Des cadeaux symboliques ont été présentés au cardinal Sfeir à chacune des étapes de sa tournée paroissiale. Photo Émile Eid
C'est par la localité de Oqaïbé, sur le littoral du Ftouh, que le cardinal Sfeir a entamé sa vaste tournée. Accueilli par le président du conseil municipal, Kamal el-Alam, et par les notables de la région, le patriarche a visité l'église du village, celle de Notre-Dame de Kouwala. Il s'est ensuite rendu dans un village voisin, Zeytoun, où cohabitent chrétiens et chiites. Accueilli par M. Ghanem el-Bone et le curé de la paroisse du village, le père Élie Atallah, le patriarche maronite a mis l'accent sur l'importance de la coexistence christiano-chiite dans la localité. Le père Atallah a relevé pour sa part que la dernière visite d'un patriarche maronite dans le village remonte à 1935, à l'époque du patriarche Arida. « Entre 1935 et 2010, a-t-il souligné à ce propos, les cloches des églises ont continué à carillonner, et la localité continue de rester fidèle au message du pape Jean-Paul II. »
Le patriarche Sfeir et la délégation qui l'accompagnait se sont ensuite rendus au village d'el-Adra, où ils ont été accueillis par l'abbé Youhanna Tabet. Mgr Sfeir a notamment visité le couvent des Saints-Pierre et Paul. Souhaitant la bienvenue au patriarche maronite, l'abbé Youhanna Tabet a indiqué que le couvent date de 1854 et relève de l'ordre des moines maronites libanais. « Comme vos prédécesseurs, a-t-il déclaré, vous visitez ce couvent qui a été la première école qui a formé des générations de Libanais, maronites et chiites, dans la région du Ftouh-Kesrouan. Notre couvent a établi des liens privilégiés avec trois patriarches, dont les signatures sont toujours préservées dans certains anciens documents en notre possession et qui remontent à 1867 et 1891. Ces trois patriarches sont le patriarche Boulos Massaad, le patriarche Youhanna Hage et le patriarche Antoine Arida, qui a visité notre couvent le 11 juin 1935. »
Dans la localité de Maradieh, un accueil particulièrement chaleureux et enthousiaste a été réservé, comme dans les autres villages, au patriarche Sfeir qui s'est ensuite rendu dans la localité de Yahchouch, où le père Youssef Ghanem a indiqué à cette occasion qu'une grand croix en métal de 14 mètres de hateur a été érigée sur le sommet de la colline surplombant Yahchouch.
À Jouret el-Tormoss, c'est par une pluie de pétales de rose et des jets de riz que le patriarche Sfeir a été accueilli par les habitants et les notables du village, ainsi que par la fanfare de Jeïta.
De Jouret el-Tormoss, le cardinal Sfeir s'est rendu à la localité d'el-Ghineh où, comme dans les étapes précédentes, de grandes banderoles avaient été brandies, mettant l'accent sur le fait que Bkerké et le patriarche maronite représentent « une autorité de référence pour tout ce qui a trait aux décisions vitales engageant le sort et le devenir du pays, d'abord, et des chrétiens, ensuite ».
La dernière étape de la tournée a été marquée par une messe solennelle à l'église des Saints-Sarkis-et-Bakhos, à Ghebalé. Secondé par Mgr Antoine Andari, le cardinal Sfeir a célébré la messe en présence de nombreuses personnalités, dont notamment le ministre Sélim Sayegh, le caïmacam du Kesrouan par intérim, Joseph Mansour, représentant le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, les députés du Kesrouan-Ftouh, Farid Élias el-Khazen, Nehmetallah Abi Nasr, Youssef Khalil et Gilberte Zouein, les anciens députés Camille Ziadé, Farid Haykal el-Khazen et Farès Boueiz, M. Sejaan Azzi, conseiller politique du leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, le président de la Fédération des municipalités du Kesrouan-Ftouh, Nohad Nawfal, et de nombreux notables de la région.
Agapes chez Mansour Ghanem el-Bone
Cette matinée paroissiale a été clôturée par un déjeuner donné par Mansour Ghanem el-Bone à sa résidence de Jouret Badrane, dans le Ftouh. Étaient présents à ces agapes, notamment, le président Amine Gemayel, Mme Mona Hraoui, l'ambassadrice des États-Unis, Michelle Sison, l'ancien ministre Leila Solh Hamadé, et de nombreuses personnalités de la région.
M. Ghanem el-Bone a prononcé à cette occasion une allocution de circonstance dans laquelle il a notamment souligné que le patriarche Sfeir « n'a jamais accepté de compromissions au niveau des constantes, de même qu'il a été, à sa manière, un résistant obstiné, faisant face, sans plier, aux tempêtes et aux cyclones, avec comme seul souci son église et comme seul objectif à défendre, le Liban ». « Le Liban message tiendra bon, quelles que soient les difficultés, parce que vous croyez dans l'État, a déclaré l'ancien député. Notre salut réside dans l'édification de l'État, fort et souverain, fondé sur la justice et œuvrant en vue d'un développement équilibré de toutes les régions. »
Après avoir rendu hommage à l'action du président Michel Sleiman, M. Ghanem el-Bone a déclaré en conclusion : « Quelles que soient les voix qui s'élèvent, et quelle que soit la diversité d'opinions, la voix de Bkerké restera la plus forte car elle n'est dictée que par le droit. »
Dans sa réponse, le cardinal Sfeir devait souhaiter plein succès à M. Ghanem el-Bone dans son action.
Il convient d'indiquer, en conclusion, que cette tournée a été boycottée par le général Michel Aoun, pourtant député du Kesrouan-Ftouh, de même que les quatre autres députés du caza, membres du bloc parlementaire aouniste, ont boycotté le déjeuner donné par M. Ghanem el-Bone en l'honneur du patriarche maronite.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine