Les investisseurs, qui avaient dans un premier temps critiqué la méthodologie des stress tests menés par le Comité européen des contrôleurs bancaires (CECB), estiment que l'exercice permet d'atténuer les craintes entourant la solvabilité des banques.
Après avoir pâti en milieu de matinée des inquiétudes concernant l'exposition de Deutsche Bank à la dette souveraine, l'indice sectoriel Stoxx 600 des banques européennes est reparti à la hausse. Les titres Société générale et ING étaient également en hausse. L'espagnole Santander, première capitalisation bancaire de la zone euro, restait stable après avoir ouvert en hausse à la Bourse de Madrid.
« Ces stress tests montrent que les banques françaises, et plus généralement les banques européennes, ne sont plus véritablement menacées par un risque de solvabilité », relève Simon Willis, analyste financier de NCB Stockbrokers, dans une note de recherche. « Reste pour les banques à retrouver des niveaux de rentabilité suffisants, effort de longue haleine qui passe par des revues stratégiques d'activité et des améliorations de leur organisation », poursuit-il.
Les analystes de Crédit suisse soulignent de leur côté que la publication détaillée des expositions aux dettes souveraines va permettre aux investisseurs de mieux appréhender les besoins de recapitalisation des banques et les risques de solvabilité en cas de défaut sur la dette d'un État.
Sur les 91 banques de l'Union européenne soumises aux tests, seuls sept établissement - cinq espagnols, un allemand et un grec - ont échoué et pourraient par conséquent être contraints de lever 3,5 milliards d'euros de fonds propres.
D'autres les ont réussis de justesse, comme l'allemand Deutsche Postbank ou l'italien Monte dei Paschi di Siena .
Les banques françaises BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE ont toutes passé le test de résistance avec succès, ce qui permet aux titres de surperformer leur indice de référence.
En Allemagne, Deutsche Bank, qui a aussi réussi les tests, est sanctionnée par les investisseurs pour ne pas avoir détaillé son exposition à la dette souveraine. Le Comité européen des contrôleurs bancaires va d'ailleurs demander aux banques allemandes d'expliquer pourquoi elles n'ont pas donné vendredi dernier les détails de leurs avoirs en dette souveraine.
En menant ces tests, le CECB et l'Union européenne ont cherché à s'assurer que les grandes banques de l'UE avaient suffisamment de fonds propres pour affronter une dégradation de l'économie qui serait pire que prévu et de nouveaux chocs financiers.
Tirant les enseignements de la crise de la dette grecque, les tests ont aussi intégré des décotes sur la valeur de certaines obligations d'État détenues par les banques.

