Le ministre Ziyad Baroud à son arrivée à la Résidence des Pins. Photo Michel Sayegh
Voici de très larges extraits du discours de M. Pietton :
« (...) Cette résidence a vu naître le Liban moderne il y a 90 ans et n'a cessé, depuis, d'être le lieu par excellence de notre mémoire commune et de symboliser notre amitié partagée. (...)
Cette amitié historique ne se dément pas. La force et la vitalité des relations qui unissent nos deux pays et nos deux peuples ne faiblissent pas. Des échanges d'une exceptionnelle densité viennent les entretenir, les renouveler et les revivifier.
Le succès du Salon du livre francophone et celui de l'exposition "La France au Liban" illustrent le dynamisme et la diversité de nos relations.
Le rythme des visites croisées des plus hauts dirigeants de nos pays respectifs en témoigne aussi. Il me serait impossible de les citer toutes.
Chacun de nous garde en mémoire la visite à Beyrouth, l'automne dernier, du Premier ministre, M. François Fillon, à l'occasion de l'ouverture des Jeux de la francophonie que le Liban a si généreusement accueillis.
Dans son sillage, les présidents du Sénat puis de l'Assemblée nationale, Mme Michèle Alliot-Marie, M. Hervé Morin, M. Bernard Kouchner et M. Éric Besson sont venus au Liban, pour marquer, chers amis libanais, toute l'importance que la France attache au destin de votre pays et à l'avenir de nos relations.
Chacun se souvient également de la visite d'État en France du président de la République, le général Michel Sleiman, l'année dernière et, plus récemment, de la visite officielle à Paris du président du Conseil des ministres, M. Saad Hariri, et de celle de Sa Béatitude Mgr Nasrallah Sfeir.
Je ne dévoilerai pas de secret d'État en vous annonçant que le président de l'Assemblée nationale libanaise, M. Nabih Berry, nous fera, lui aussi, très bientôt l'honneur de se rendre en France.
À chacune de ces visites s'expriment et se répondent les sentiments d'amitié et d'affection, de tendresse, dirais-je même, que nous nous portons. C'est aussi l'occasion, pour les autorités françaises, de confirmer l'indéfectible soutien de mon pays à un Liban uni, stable, souverain et démocratique et à l'exigence légitime de vérité et de justice qu'expriment les Libanais.
À cet égard, le chemin parcouru depuis notre dernier rendez-vous annuel en ces lieux mérite d'être salué.
Quelques mois après les élections législatives qui l'ont porté à la primature, le président du Conseil des ministres, avec le gouvernement d'union nationale qu'il a formé, a posé les jalons d'un programme ambitieux qui entend affirmer l'autorité de l'État et réformer l'économie et les institutions.
Là où elle peut être utile, la France apporte son appui au gouvernement dans la voie qu'il s'est tracée. Elle soutient également l'initiative du président de la République de reprendre le dialogue national, dont l'objectif, ambitieux et fondamental, est d'adopter une stratégie de défense nationale.
« L'unité, l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la stabilité du Liban sont des objectifs que mon pays soutiendra toujours. Il appuiera sans réserve les efforts du secrétaire général des Nations unies pour trouver une solution aux questions de Ghajar et de Chebaa et continuera d'appeler toute les parties au plein respect de la résolution 1701.
Surtout, la France est aujourd'hui l'un des plus gros contributeurs de la Finul.
Après les inacceptables incidents qui ont récemment visé la Finul, en particulier le contingent français, les autorités françaises se réjouissent que le Conseil des ministres libanais ait, le 8 juillet, exprimé son attachement à la sécurité de la force et au rôle qu'elle joue au service du Liban, de sa souveraineté et de sa stabilité.
Nous saluons également la décision des autorités libanaises de renforcer la présence des forces armées libanaises au sud du Litani, conformément aux dispositions de la résolution 1701.
Je souhaite redire que la Finul, déployée à la demande du gouvernement libanais, ne peut exercer sa mission que si elle dispose, comme toutes les opérations de maintien de la paix, d'une totale liberté de mouvement.
Je tiens d'ailleurs à saluer la présence parmi nous de représentants du contingent français de la Finul, en particulier du nouveau chef d'état-major de la force et représentant français, le général François-Xavier Le Pelletier de Woillemont, et à les assurer de notre reconnaissance et de nos vœux de succès pour la mission difficile qu'ils remplissent au service des Libanais et de la stabilité régionale.
Sur le plan régional, la France se félicite des développements intervenus depuis l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie. Les visites de haut niveau et les efforts déployés dans le règlement de plusieurs dossiers bilatéraux construisent progressivement une relation qui doit être fondée sur la réciprocité et le respect mutuel.
Ayant renoué avec la stabilité intérieure, le Liban peut également pleinement jouer son rôle sur la scène internationale.
Membre non permanent du Conseil de sécurité pour deux ans, depuis le 1er janvier, le Liban a la possibilité historique de contribuer à promouvoir un contexte favorable au dialogue et à la paix dans la région.
Aux côtés du Liban, la France, avec ses partenaires européens, n'épargnera aucun effort pour réconcilier les Palestiniens et encourager sans relâche les négociations entre Israël et ses voisins, qui devront conduire à une paix juste et durable, ce qui implique un État palestinien avec Jérusalem comme capitale des deux États.
Il faut souhaiter que des développements positifs interviennent bientôt pour que s'ouvre au Liban une période durable de stabilité et de prospérité.
Je ne voudrais pas conclure sans souhaiter à mes compatriotes un excellent 14 Juillet. Sans leur dire également combien j'apprécie la contribution essentielle qu'ils apportent, chacun dans son domaine - l'éducation, la culture, les affaires - à l'affermissement des liens entre la France et le Liban.
Ma gratitude va tout particulièrement à leurs élus, ici présents. Elle va aussi au travail remarquable de leurs associations, notamment au service des plus démunis.
Merci à toux ceux qui, depuis ma prise de fonction, m'ont entouré de leur sympathie et de leur affection.
À tous, amis libanais de la France, amis français du Liban et amis de nos deux pays, merci d'être ici réunis, en ce jour de fête nationale, pour célébrer l'amitié franco-libanaise. »


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