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Liban - Droits Des Palestiniens

Gemayel met en garde contre des pressions internationales sur le Liban

Les tractations se sont poursuivies hier à plus d'un niveau afin d'aboutir à un large consensus autour du dossier des droits sociaux des réfugiés palestiniens. Siniora s'est ainsi rendu à la Maison centrale des Kataëb, à Saïfi, pour un entretien avec Amine Gemayel.

Le président Amine Gemayel a reçu hier le chef du bloc du Courant du futur Fouad Siniora à la Maison centrale du parti Kataëb, à Saïfi.  Photo Dalati et Nohra

Pas un jour (ou presque) ne passe depuis que Walid Joumblatt a lâché sa bombinette place de l'Étoile (ses quatre propositions de loi sur les droits civils des réfugiés palestiniens) sans son lot de mises en garde, de propositions (celles du 14 Mars avant-hier) et autres prises de position - le tout avec un mot d'ordre : une nécessaire, une indispensable coordination, et une constante : le refus absolu de toute implantation.
Ainsi, un entretien a réuni l'ancien président Amine Gemayel et l'ancien Premier ministre Fouad Siniora.
Le leader des Kataëb a martelé que cette question ne peut pas être appréhendée dans la crispation « ni en troisième vitesse ». Il a également craint des « pressions internationales » sur le Liban, qui se verrait obligé de traiter la question rapidement afin de favoriser les projets de paix dans la région.
« Nous souhaitons aller de l'avant en privilégiant les concertations et l'entente ; c'est ainsi que nous pourrons parvenir à un résultat », a dit pour sa part Fouad Siniora, indiquant avoir perçu « de très grandes velléités de coopération » de la part du leader des Kataëb. Le député de Saïda a en outre bien fait comprendre que le droit à la priorité n'est aucunement évoqué, mais celui de l'emploi... « La Charte des droits humanitaires palestiniens ne comprend pas le droit d'acquisition de biens-fonds », a relevé à ce sujet le député FL Antoine Zahra, qui a refusé de cautionner l'idée d'une division islamo-chrétienne sur un dossier aussi national.
Notons que la question de l'emploi été longuement évoquée hier, en présence des ministres Boutros Harb et Ibrahim Najjar, par la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice. Son président, Robert Ghanem, a déploré que le Liban ne bénéficie « que » de 70 millions des 500 millions de dollars du budget de l'Unrwa pour la région. M. Ghanem a en outre précisé qu'il ressort des chiffres disponibles que le nombre de réfugiés palestiniens inscrits sur les registres de l'Unrwa et qui sont entrés au Liban en 1948, en 1967 et après 1967 est compris entre 488 000 et 500 000, sachant qu'une partie d'entre eux a émigré et a obtenu des passeports étrangers. M. Ghanem a souligné dans ce cadre que le Liban devrait entreprendre des démarches pressantes auprès des pays donateurs afin qu'ils augmentent leur contribution financière à l'Unrwa pour assurer, notamment, les soins médicaux aux Palestiniens. Les principaux pays donateurs de l'Unrwa sont, rappelle-t-on, les États-Unis et les pays européens.
Très optimiste, le député joumblattiste Antoine Saad a relevé une volonté commune d'y arriver, faisant écho au député haririen de Beyrouth, Ammar Houri, qui s'est dans tous les cas prononcé sur un succès assuré pour le Parlement, qui parviendra à « poser les bases des droits palestiniens loin de toute politisation ». Et si ces droits en question sont ignorés, « cela va se répercuter négativement sur la situation dans les camps de réfugiés et dans le pays », a mis en garde le député hezbollahi Mohammad Raad après un entretien avec une délégation de l'alliance des forces palestiniennes, comprenant notamment Abou Khaled el-Chahhal.
Signalons que le représentant de l'OLP au Liban, Abdallah Abdallah, a salué le dernier communiqué des évêques maronites, le qualifiant d'« avancée positive ». Il s'exprimait à l'issue d'une audience avec le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir.
Notons en outre que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a reçu quant à lui une délégation du Hamas, conduite par Khaled Machaal.

