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Liban - Sinistres

Près de 800 hectares ravagés par les flammes depuis mai

Les incendies de forêts ont commencé tôt cette année encore, faisant planer une menace plus grande sur le patrimoine forestier du Liban.

Année après année, d'importants incendies ravagent durant l'été les forêts du Liban. Des incendies de plus en plus fréquents, qui se déclenchent de plus en plus tôt. Alors que longtemps, les premiers grands feux se manifestaient au mois d'août, on assiste depuis quelques années à des départs de feu très précoces. Ainsi, pas moins de vingt sinistres ont été enregistrés pour la seule journée du 14 juin et cela, du nord au sud du pays, selon un rapport de l'Association pour le développement et la conservation des forêts (ADCF).
Tous les jours, depuis cette date, de nouveaux feux sont à déplorer. La cause ? Un mois de juin particulièrement chaud cette année, avec des températures avoisinant les 35 à
38°C et un sol de plus en plus sec et donc davantage sujet à l'inflammation. Mais aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que ce qui provoque ces incendies, c'est avant tout l'homme, volontairement ou non. En effet, les inflammations naturelles dues à des températures trop élevées et à une terre trop sèche restent minimes. Si l'on ajoute à cela des carences dans les interventions des secours, on arrive à ce chiffre incroyable de 325 incendies de mars à juillet et près de 800 hectares dévastés, selon les chiffres fournis par l'ADCF. La journée du 30 juin a été exemplaire en ce qu'elle a vu le déclenchement de dix incendies du nord au sud du Liban qui, en persistant pendant dix jours, ont causé la destruction de quatre-vingts hectares. Malheureusement, cet épisode illustre le défaut majeur des services de secours, trop lents et aux méthodes bien souvent éculées. C'est en tout cas ce que déplore Sawsan Fakhreddine, la directrice générale de l'Association pour le développement et la conservation des forêts. Elle estime notamment que les moyens dont ont disposé les secours au moment de l'intervention sont appréciables : sept camions de la Défense civile, quarante citernes, deux gros hélicoptères de l'Armée de l'air ; mais qu'ils ont été mal exploités. Le recours quasi exclusif à l'eau, parce qu'il nécessite de se rapprocher du foyer d'incendie, expliquerait le retard pris lors de ces dernières opérations où le cœur du feu est difficilement accessible, comme dans les hauteurs d'Iklim el-Kharroub le 30 juin dernier.
Pour Sawsan Fakhreddine, les opérations pourraient être plus rapides et plus efficaces si les techniques adéquates étaient utilisées. « Celles-ci sont connues et utilisées partout dans le monde. Mais ici, on s'obstine à penser que l'eau uniquement peut venir à bout d'un feu de forêt », déplore-t-elle.
La direction générale de la Défense civile au ministère de l'Intérieur se félicite, quant à elle, des opérations d'extinction et de sauvetage qu'elle mène grâce à ces unités : 299 interventions sur des incendies et 190 opérations de secours les 3 et 4 juillet derniers dans plusieurs régions du Liban.
Par ailleurs, depuis 2007, année noire pour le Liban en matière de destruction forestière, des efforts importants semblent être consentis par l'État et les organismes impliqués dans la lutte contre les incendies de forêts. Un comité avait alors été mis en place, réunissant les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement, des Municipalités et de la Défense. L'objectif était d'élaborer, pour la première fois, une stratégie nationale pour la gestion des feux de forêts. Le plan d'action de ce comité a été adopté par le gouvernement l'année dernière. Parmi les propositions-phares de ce plan, une plus grande implication des communautés locales.
Lorsque l'on sait que les incendies de forêts naissent bien souvent à partir de négligences quotidiennes, on mesure l'intérêt d'insister sur cet aspect. Cet investissement croissant de l'État rend optimiste Sawsan Fakhreddine dont l'association a participé au comité. « Notre association a toujours insisté sur l'idée que l'échelon local est primordial dans les questions de prévention des risques, car ce sont les personnes présentes au plus près de l'incendie qui peuvent réagir le plus vite. Je sens donc qu'on marche dans la bonne direction. C'est encore très lent, mais avec le soutien du gouvernement, j'ai toutes les raisons d'espérer des changements positifs. »
Des décisions d'importance ont déjà été prises concernant les conséquences des feux de forêts. Ainsi, le ministre de l'Environnement, Mohammad Rahal, a-t-il annoncé il y a moins de deux semaines la signature prochaine d'un accord de 30 millions de dollars avec les États-Unis pour le reboisement de plusieurs régions sinistrées du Liban. Car il y a urgence, aussi bien écologique qu'économique, d'ailleurs. Il y a cinquante ans, la surface boisée du pays occupait 35 % du territoire. Aujourd'hui, on estime cet espace à 23 % de la superficie totale, dont plus guère que 11 % de forêts.
Année après année, d'importants incendies ravagent durant l'été les forêts du Liban. Des incendies de plus en plus fréquents, qui se déclenchent de plus en plus tôt. Alors que longtemps, les premiers grands feux se manifestaient au mois d'août, on assiste depuis quelques années à des départs de feu très précoces. Ainsi, pas moins de vingt sinistres ont été enregistrés pour la seule journée du 14 juin et cela, du nord au sud du pays, selon un rapport de l'Association pour le développement et la conservation des forêts (ADCF).Tous les jours, depuis cette date, de nouveaux feux sont à déplorer. La cause ? Un mois de juin particulièrement chaud cette année, avec des...
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