« Tant que les coupables ne seront pas punis, les criminels pourront continuer à tuer en toute impunité », dénonce Gloria el-Khazen, l'une des fondatrices de Moultazimoun. Cette mère de famille s'est chargée de mobiliser le plus de monde possible, envoyant par SMS le mot d'ordre suivant : « Non à la guerre ! Oui au tribunal international pour la vérité, pour le droit à la vie et pour la paix ! »
Ce soutien intervient dans un climat de tensions politiques entourant le tribunal. Selon des fuites, le TSL pourrait impliquer le Hezbollah. Depuis cette révélation, le parti chiite conteste la légitimité de la cour internationale, et son secrétaire général, Hassan Nasrallah, demande la création d'une commission libanaise. Le mouvement Moultazimoun dénonce cet acte de défiance. « Le tribunal est international, insiste Gloria el-Khazen. Les hommes politiques libanais n'ont pas leur mot à dire, qu'ils soient du Hezbollah ou du bloc du 14 Mars. »
Les membres de Moultazimoun et leurs sympathisants attendent le verdict du tribunal spécial pour le Liban avec gravité. Ils estiment qu'il en va de l'avenir du Liban. « Nous militons pour un Liban souverain, un Liban indépendant, un Liban libre, martèle Gloria el-Khazen. Or nous pensons que ce Liban libre est face à un danger mortel. Sans justice, la paix n'est pas possible. »
Cependant, la militante est consciente que le TSL n'est sans doute pas un remède miracle. Elle craint même que son verdict n'attise les tensions politiques au Liban. « Bien sûr, nous avons peur de ce qui va se passer. Nous savons très bien que les coupables ne reconnaîtront pas leurs torts, regrette-t-elle. Nous estimons malgré tout qu'il vaut mieux savoir la vérité, avec tous les risques que cela implique. »