelle secrétaire adjointe à la Défense Michele Flournoy, le directeur de la CIA Leon Panetta, l'ancien secrétaire à la Marine Richard Danzig ainsi que John Hamre, président du centre de réflexion Center for Strategic and International Studies. D'autres ont évoqué l'actuelle chef de la diplomatie, Hillary Clinton.


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