Autour de Laurent Blanc (au centre), l’équipe de France de football va tenter de faire peau neuve, ce soir, à Oslo, dans le cadre d’une rencontre amicale contre la Norvège, à l’occasion du premier match de Blanc à la tête de la sélection tricolore. Bertrand Guay/AFP
« On a beaucoup à se faire pardonner pour la Coupe du monde, avait résumé Frédéric Thiriez, président de la LFP, le 3 août, dans un entretien accordé à l'AFP. Cela a été un désastre sportif et moral en raison du spectacle lamentable présenté aux Français et à l'opinion internationale. Il faut reconquérir les cœurs en donnant du spectacle ». Le décor est planté.
Laurent Blanc aurait préféré un autre contexte pour son arrivée à la tête des Bleus comme sélectionneur après avoir tout gagné avec eux sur le terrain (champion du monde en 1998, champion d'Europe en 2000). Mais il doit faire avec les suites de la grève de Knysna : les 23 mondialistes sont suspendus pour Oslo à sa demande, cinq joueurs sont convoqués devant la commission de discipline le 17 août sur décision du conseil fédéral. Et puis il y a les autres affaires qui polluent l'atmosphère des Bleus, comme les mises en examen de Karim Benzema - convoqué pour la Norvège - ou de Franck Ribéry, suspendu comme les autres mondialistes.
Victoire, sinon rien
« Il faut avoir envie d'être ensemble, d'apporter du plaisir au public français », préconise Lassana Diarra. Mais le « Président » le sait : seule la victoire permettra de dissiper un peu les nuages noirs dans le ciel des Bleus. À titre personnel, un succès ferait aussi du bien à un sélectionneur qui n'a pas connu une dernière saison de rêve à Bordeaux la saison passée.
Dans sa causerie à Oslo, Blanc mettra sans doute l'accent sur les duels qui attendent ses troupes contre des Scandinaves au gros bagage physique. La Norvège, non qualifiée pour le Mondial, occupe le 22e rang du classement FIFA alors que la France est désormais... 21e, après avoir perdu 12 places par la faute de son élimination calamiteuse au premier tour du Mondial sud-africain. Rarement match amical de reprise internationale aura été aussi attendu. Il faut redorer un blason national, et les 22 joueurs appelés, entre habitués des grands rendez-vous internationaux et parfaits novices, ont de réelles opportunités à saisir.
Génération 1987
Dans la catégorie des mauvais élèves en rattrapage, il y a Karim Benzema, Samir Nasri et Hatem Ben Arfa. Ils ont l'occasion de reconstituer le carré magique de la génération 1987 qu'ils formaient avec Jérémy Menez, lui aussi convoqué pour la Norvège. Ils doivent surtout montrer qu'ils peuvent compter dans le futur de l'équipe de France. À eux de s'entendre avec un Guillaume Hoarau dont le profil plaît beaucoup à Blanc, l'attaquant parisien lui rappelant, par sa technique et sa grande taille, Marouane Chamakh, son ex-attaquant vedette de Bordeaux.
L'attaque n'est pas le seul chantier. Le « Président », ancien défenseur central, n'a pas aimé les performances des lignes arrière au Mondial. Alors la paire de l'axe, Philippe Mexès-Adil Rami, qui a toutes les chances de jouer à Oslo, a beaucoup à espérer en cas de bonne prestation.
Surtout le joueur de l'AS Rome, longtemps vanté comme « LA » solution à l'arrière, mais qui n'a jamais pu évoluer au même niveau en sélection - naufrage en Autriche en septembre 2008 - que dans le Calcio.
Comme le dit Blanc, il ne faut pas manquer le train, qui sera cette fois annoncé en gare d'Oslo mercredi soir vers 22h15.


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