Pour les analystes, la mission conjointe saoudo-syrienne montre que la Syrie -avec l'Iran, qui soutient aussi le Hezbollah- exerce toujours une forte influence au Liban, avec la bénédiction de Ryad./
"Il s'agit essentiellement d'une bénédiction saoudienne pour un retour de la domination syrienne au Liban", estime le journaliste Michael Young, basé à Beyrouth. La visite "va calmer les tensions domestiques pour un moment", dit-il à Natacha Yazbeck du bureau de l'AFP à Beyrouth. "L'objectif des Syriens est de miser sur cette visite pour revenir à une situation qui existait plus ou moins avant leur retrait en 2005".
La visite des dirigeants saoudien et syrien était destinée à calmer les tensions après l'annonce d'une éventuelle mis en cause de membres du Hezbollah chiite dans l'assassinat de Hariri par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) créé par l'ONU.
Pour les analystes, la mission conjointe saoudo-syrienne montre que la Syrie -avec l'Iran, qui soutient aussi le Hezbollah- exerce toujours une forte influence au Liban, avec la bénédiction de Ryad.
"Le principal message de cette visite est que les Saoudiens légitiment un nouveau rôle de la Syrie au Liban, où certains problèmes ne peuvent être réglés au niveau domestique de manière pacifique", juge Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth. "Les Saoudiens ont dit très clairement qu'ils pourraient parler aux Américains et reporter la confirmation de l'acte d'accusation au TSL, mais ils ne peuvent pas s'en débarrasser car cette affaire est entre les mains de la communauté internationale", ajoute-t-il.
Mais M. Young, qui ne croit guère que le TSL trouvera et jugera les cerveaux de l'assassinat de Hariri, minimise les risques de violences. "S'il y a une chose qui ressort du sommet, c'est qu'il y a un accord saoudo-syrien pour éviter un retour de la violence au Liban".


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