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Liban - Résolution 1701

Ban dénonce les contraintes contre la Finul

Le rapport de Ban Ki-moon sur le suivi de l'application de la résolution 1701 souligne que le Hezbollah continue de maintenir une infrastructure militaire distincte de celle de l'État, « en violation des résolutions 1559 et 1701 ». Soulignant que « l'opportunité créée par la présence de la Finul ne saurait être illimitée », le document appelle l'armée à « assurer la liberté de mouvement » de la Finul et énumère une longue série d'agressions et de vols d'équipement électronique visant les Casques bleus.
Le 13e rapport du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur le suivi de l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, a, certes, dénoncé les violations répétées de la résolution onusienne aussi bien de la part d'Israël que du Hezbollah - du fait du maintien de l'infrastructure militaire du parti chiite - mais il a, surtout, mis l'accent sur les atteintes multiples à la liberté de mouvement de la Fivnul dans certaines régions du Liban-Sud. Soulignant que la force de maintien de la paix est constamment surveillée par des « civils », le rapport du secrétaire général relève que les incidents dont sont la cible les Casques bleus (jets de pierres, agressions, vols de matériel divers...) ne sont pas dus uniquement à la présence d'une force militaire dans un environnement civil, mais « certains d'entre eux laissent planer le doute sur les motivations de ceux qui sont impliqués dans ces incidents ». Et le document d'appeler l'armée libanaise à « assurer la liberté de mouvement » à la Finul.
Dans son introduction, le rapport commence par souligner qu'aucun progrès n'a été réalisé, au cours de la période couverte par ce rapport (les six derniers mois), en ce qui concerne la mise en application des dispositions de la 1701. « Au milieu d'allégations sur des transferts d'armes au Hezbollah, en violation de la résolution 1701, un accroissement perceptible de la tension entre les deux parties (Israël et le Hezbollah) a été enregistré, souligne Ban Ki-moon. »
Cela agite le spectre d'un mauvais calcul de la part des parties conduisant à une reprise des hostilités, qui auraient des conséquences dévastatrices pour le Liban et la région. Tout en affirmant que « la zone d'opération (de la Finul) est demeurée stable et généralement calme durant la période sous étude », le rapport évoque les multiples violations, « quasiment quotidiennes », de l'espace aérien libanais par Israël « en violation de la résolution 1701 ».
Et de souligner sur ce plan : « Les officiels libanais, tout en reconnaissant que des civils libanais ont franchi la ligne bleue les 16 et 23 avril, ont informé la Finul que les forces armées libanaises sont limitées dans leurs efforts visant à stopper concrètement les civils qui tentent d'avoir accès à ce qu'ils considèrent comme des terres occupées par Israël au sud du Litani. Il reste que ces officiels ont réaffirmé l'engagement permanent du gouvernement libanais pour ce qui a trait au respect de la ligne bleue, de même qu'ils ont souligné leur soutien total à la Finul dans ses efforts visant à empêcher de telles violations » (de la 1701).

Les agressions répétées contre la Finul
Après avoir fait état des manœuvres conjointes effectuées par l'armée et les Casques bleus dans le but d'améliorer la coordination entre les deux forces, le rapport aborde le problème de la longue série d'agressions contre les unités onusiennes. « À l'exception de ce qui suit ci-dessous, souligne le document, la Finul a bénéficié d'une liberté de mouvement dans sa zone d'opération, effectuant approximativement 10 000 patrouilles chaque mois. Toutefois, à plusieurs occasions, les patrouilles de la Finul ont été arrêtées temporairement par des civils locaux. Lors de l'incident le plus sérieux, le 4 mars, des civils ont bloqué la route à une patrouille de la Finul qui enquêtait, en coordination avec les forces armées libanaises, sur l'origine de tirs d'armes automatiques dans le village d'as-Suwwana (secteur ouest). Alors qu'ils effectuaient une patrouille à pied dans le village, trois membres de la Finul ont été légèrement blessés et deux véhicules de la Finul ont été endommagés au cours d'une escarmouche avec des civils qui ont arrêté la patrouille. Le 15 avril, des éléments de la Finul relevant de la Geographic Information Service (GIS), travaillant dans le périmètre de Qabrikha (secteur ouest), ont été stoppés par un groupe de quatre personnes non armées qui ont bloqué la route au moyen de leur véhicule et empêché le personnel de la Finul de poursuivre sa mission. Ils ont pris un ordinateur appartenant à la Finul, un équipement GPS, de la documentation et ont menacé les Casques bleus ».
Et de poursuivre : « Le 17 mai, un groupe de civils s'est opposé à des membres de la police militaire de la Finul enquêtant au sujet d'un accident de la route et a pris une caméra. Le 21 mai, des civils, croyant qu'une patrouille de la Finul à Kherbet Selm (secteur ouest) avait pris des photos de la région, ont saisi des ordinateurs portables qui étaient en possession de la patrouille. Le 8 juin, une unité de la Finul relevant de la protection rapprochée a été stoppée par des personnes non armées près de Aïn Ebl, dans le secteur ouest, et ont demandé aux Casques bleus de leur remettre leur équipement GPS. L'unité de la Finul s'est rendue avec les civils en question à la municipalité de Aïta Chaab où ils ont accepté de remettre l'équipement. Par la suite, les véhicules de la Finul ont été fouillés et un équipement supplémentaire, incluant des cartes, des note-books et des documents de travail ont été saisis. Les autorités libanaises ont réussi à restituer tout cet équipement et à le rendre à la Finul. Parallèlement à ces incidents précités, des civils libanais, incluant des enfants et des jeunes, ont lancé des pierres à diverses occasions contre des patrouilles de la Finul, endommageant des véhicules. Comme souligné précédemment, les activités de la Finul ont été surveillées à plusieurs occasions par des civils dans diverses régions. »

