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Économie - États-Unis

Obama donne le coup d’envoi de la réforme de Wall Street

Le président US a promulgué le plus vaste projet de réforme de la régulation du système financier américain depuis les années 1930.

« Les Américains n’auront plus jamais à payer pour les erreurs de Wall Street », a lancé le président américain hier. Rod Lamkey Jr./AFP

Le président américain Barack Obama a promulgué hier le plus vaste projet de réforme de la régulation du système financier américain depuis les années 1930, dont la mise en application pourrait prendre des mois, voire des années.
« Les Américains n'auront plus jamais à payer pour les erreurs de Wall Street », a lancé le président dans un discours peu avant la promulgation du texte au centre de conférence Ronald Reagan à Washington, un clin d'œil aux républicains qui n'ont majoritairement pas soutenu la réforme, et à leur président réformateur. « Ces réformes représentent les plus fortes protections du consommateur de l'histoire », a également jugé M. Obama. « Ces protections seront appliquées par un nouveau régulateur ayant une seule mission : faire attention aux gens, non aux grandes banques, aux organismes de prêt, aux investisseurs », a-t-il ajouté. « Ce n'est pas seulement bon pour les consommateurs, c'est bon pour l'économie », selon lui.
Mais ce projet de loi hors normes mettra du temps à entrer en application. Les régulateurs chargés de superviser le système financier américain doivent encore écrire de nombreuses réglementations, souvent complexes, pour permettre aux nouvelles mesures d'entrer en vigueur.
Selon des analystes de l'agence de notation Moody's, les règles à définir devraient notamment prévoir une chambre de compensation centrale, plus de transparence, des exigences plus élevées en termes de marges et de capitaux, voire des plates-formes boursières pour les produits dérivés.
Pour M. Obama, le texte adopté au Congrès la semaine dernière, avec un ultime vote au Sénat qui a clos des mois de discussions, va mettre fin aux « affaires louches » à l'origine de la crise financière qui avait culminé à l'automne 2008 aux États-Unis.
Le texte, de plus de 2 300 pages, prévoit notamment, comme l'a souligné M. Obama, la création d'un organisme de protection des consommateurs de produits financiers au sein de la Banque centrale (Fed). Il empêche le sauvetage de grandes institutions financières aux frais des contribuables.
Les opposants à la réforme - certains représentants de l'industrie financière et les adversaires républicains de M. Obama - estiment que la nouvelle loi va faire payer l'ensemble du secteur pour les péchés de quelques-uns. John Boehner, le chef de la minorité républicaine de la Chambre des représentants, a déjà appelé à son abrogation.
Sur le plan international, la régulation financière rencontre aussi des résistances. Les efforts du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB) pour renforcer la régulation sont menacés par certains de ses membres, estime mercredi dans le Financial Times Sheila Bair présidente de la FDIC, l'un des régulateurs américains.
« Il y a un petit nombre [de membres du Comité] qui sont sans doute en train de succomber quelque peu aux arguments du secteur selon lesquels si nous relevons les exigences en matière de capital, alors nous allons étouffer la reprise », dit-elle.
La réforme de Wall Street est le deuxième texte majeur de ce type adopté au Congrès sous l'administration Obama, après la loi visant à étendre la couverture maladie en mars.
Toutefois, M. Obama n'a pas encore touché les dividendes politiques de son action à moins de quatre mois des élections législatives de mi-mandat. Dans le tout dernier sondage de l'université de Quinnipiac publié hier, 44 % des personnes interrogées sont satisfaites du travail du président, contre 48 % qui ne l'approuvent pas.
Le président américain Barack Obama a promulgué hier le plus vaste projet de réforme de la régulation du système financier américain depuis les années 1930, dont la mise en application pourrait prendre des mois, voire des années.« Les Américains n'auront plus jamais à payer pour les erreurs de Wall Street », a lancé le président dans un discours peu avant la promulgation du texte au centre de conférence Ronald Reagan à Washington, un clin d'œil aux républicains qui n'ont majoritairement pas soutenu la réforme, et à leur président réformateur. « Ces réformes représentent les plus fortes protections du consommateur de l'histoire », a...
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