Il a rappelé que le CPL avait constitué tout un dossier au sujet de ce parti et de son idéologie pour la présenter au Conseil des ministres durant sa dernière réunion, mais que le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, avait assuré, en réponse à une question, que son département allait retirer à Hezb el-Tahrir le permis qui lui avait été accordé « en raison de rapports de sécurité et d'informations graves sur certaines de ses activités ».
Le ministre a ajouté que M. Baroud ainsi que le chef du gouvernement, Saad Hariri, avaient aussi affirmé que le congrès du parti avait été interdit et par voie de conséquence annulé. « Nous nous étions contentés de ces assurances, sans recourir au tapage médiatique, étant donné le bien-fondé de ces orientations », a-t-il poursuivi en estimant qu'il n'est pas nécessaire de rassembler des informations sur les activités du parti islamiste « dans la mesure où ses déclarations sont en elles-mêmes suffisantes pour montrer à quel point il représente un danger pour l'État ».
M. Bassil a ensuite interrogé MM. Hariri et Baroud sur « la valeur des propos tenus en Conseil des ministres » promettant de soulever de nouveau la question durant la prochaine réunion du Conseil des ministres. « Est-il vrai que les décisions réelles se prennent ailleurs tel que l'affirment franchement certains responsables de ce parti lorsqu'ils donnent leurs avis au sujet des services de sécurité et des services armés, en expliquant comment il est possible de les utiliser pour opérer des coups d'État ? »
Le ministre a insisté ensuite sur la coexistence, sur le rejet de toute forme de fanatisme religieux et la nécessité d'y faire face quel que soit son origine. « Un jour, c'est contre un extrémiste chrétien que nous publions un communiqué et le lendemain contre un autre islamiste. Comme si la présence de l'un justifiait celle de l'autre alors que seule la coexistence représente la raison d'être du Liban », a-t-il commenté.
Il convient de rappeler que durant son congrès, dimanche au Bristol, Hezb el-Tahrir avait aussi encouragé les musulmans du monde entier, par la voix de ses représentants dans divers pays du monde, présents pour l'occasion, à renverser les régimes établis en Orient et en Occident, en prônant un retour au califat, qui représente, comme on le sait, leur idéologie fondamentale. Le congrès avait été d'ailleurs organisé à l'occasion du 89 anniversaire de l'abolition du califat islamique, en présence d'une délégation du Hezbollah, de représentants de l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati, et du ministre Mohammad Kabbara, ainsi que de plusieurs autres personnalités.


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