Rechercher
Rechercher

Liban - Interview

Loi antitabac : IndyAct dénonce les « interférences » des producteurs

Pourquoi le processus d'adoption de la loi antitabac est-il si lent ? Waël Hmaïdane, directeur exécutif d'IndyAct, explique les difficultés que ce projet a rencontrées, entre crises politiques et interférences des industries du tabac.

Carton rouge pour les industries du tabac !

Il y a quelques semaines, tandis que la planète entière était emportée par la fièvre de la Coupe du monde, on pouvait assister à un drôle de match devant le Parlement. Des spectateurs, un ballon, un arbitre et naturellement deux équipes. Mais loin de se suffire des maillots traditionnels de foot, les joueurs étaient de costumes vêtus, et pour cause : l'une des équipes représentait des députés et l'autre les industriels du tabac. L'enjeu ? Le ballon baptisé « Loi antitabac ». Après quelques minutes de jeu, l'arbitre a sorti un carton rouge contre les industriels qui transgressaient les règles. Cet arbitre ne représentait autre qu'IndyAct, une ONG engagée auprès de nombreuses causes dont l'environnement, les droits des travailleurs immigrés, mais surtout, en ce moment, la lutte antitabac.
« C'est une nécessité pour le Liban. Le pays a ratifié la convention-cadre de l'OMS en 2005 et la loi aurait dû être adoptée depuis longtemps. Mais il y a eu beaucoup d'obstacles qui ont ralenti le processus », explique Waël Hmaïdane dans une interview accordée à L'Orient-Le jour. Ces difficultés ne viendraient pas uniquement des crises politiques qu'a connues le Liban depuis 2005, mais aussi principalement du « fort lobbying des industriels du tabac, qui transgressent constamment les lois ». En effet, l'article 5.3 de la convention-cadre pour la lutte antitabac interdit formellement tout contact entre les entités reliées au tabac (industries, associations, ONG protabac) et les politiciens chargés d'étudier la loi. « Pourtant, au mois de mars, nous avons découvert que les industriels du tabac étaient présents à la table de discussion avec les membres du Parlement », assure M. Hmaïdane.
Depuis, l'ONG a mené des campagnes de pression pour une procédure dans les règles. Les militants d'IndyAct ont privilégié des moyens originaux pour un meilleur impact : outre le match de foot, ils se sont par exemple installés devant le siège d'importantes compagnies de cigarettes, munis d'énormes paires d'yeux en peluche et de pancartes clamant « Nous vous tenons à l'œil ».
« La loi antitabac est à présent en dernière phase de discussion, bien que nos politiciens reçoivent toujours des appels des lobbys protabac », déplore Waël Hmaïdane.
Si une telle loi est votée, elle ne portera pas uniquement sur l'interdiction de fumer dans les endroits publics, mais aussi celle du sponsoring par les industries du tabac et les publicités pour leurs produits. D'ailleurs, l'interdiction portera aussi sur le narguilé qui ne sera plus disponible que sur les terrasses à ciel ouvert. « Il n'y a pas de raison de ne pas appliquer cette loi au Liban, d'autant que la Syrie et la Turquie l'ont déjà fait... et pourtant, il fait plus froid là-bas », affirme-t-il.
Par ailleurs, au débat opposant une application immédiate à une procédure par étapes, c'est-à-dire en établissant des zones fumeurs/non-fumeurs, Waël Hmaïdane répond : « Ça n'aura strictement aucun intérêt sur le plan santé. Il suffira d'une porte ouverte pour que l'initiative tombe à l'eau. Sans compter que cela représente beaucoup de dépenses en termes d'infrastructure (ventilation, installation de zones séparées, etc.) pour un court terme qui se transformera forcément en statu quo. » « Faisons les choses efficacement. Privilégions la santé et rendons l'initiative plus facile et moins coûteuse », conclut-il enfin.
Il y a quelques semaines, tandis que la planète entière était emportée par la fièvre de la Coupe du monde, on pouvait assister à un drôle de match devant le Parlement. Des spectateurs, un ballon, un arbitre et naturellement deux équipes. Mais loin de se suffire des maillots traditionnels de foot, les joueurs étaient de costumes vêtus, et pour cause : l'une des équipes représentait des députés et l'autre les industriels du tabac. L'enjeu ? Le ballon baptisé « Loi antitabac ». Après quelques minutes de jeu, l'arbitre a sorti un carton rouge contre les industriels qui transgressaient les règles. Cet arbitre ne représentait autre qu'IndyAct, une ONG engagée auprès de nombreuses...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut