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Liban - Secours

La Défense civile menacée de disparition

Les incendies de forêts de l'été mettent la Défense civile sur le devant de la scène, mais ses difficultés financières menacent son existence, selon son directeur.

Le matériel de la Défense civile ne cesse de se dégrader. Photo Joseph Eid

Les hommes de la Défense civile libanaise sont en alerte depuis le mois de juin pour faire face aux incendies de forêts qui ravagent le pays. Ces derniers ont détruit 800 hectares depuis le mois de mai. Mardi dernier encore, plus de 40 hectares partaient en fumée suite à onze incendies survenus au Liban-Nord, au Mont-Liban et dans le Sud, selon un communiqué de l'armée. Mais la Défense civile a-t-elle seulement les moyens de lutter contre ce fléau ? Cette question, le général Darwiche Hobeika, son directeur, se la pose tous les jours depuis des années. Il y a en effet bien longtemps que l'institution voit son matériel se dégrader. Le général Hobeika ne décolère pas. Il évoque l'état de détérioration des véhicules d'intervention « dont 20 % sont en panne » et la difficulté croissante à réunir les 10 000 dollars annuels nécessaires à l'entretien du parc automobile. Car avec des ressources qui se réduisent comme peau de chagrin avec les années - le général Hobeika parle d'un budget annuel passé de 24 à 20 milliards de livres -, il est très difficile de renouveler les ambulances, par exemple, dont la plus récente « fêtera » ses 10 ans cette année. Le général Hobeika parle d'un déficit de 120 ambulances et le fait que la Défense civile n'a pas acheté de pneus depuis une décennie. Ce n'est pas faute d'émettre des recours. M. Hobeika évoque avec dépit les nombreux courriers adressés à son ministère de tutelle, celui de l'Intérieur. Sans résultats. Pourtant, les conséquences ne sont pas seulement matérielles. « Mes hommes sont vieux, souligne le général Hobeika. Sans les jeunes bénévoles, nous ne pourrions rien faire. » La moyenne d'âge des pompiers professionnels est d'environ 50 ans, tandis que les 4 000 volontaires ont une vingtaine d'années en moyenne. Le manque de moyens financiers dont souffre l'institution laisse craindre le pire concernant le départ à la retraite de ses salariés.
Le seul motif de satisfaction est venu de l'étranger, plus précisément de la France. C'est ce pays qui, avec les Nations unies, a formé depuis 2007 de nombreux membres de la Défense civile aux techniques de sauvetage et de déblaiement après les séismes. « Près de 200 de mes hommes sont aujourd'hui spécialisés dans le sauvetage et l'intervention dans les incendies de forêts ; et eux-mêmes peuvent mener des formations dans des clubs, des écoles, des universités ou des hôpitaux », se félicite M. Hobeika. À l'occasion de ce programme financé par l'État français, la Défense civile avait également bénéficié de dons de matériels destinés au sauvetage et au déblaiement d'une valeur de près de 300 000 dollars. Mais ce que demande aujourd'hui M. Hobeika, c'est un soutien à long terme qui, par définition, ne peut venir que de l'État libanais. Sinon, prévient le général qui quittera ses fonctions l'année prochaine, « au rythme où vont les choses, il n'y aura plus de Défense civile dans quatre ans ».
 
Les hommes de la Défense civile libanaise sont en alerte depuis le mois de juin pour faire face aux incendies de forêts qui ravagent le pays. Ces derniers ont détruit 800 hectares depuis le mois de mai. Mardi dernier encore, plus de 40 hectares partaient en fumée suite à onze incendies survenus au Liban-Nord, au Mont-Liban et dans le Sud, selon un communiqué de l'armée. Mais la Défense civile a-t-elle seulement les moyens de lutter contre ce fléau ? Cette question, le général Darwiche Hobeika, son directeur, se la pose tous les jours depuis des années. Il y a en effet bien longtemps que l'institution voit son matériel se dégrader. Le général Hobeika ne décolère pas. Il évoque l'état de...
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