La position Kataëb
Il convient d'indiquer dans ce cadre que selon l'agence al-Markaziya, les tractations en cours en vue d'aboutir à un consensus autour du dossier des droits sociaux des réfugiés palestiniens ont été passées en revue au cours d'une réunion qui a groupé hier au siège du Parlement, loin des feux de la rampe, les députés Samy Gemayel et Samer Saadé du directoire Kataëb et les députés Alain Aoun et Ibrahim Kanaan, du directoire du Courant patriotique libre.
Ce dossier a également été examiné au cours de la réunion hebdomadaire du bureau politique Kataëb qui s'est tenue hier à la Maison centrale de Saïfi. Dans le communiqué publié à l'issue de la réunion, le parti Kataëb se déclare satisfait des démarches en cours en vue d'aboutir à un large consensus au sujet de la question des droits sociaux des réfugiés palestiniens. « Les participants à la réunion (du bureau politique) ont exprimé leur satisfaction concernant la réunion tenue entre le président Amine Gemayel et le président Fouad Siniora à la Maison centrale de Saïfi, souligne le communiqué. Le bureau politique a apprécié la position positive du président Fouad Siniora qui a donné une suite favorable au souhait manifesté par le parti Kataëb de ne pas précipiter les choses, de manière à examiner en profondeur ce dossier, dans toutes ses dimensions libanaises et palestiniennes ».
Le communiqué, précise également le bureau politique, a apprécié la position du président Fouad Siniora qui a accepté de demander que le dossier ne soit pas soumis à la séance plénière de l'Assemblée jeudi prochain afin de permettre d'aboutir au plus large consensus possible au sujet de cette question.

Les observations de Nadim Gemayel et Dory Chamoun
Signalons dans ce contexte que le député Dory Chamoun, leader du Parti national libéral, s'est déclaré opposé au projet élaboré par les députés des Forces libanaises et du Courant du futur portant sur l'octroi de droits sociaux limités aux réfugiés palestiniens (excluant le droit de sol et l'acquisition de biens-fonds immobiliers). M. Chamoun a déclaré que « l'État devrait d'abord prendre en charge la sécurité à l'intérieur et à l'extérieur des camps de réfugiés palestiniens, et c'est ensuite que l'on pourra examiner les droits des Palestiniens ». M. Chamoun a souligné que les réfugiés palestiniens devraient assumer leurs devoirs à l'égard de l'État libanais (au plan sécuritaire) avant de pouvoir obtenir leurs droits.
De son côté, le député de Beyrouth Nadim Gemayel a élaboré une étude exhaustive exposant ses observations concernant la proposition de loi relative à l'octroi de droits sociaux et humanitaires aux réfugiés palestiniens. Après avoir soulevé certains points à caractère juridique, relatifs au statut des réfugiés établis au Liban, Nadim Gemayel a relevé qu'il ressort du site électronique du comité de dialogue libano-palestinien que la plupart des réfugiés palestiniens qui n'ont pas leurs papiers en règle sont ceux qui sont entrés au Liban entre 1970 et 1982 au moyen d'un passeport jordanien ou d'un document de voyage égyptien. « Ceux-là sont ceux qui sont restés (au Liban) après le départ des combattants de l'OLP en 1982 », souligne Nadim Gemayel qui ajoute qu'il revient donc aux autorités jordaniennes et égyptiennes de régulariser la situation de ces réfugiés palestiniens.
Le député de Beyrouth a, d'autre part, mis en garde contre toute mesure qui serait adoptée et qui porterait atteinte « à la souveraineté et à la sécurité du pays, comme ce fut le cas il y a un an, lorsque des documents d'identité ont été octroyés (aux réfugiés palestiniens) sur base d'une simple attestation du moukhtar, ce qui a donné lieu à de vastes fraudes, contraignant le ministre de l'Intérieur à suspendre l'octroi des documents en question ».
Pas un jour (ou presque) ne passe depuis que Walid Joumblatt a lâché sa bombinette place de l'Étoile (ses quatre propositions de loi sur les droits civils des réfugiés palestiniens) sans son lot de mises en garde, de propositions (celles du 14 Mars avant-hier) et autres prises de position - le tout avec un mot d'ordre : une nécessaire, une indispensable coordination, et une constante : le refus absolu de toute implantation.Ainsi, un entretien a réuni l'ancien président Amine Gemayel et l'ancien Premier ministre Fouad Siniora.Le leader des Kataëb a martelé que cette question ne peut pas être appréhendée dans la crispation « ni en troisième vitesse ». Il a également craint des « pressions...
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