Cette campagne diplomatique française tous azimuts a été menée par l'Élysée et le Quai d'Orsay avec diverses parties régionales et des capitales occidentales intéressées et concernées par un retour au calme le long de la ligne de démarcation libano-israélienne, à un moment où on parle d'une reprise des pourparlers au double plan palestino-israélien et israélo-
syrien par le moyen de l'envoyé du président français Nicolas Sarkozy dans la région, l'ambassadeur Jean-Claude Cousseran.
Désaccord interlibanais sur les armes
Au sujet de la fourniture de missiles français air-sol aux hélicoptères « Gazelle » libanais, un responsable français a laissé entendre que le retard noté à cet égard est une sorte de désaccord entre Libanais et revient aussi à des problèmes de financement de la transaction elle-même. Mais ce responsable a nié l'existence de toute condition quant à l'utilisation de cet armement, ajoutant que le soutien ferme et total de la France au Liban, et notamment l'aide militaire, a été réaffirmé devant les dirigeants libanais tant par le président Nicolas Sarkozy que par le Premier ministre François Fillon et le ministre de la Défense, Hervé Morin.
Il reste que la diplomatie française reste vigilante et suit avec une grande préoccupation l'évolution de la situation au niveau de ce qui se passe autour du Tribunal spécial pour le Liban, notamment les récents discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, craignant des troubles en cas de mise en cause directe du Hezbollah par le TSL.
Vigilance et non-inquiétude cependant quant à une véritable déstabilisation et à une dégradation de la situation au Liban, a estimé une personnalité française proche de l'Élysée et du Quai d'Orsay, qui a affirmé qu'à son avis et malgré les batailles politiques et médiatiques il n'y aura pour le moment ni guerre civile, ni conflit armé régional, ni nouvelles crises libano-syriennes.
Officiellement et en réponse à une volée de questions au point de presse d'hier, le porte-parole du Quai d'Orsay a commenté en ces termes l'incident de Adaïssé et l'action diplomatique française qui s'en est suivie :
« Nous souhaitons que la lumière soit faite sur cet incident et nous attendons le rapport définitif qui sera remis par la Finul.
Comme nous l'avons dit la semaine dernière, dès que nous avons eu connaissance de ce grave incident, le président de la République et Bernard Kouchner ont été en contact avec les autorités des pays concernés. Ils les ont appelées au sens des responsabilités et au plein respect de la ligne bleue, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
Tout doit être fait pour éviter le renouvellement de tels incidents ainsi que toute escalade de la violence pouvant menacer la stabilité de la région.
La France demeure profondément attachée à l'indépendance, à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à la stabilité du Liban, poursuit sa coopération militaire avec le Liban dans le cadre de l'accord de coopération de 2008. »


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