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Liban - Archéologie

L’homme du troisième millénaire avant J.-C. s’expose au grand jour à Saïda

Après avoir livré la plus vieille coupe crétoise enregistrée au Levant et le « Silver man », squelette de guerrier enterré avec ses armes, la tête cernée d'un bandeau en argent datant de l'âge du bronze moyen, le sous-sol de Saïda dévoile au grand jour la plus ancienne représentation jusque-là au Liban de l'homme du troisième millénaire avant Jésus-Christ.

Le collier et le bracelet ont été retrouvés dans une jarre funéraire renfermant un squelette d’enfant.

Sidon, cette vieille cité qualifiée de « premier né de Canaan » et dont le nom se confondait avec celui de « phénicien » dans la tradition homérique et biblique, n'a pas fini de révéler ses secrets. Sur le site de l'ancienne école américaine, les fouilles menées par la mission archéologique du British Museum et financées par la Byblos Bank, la Cimenterie nationale SAL et la Fondation Hariri, en collaboration avec la Direction générale des antiquités, ont permis de mettre au jour des vestiges datant des Ier, IIe et IIIe millénaires avant l'ère chrétienne, ainsi que des objets remontant à l'époque romaine et abbasside.
Au niveau du troisième millénaire, les archéologues ont exhumé un « bâtiment public », datant du Bronze ancien, construit en pierre et en brique crue. Il est doté d'un « gigantesque » four et comporte plusieurs structures de forme triangulaire, sortes d'unités de stockage ayant chacune une fonction précise : la conservation des grains (160 kilos de résidus d'orge carbonisés ont été dégagés de ces structures, qui furent à l'époque détruites par un incendie) ; des dépôts de produits de chasse qui ont fourni une quantité d'os appartenant à des espèces animales (notamment des hippopotames, des ours, des gazelles et des lions) ; une sècherie de poissons abritant des centaines de squelettes (leur analyse a permis de révéler des espèces de requins, de baleines et des tortues de mer), du silex en forme de lame servant à écailler les poissons et un lot industriel d'hameçons.
Le bâtiment, qui renferme aussi des grandes réserves de poteries et d'impressions de sceaux-cylindres représentant des dessins ithyphalliques (signe de fertilité) ou du maître des animaux (un homme au visage mi-humain mi-animal entouré d'un lion), confirme l'existence d'une production de masse véhiculée par les commerçants dans toutes les régions du pourtour méditerranéen. Les recherches entreprises ont aussi révélé que deux ateliers de poterie fonctionnaient à Sidon. L'un était caractéristique de la cité et l'autre comparable à celui de Byblos.
Sur les lieux toujours, les fouilles ont livré un nombre de jarres remplies de chaux vive, utilisée pour isoler les murs des insectes et de l'humidité, et une quantité importante de bois brûlés, qui seront analysés par les spécialistes, a souligné la directrice des fouilles, Claude Doumit Serhal. Et c'est au sein de cet ensemble architectural que les archéologues ont déterré « notre orant du IIIe millénaire », a-t-elle indiqué, expliquant que la statuette de plâtre est à ce jour, pour l'archéologie libanaise, « l'unique représentation d'un homme datant de -3 000 à -2 000 avant l'ère chrétienne. Jusque-là, le sous-sol libanais n'a révélé de cette période que des têtes de dieux mi-humains mi-animaux, gravées sur des sceaux-cylindres ». La tête presque droite, « adoptant une attitude de respect », l'homme du troisième millénaire porte la traditionnelle robe mésopotamienne (kaukanes), et des cheveux courts ornés de stries.
Au niveau du IIe millénaire, le sol d'occupation change de fonction et devient une nécropole composée d'une centaine de tombes d'adultes en pierre ou en brique, pareilles à celles qu'on trouve tout au long de la côte, de la Syrie à la Palestine, des jarres funéraires dans lesquelles « reposent » des enfants.
Les fours accolés aux sépultures témoignent d'un rituel funéraire de nourriture. La technique de la flottation a permis d'identifier dans une fosse construite en pierre les restes de caprines, de cochon et de bœuf, et dans les résidus du four, des quantités de graminées, mais aussi de pois-chiches, de lentilles et de haricots. Tout récemment, une corne de bœuf a été découverte sur une jarre renfermant un squelette d'enfant, deux boucles d'oreille en bronze, un collier en perles et or travaillé et un bracelet en faïence. Les tombes renferment également les squelettes des guerriers enterrés avec leurs armes : pointe de flèche en bronze, hache en bronze avec manche en bois, posée sous la tête du mort. L'un d'eux, surnommé « Silver Man », a la tête cernée d'un bandeau en argent, la cheville entourée d'un bracelet en argent et les bras enserrés, l'un par un bracelet en argent et l'autre par un bracelet en perles, or et cornaline. Un autre guerrier avait six broches en argent épinglées sur le corps. Tous ces matériaux, bronze, argent ou bois, sont parfaitement conservés grâce à la couche de sable marin qui couvrait les tombes. Les spécialistes ont établi que l'argent provenait des chaînes montagneuses du Taurus, en Asie mineure (Turquie). C'est toutefois la coupe crétoise aux couleurs variées qui constitue la découverte phare. Déposée à côté d'une jarre funéraire, comme une offrande, elle est « la plus ancienne importation crétoise jamais trouvée au Levant ».
Après 12 années de fouilles, « l'image du site se concrétise. Il ne renferme aucune habitation normale et semble avoir été, tout au long des siècles, un haut lieu de rites liés aux cérémonies funéraires », affirme Claude Doumet Serhal, qui ajoute que les excavations vont se poursuivre et pourraient encore révéler de nouveaux éléments...
Entre-temps, le site où grouillent plus de 90 archéologues, spécialistes et ouvriers qui travaillent simultanément à tous les niveaux a déjà dévoilé plus d'un millier d'objets, dont des figurines en terre cuite (représentant des déesses) datant de l'époque perse et une collection de céramiques antiques. De même, un grand bâtiment romain ayant conservé une bonne partie de son dallage et des traces de l'époque abbasside ont été aussi identifiés.

Sidon, cette vieille cité qualifiée de « premier né de Canaan » et dont le nom se confondait avec celui de « phénicien » dans la tradition homérique et biblique, n'a pas fini de révéler ses secrets. Sur le site de l'ancienne école américaine, les fouilles menées par la mission archéologique du British Museum et financées par la Byblos Bank, la Cimenterie nationale SAL et la Fondation Hariri, en collaboration avec la Direction générale des antiquités, ont permis de mettre au jour des vestiges datant des Ier, IIe et IIIe millénaires avant l'ère chrétienne, ainsi que des objets remontant à l'époque romaine et abbasside. Au niveau du troisième...
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