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Liban

Cinéma arabe : 20 000 affiches d’époque, un trésor bien gardé à Beyrouth

L’affiche du célèbre film égyptien « al-Rahiba » (La nonne), du metteur en scène Hassan al-Imam. Joseph Eid/AFP

Jalousement gardé, un trésor de l'histoire du cinéma arabe repose dans un sous-sol du quartier commerçant le plus animé de Beyrouth. Abboudi Abou Jaoudé, un mordu du cinéma, a amassé des affiches de films remontant pour certains aux années 1930, selon Jocelyne Zablit dans un reportage pour l'AFP.
Ce qui fut une passion d'enfance est devenu un document pictural précieux de films égyptiens, syriens, irakiens, palestiniens et libanais, dont certains n'existent plus.
« J'aime le cinéma depuis que j'étais enfant. Chaque dimanche, au lieu d'aller à la messe, j'allais au cinéma », se souvient Abboudi Abou Jaoudé, 52 ans, qui tient une maison d'édition dans le quartier commerçant de Hamra.
Devenu grand, « j'allais tous les dimanches à Beyrouth à pied de chez moi à Bourj Hammoud et je m'arrêtais dans les 40 salles de cinéma qu'il y avait sur mon chemin pour admirer les affiches, raconte-t-il. C'est ainsi que ma passion s'est développée. »
Il dispose d'une collection privée de 20 000 affiches de 5 000 films, dont probablement la plus grande collection d'affiches de films libanais.
Celles-ci remontent aux années 1950 et représentent des légendes de la chanson et du cinéma arabes, telles que Feyrouz, Sabah, Samira Toufic, Chams el-Baroudi et Abdelhalim Hafez.
Les affiches aux couleurs vives conçues par des artistes de l'époque offrent l'occasion d'un voyage en arrière et reflètent les différents styles et cultures populaires du siècle dernier. « La plus ancienne affiche est celle d'un film égyptien de 1933 intitulé al-Warda al-bayda' (La rose blanche) », explique M. Abou Jaoudé.
Il possède également des affiches, imprimées en technique lithographique, de films aux titres audacieux comme Lahib al-jassad (La fièvre au corps), Mariam al-khati'a (Mariam la pécheresse), Nissa' mouharramate (Femmes interdites) ou Imra'a likoul al-rijal (Une femme pour tous les hommes).
Elles montrent des actrices en petite tenue et aux poses provocantes qui, aujourd'hui, auraient inévitablement été censurées dans un monde arabe de plus en plus conservateur.
« Personne n'oserait imprimer de telles affiches aujourd'hui, souligne Abboudi Abou Jaoudé. Ces images représentent un art perdu et l'âge d'or de la production d'affiches, du temps où les affichistes, en grande partie des Arméniens ou des Grecs, copiaient le genre de leurs homologues occidentaux. »
La collection de M. Abou Jaoudé retrace l'histoire de l'industrie cinématographique arabe, et plus particulièrement libanaise, souligne Franck Mermier, anthropologue et ancien directeur de l'Institut français du Proche-Orient (IFPO).
« Ces affiches sont une mine d'informations et sont très importantes dans la mesure où elles retracent l'histoire du film au Liban et au Moyen-Orient, estime M. Mermier, actuellement basé à Paris. Et l'aspect artistique est très intéressant (...) il dépeint des thèmes divers, notamment le cinéma militant et différents portraits de femmes de l'époque. »
M. Abou Jaoudé, qui, depuis les années 1970, voyage à travers le Moyen-Orient pour enrichir sa collection, explique que son rêve est de créer un institut où ses affiches seraient bien préservées et admirées par des amateurs comme lui.
Ce rêve a des chances de devenir réalité, l'ambassade de France à Beyrouth envisageant d'allouer des fonds pour le projet, selon un diplomate français.
Entre-temps, M. Abou Jaoudé peut continuer à consacrer deux heures par jour aux soins de ses affiches.
« Quand j'ai besoin de me détendre, je les regarde, elles me ramènent à mon enfance, dit-il avec nostalgie. Elles sont pleines de détails et sont pour nombre d'entre elles plus jolies à regarder que le film lui-même. »
Jalousement gardé, un trésor de l'histoire du cinéma arabe repose dans un sous-sol du quartier commerçant le plus animé de Beyrouth. Abboudi Abou Jaoudé, un mordu du cinéma, a amassé des affiches de films remontant pour certains aux années 1930, selon Jocelyne Zablit dans un reportage pour l'AFP.Ce qui fut une passion d'enfance est devenu un document pictural précieux de films égyptiens, syriens, irakiens, palestiniens et libanais, dont certains n'existent plus.« J'aime le cinéma depuis que j'étais enfant. Chaque dimanche, au lieu d'aller à la messe, j'allais au cinéma », se souvient Abboudi Abou Jaoudé, 52 ans, qui tient une maison d'édition dans le quartier commerçant de Hamra.Devenu grand,...
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