Abdel Rahmane Awad est accusé d'avoir "incité" à l'exécution en août et en septembre 2008 de deux attentats ayant visé des soldats libanais à Tripoli.
Abdel Rahmane Awad est accusé d'avoir "incité" à l'exécution en août et en septembre 2008 de deux attentats ayant visé des soldats libanais à Tripoli, la grande ville du nord, faisant 21 morts, dont 13 soldats.
Il est également accusé d'avoir surveillé les déplacements de l'armée et des soldats de la Force des Nations unies stationnée dans le sud du Liban (Finul).
Il aurait succédé à Chaker el-Abssi à la tête du Fateh el-Islam, selon les "aveux" de membres de ce groupe radical diffusés en 2008 par la télévision publique syrienne.
Abssi avait mené les combats contre l'armée dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared (nord), du 20 mai au 2 septembre 2007. Les affrontements avaient fait plus de 400 morts, dont 222 islamistes et 168 soldats.
Abssi, un moment donné pour mort après la chute du camp avant que l'information ne soit démentie, se trouve en fuite.
En août 2007, le Département d'État américain avait désigné le Fateh el-Islam comme "un groupe terroriste".
Les autorités libanaises craignaient qu'après sa défaite, le groupe ne se soit déplacé à Aïn el-Heloué, véritable poudrière en raison de la présence de plusieurs cellules extrémistes, dormantes ou actives qui se sont établies à la faveur de la pauvreté qui y règne.
D'après la justice libanaise, les 12 camps au Liban ont enregistré depuis 2005 une "montée de l'extrémisme avec des groupuscules salafistes et fondamentalistes".
Outre Abssi, un autre membre important du groupe, le Libanais Abdel Ghani Jawhar, est activement recherché par les services de sécurité. Il est accusé de s'être déguisé en militaire et d'avoir posé une valise piégée près de soldats qui attendaient le bus avant de la faire exploser à distance en août 2008, à Tripoli.
Fin 2009, la justice avait requis la peine de mort contre sept membres du Fateh el-Islam dans cette affaire.
L'acte d'accusation comprenait des aveux d'un islamiste palestinien, Hamza el Kassem, selon lesquels Abssi lui avait affirmé que son groupe était l'auteur de deux assassinats ainsi que d'une attaque mortelle contre la Finul.
Il s'agit de celui du général François Hajj, chef des opérations au sein de l'armée, notamment à Nahr el-Bared (décembre 2007), et celui d'un responsable des services de renseignement au sein de la police, le capitaine Wissam Eid (janvier 2008).
Le groupuscule serait également responsable de l'attentat qui a coûté la vie, en juin 2007, à trois soldats espagnols et colombiens de la Finul.

