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Liban - Sécurité

Asarta : La Finul va coopérer avec l’armée dans les missions « délicates »

Les incidents au Liban-Sud ont été hier au centre d'une réunion élargie à Tebnine entre l'état-major de la Finul et de hauts responsables militaires libanais.
À la veille de la réunion de consultations prévue aujourd'hui au Conseil de sécurité à la demande de la France pour discuter des incidents survenus au Liban-Sud entre des Casques bleus de la Finul et des habitants, le commandant en chef de cette force, le général espagnol Alberto Asarta, a souligné la nécessité pour les Casques bleus de coopérer avec l'armée libanaise dans les missions qualifiées de « délicates », tout en affirmant que pour un certain nombre d'activités logistiques, la force de l'ONU pouvait opérer toute seule.
Le général Asarta s'exprimait à l'issue d'une réunion élargie, tenue au siège de la municipalité de Tebnine. Il était accompagné de plusieurs officiers supérieurs de la Finul. Du côté libanais, participaient à la réunion de hauts responsables des services de renseignements de l'armée et des officiers supérieurs. « Nous avons discuté des derniers incidents. Il y a une feuille de route sur laquelle nous devons travailler, sur la base de la confiance réciproque et de la coopération avec l'armée libanaise », a déclaré le général Asarta.
« Il y a probablement eu des malentendus, ou certaines erreurs, mais nous devons travailler pour rétablir la situation comme elle était. J'ai évoqué cette question avec les autorités locales et nous sommes convenus de la nécessité de la coopération, surtout avec l'armée libanaise », a-t-il ajouté, soulignant que cette coopération était « très bonne ». « Il y a des activités logistiques que nous pouvons mener seuls et d'autres questions délicates à propos desquelles il nous faut coopérer avec l'armée », a-t-il dit.
Le général a en outre fait état d'interventions au cours de la réunion à propos des craintes des habitants. « Ces interventions ont parlé de la nécessité d'une coordination entre l'armée, la Finul et les municipalités. Il a aussi été demandé que la Finul ne mène pas des activités à l'intérieur des quartiers, s'abstienne de prendre des photos entre les habitations et de patrouiller de nuit sur des blindés », a-t-il encore indiqué, sans préciser la réponse de la Finul à ces demandes.

Lette ouverte
Par ailleurs, le général Asarta a adressé une lettre ouverte aux habitants du Liban-Sud, expliquant la mission de la Finul et soulignant le souci de la force internationale de maintenir de bonnes relations avec la population. Il explique notamment, dans cette lettre, que la Finul « travaille en collaboration étroite avec l'armée libanaise » et qu'elle prend soin de « s'assurer que toutes ses activités sont menées en coordination totale » avec la troupe. Cependant, ajoute le général, « cette coordination ne signifie pas que chacune des 350 patrouilles qu'effectuent quotidiennement la Finul peut être physiquement accompagnée par l'armée libanaise ».
Auparavant dans la journée, le commandant en chef de la Finul avait effectué une tournée chez les principaux responsables libanais, s'entretenant avec le président de la République, Michel Sleiman, le Premier ministre, Saad Hariri, et le président de la Chambre, Nabih Berry.
À Baabda, le chef de l'État a réaffirmé au cours de l'entretien « l'importance de la présence de la Finul et de son rôle dans l'application de la résolution 1701 » du Conseil de sécurité, en exprimant le souhait que les incidents « ne se répètent plus à l'avenir ».
De son côté, M. Berry a estimé que ce qui s'est passé au Liban-Sud est « désormais derrière nous », soulignant que « le niveau de coordination entre la Finul, l'armée et les habitants a été élevé, comme cela était le cas depuis plus de trois décennies ».
Quant au chef du gouvernement, il devait par ailleurs s'entretenir de la situation au Liban-Sud avec les ambassadeurs des trois pays européens fournissant les principaux contingents de la Finul, la France, l'Italie et l'Espagne. À l'issue de la rencontre, l'ambassadeur italien, Gabriele Checchia, a souligné, dans une déclaration à la presse, que la mission de la Finul devrait se poursuivre « dans les meilleures conditions ». Il a d'autre part souligné qu'une « parfaite coordination » règne entre les contingents de la Finul.
Sur ce dernier point, un porte-parole de la force internationale a formellement démenti les informations et analyses véhiculées par certains médias selon lesquelles le contingent français se distinguerait des autres unités de la Finul en mettant en œuvre un ordre du jour propre à la France. « Ces spéculations sont non seulement dénuées de tout fondement, mais elles nuisent aux efforts consentis par la Finul et l'armée libanaise pour maintenir le niveau de sécurité sans précédent qui règne depuis quatre ans au Liban-Sud », a souligné le porte-parole.
Toujours dans le cadre des contacts destinés à normaliser la situation, le coordinateur spécial de l'ONU au Liban, Michael Williams, s'est entretenu avec le responsable des relations internationales au sein du Hezbollah, Ammar Moussaoui. « Je crois que nous sommes convenus de l'importance d'aller de l'avant et de la nécessité de faire en sorte que les incidents ne se renouvellent pas », a déclaré M. Williams. « M. Moussaoui a clairement fait savoir que le Hezbollah reste engagé au respect de la résolution 1701 et a souligné l'importance de la coordination entre la Finul et l'armée. Mais nous sommes aussi convenus de la nécessité de maintenir la liberté de mouvement de la Finul », a-t-il ajouté.

Les réactions
Sur le plan des réactions sur la scène locale, le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a souligné hier la nécessité de régler le problème survenu au Sud, car, a-t-il dit, « le Liban est un petit pays faible devant l'énorme machine de guerre de l'ennemi israélien ». « La Finul est venue au Liban-Sud pour protéger les Libanais de l'ennemi israélien et d'autres », a-t-il dit.
Pour sa part, le ministre d'État pour les Affaires du Parlement, Michel Pharaon, qui a été reçu par le patriarche Sfeir, a relevé qu'il existe « des gens en Israël et d'autres à l'extérieur et à l'intérieur du Liban qui ne veulent ni de la Finul, ni du Tribunal international, ni même d'un président de la République ou d'un gouvernement qui dirige le pays ». « Leur but est de mettre le Liban à l'écart de la carte du monde et de faire en sorte qu'il redevienne un théâtre de conflits », a-t-il souligné.
Par ailleurs, une polémique a éclaté entre le chef du PSP, Walid Joumblatt, et le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid. Le premier a reproché en substance, et sur un ton ironique, au « secrétariat privé » du 14 Mars de chercher à obtenir une modification des règles d'engagement de la Finul et de contribuer de ce fait à mettre en péril la paix civile. Ce à quoi M. Souhaid a répondu, sur un ton aussi sarcastique, que le secrétariat général « reste fidèle aux principes à l'élaboration desquels M. Joumblatt avait lui-même contribué en 2004-2005 ». Et d'ajouter : « Ce qui embête M. Joumblatt aujourd'hui, c'est que le secrétariat général continue de dire ce que lui-même ne peut plus dire. »
À la veille de la réunion de consultations prévue aujourd'hui au Conseil de sécurité à la demande de la France pour discuter des incidents survenus au Liban-Sud entre des Casques bleus de la Finul et des habitants, le commandant en chef de cette force, le général espagnol Alberto Asarta, a souligné la nécessité pour les Casques bleus de coopérer avec l'armée libanaise dans les missions qualifiées de « délicates », tout en affirmant que pour un certain nombre d'activités logistiques, la force de l'ONU pouvait opérer toute seule.Le général Asarta s'exprimait à l'issue d'une réunion élargie, tenue au siège de la municipalité de Tebnine. Il était...
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