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Nos lecteurs ont la parole

Au quotidien…

Par Nada YAMMINE
Sous le soleil de plomb de l'heure de sortie des bureaux, sur l'enfer de la route de Damas qui se fait lifter douloureusement, je regagnais mon antre de paix de domicile. J'avais mis ma ceinture de sécurité, mon téléphone dormait sagement enfoui dans le fouillis de mon sac à main et mon auréole de bonne conscience citoyenne scintillait de tous ses feux.
Le drame arriva par un poids lourd turc qui slalomait lourdement (c'est bien le cas de le dire !). La façade gauche de ma voiture en est sortie labourée sur toute sa longueur. On s'arrête. On appelle le mari, puis l'expert de la compagnie d'assurances. Le représentant de l'ordre se présente suant et soufflant, à pied, pour nous dire de dégager le terrain, on gêne ! Il nous donne généreusement dix minutes pour régler notre litige. Il se plaint de se faire insulter parce que la circulation est congestionnée (non mais, et puis quoi encore !). On négocie l'attente de l'expert et on la gagne. Le téléphone tourne à plein régime pour bousculer l'expert, le sursis n'est pas bien long.
Arrivée de l'expert. Jubilation. Séance photos. Sortie de la paperasse. Mon auréole citoyenne flamboie. Le préjudice est attribué à 75 % au mastodonte laboureur. Tout se passe comme dans l'irréalité.
Vint alors le tour du poids lourdeur. Son poids lourd n'est pas assuré. Il n'a que l'assurance obligatoire qui n'a d'effet que s'il tue. Ce n'est malheureusement pas le cas, je suis bien vivante et je râle. Il a, par contre,  trois numéros d'immatriculation : un sur l'avant, un sur l'arrière et un troisième sur le papier. Ça casse la monotonie ! Pas de répétition ennuyeuse. Le représentant de l'ordre, qui éventait consciencieusement l'espace routier, est pris à témoin. Rien à cirer. Bof, il en a vu d'autres... Dégagez, bon sang !
L'expert en assurance remballe tous ses papiers dûment remplis, nous signifie explicitement que nous devons nous dédommager en direct sans bénéficier des bons soins de la compagnie qui nous couvre faute de couverture de la tierce partie, estime que les dégâts s'élèvent à la modique somme de 300 à 400 US$ seulement et s'en va.
Monsieur le Ministre de l'Intérieur, il y a des priorités. Merci.

Nada YAMMINE
Citoyenne auréolée et révoltée

Sous le soleil de plomb de l'heure de sortie des bureaux, sur l'enfer de la route de Damas qui se fait lifter douloureusement, je regagnais mon antre de paix de domicile. J'avais mis ma ceinture de sécurité, mon téléphone dormait sagement enfoui dans le fouillis de mon sac à main et mon auréole de bonne conscience citoyenne scintillait de tous ses feux.Le drame arriva par un poids lourd turc qui slalomait lourdement (c'est bien le cas de le dire !). La façade gauche de ma voiture en est sortie labourée sur toute sa longueur. On s'arrête. On appelle le mari, puis l'expert de la compagnie d'assurances. Le représentant de l'ordre se présente suant et soufflant, à pied, pour nous dire de dégager le terrain, on gêne ! Il nous donne...
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