Le communiqué du patriarcat melkite souligne ainsi que les émissions programmées par al-Manar et NBN « sont le fruit d'un scénario basé sur des supputations et inspiré de l'ouvrage apocryphe de Barnabé qui est, en tant que tel, un faux témoignage visant l'Évangile et le Coran ». « Cet ouvrage, souligne le patriarcat melkite, déforme l'histoire et fait fi des réalités, de même qu'il sabote les valeurs ainsi que les fondements spirituels du christianisme. La diffusion de ce feuilleton est susceptible de provoquer un climat de malaise et de créer un clivage entre les citoyens, de même qu'il jette les bases de dissensions profondes dont nous pouvons nous passer. »
Et le communiqué d'ajouter : « La dignité des religions et la dignité de la foi et des croyants relèvent d'une responsabilité publique qu'il est impératif de respecter, loin des surenchères et de la complaisance. Le fait d'avoir commencé à diffuser le feuilleton est une erreur, et la poursuite de cette diffusion, à l'ombre du refus ecclésiastique et populaire, est inacceptable, quels que soient les prétextes et les arguments se rapportant à des engagements matériels. La sécurité de la société libanaise doit être en tête de nos priorités et nous devons tous être soucieux de la préservation des sentiments et des valeurs de toutes les factions. »
Après avoir mis l'accent sur la responsabilité de l'État dans cette affaire, « notamment la présidence de la République, ainsi que les institutions et les services sécuritaires et judiciaires », le communiqué conclut en ces termes : « Le patriarcat grec-catholique lance un appel aux responsables politiques de la NBN (Amal) et d'al-Manar (Hezbollah), en espérant qu'ils réagiront favorablement à la position de l'Église, telle qu'exprimée par le président de la commission épiscopale pour les moyens d'information, Mgr Béchara Rahi, afin de prendre sans délai la décision de suspendre la diffusion de ce feuilleton qui est offensant pour le christianisme ainsi que pour les valeurs et les croyances des chrétiens. »