La liberté de mouvement
Le rapport indique dans ce contexte que le commandement de la Finul a entrepris des démarches avec « les autorités libanaises et les forces armées libanaises, au plus haut niveau, concernant la liberté de mouvement de la Finul ». « Il a reçu des assurances de la part de tous les officiels, selon lesquelles la Finul bénéficiera d'une liberté de mouvement dans sa zone d'opération, indique le rapport. Les forces armées libanaises ont mis l'accent sur le caractère sensible des patrouilles effectuées dans les régions habitées et qui pourraient être perçues comme une intrusion dans l'intimité de la population ou comme une volonté de se livrer à des activités techniques spécifiques pouvant être mal interprétées. Les forces armées libanaises ont suggéré que les unités de la Finul soient accompagnées de militaires libanais lorsqu'elles se livrent à de telles activités. La Finul comprend, et tient compte autant que possible, des préoccupations de la population civile, mais dans le même temps, elle est contrainte de maintenir sa liberté de mouvement afin de mener à bien sa mission. »
Soulignant qu'« à l'exception de ces incidents précités, l'attitude de la population locale à l'égard de la Finul demeure généralement positive », le rapport énumère les détails de l'aide humanitaire et sociale assurée par la force onusienne aux habitants du Sud.
Le rapport rappelle, d'autre part, que « la résolution 1701 prévoit l'application intégrale des termes de l'accord de Taëf ainsi que des résolutions 1559 et 1680 (2006), réclamant le désarmement de tous les groupes armés au Liban, de manière à ce qu'il n'y ait plus d'arsenal militaire ou d'autorité en dehors de l'État libanais ». « Le Hezbollah continue de maintenir un potentiel militaire substantiel distinct de celui de l'État libanais, en violation des résolutions 1559 et 1701 », ajoute le rapport qui relève que le secrétaire général du Hezbollah a reconnu publiquement que le Hezbollah a acquis de nouvelles armes.
Après avoir évoqué les affrontements du 8 avril entre des éléments du Front populaire pour la libération de la Palestine - Commandement général, à Qossaya, le secrétaire général de l'ONU souligne sur ce plan dans son rapport : « Je demeure convaincu que le désarmement du Hezbollah et des autres milices devrait se faire par le biais d'un processus politique. Ce dernier a pris la forme du dialogue national libanais. » Ban Ki-moon a exhorté à ce sujet les participants au dialogue national à continuer à plancher sur l'élaboration de la stratégie de défense « qui aborderait les rapports entre les groupes armés et l'État, avec pour objectif d'achever le désarmement des milices, conformément aux résolutions 1559 et 1701 ».

Les observations
Le secrétaire général de l'ONU exprime par ailleurs sa satisfaction au sujet des progrès enregistrés sur le plan de l'évolution des relations libano-syriennes, à la lumière notamment des réunions tenues entre le président Michel Sleiman et son homologue syrien Bachar el-Assad, ainsi qu'entre ce dernier et le Premier ministre Saad Hariri. Le rapport évoque dans ce cadre les efforts déployés pour la délimitation et le contrôle des frontières libano-syriennes, rappelant que le paragraphe 4 de la résolution 1680 « encourage fortement le gouvernement de la République arabe syrienne à réagir positivement à la requête du gouvernement libanais visant à délimiter les frontières communes, ce qui constituerait une étape significative garantissant la souveraineté du Liban, son intégrité territoriale et son indépendance politique, de manière à améliorer les relations entre les deux pays ».
En conclusion, le secrétaire général soulève plusieurs observations tirées de la teneur du rapport. Précisant que « la situation demeure fragile », le document souligne que « beaucoup reste à faire par toutes les parties afin de progresser sur la voie de l'application de la résolution 1701 ». « Il relève de la responsabilité de toutes les parties de prendre les mesures qui s'imposent afin d'aboutir à un cessez-le-feu permanent et à une solution à long terme, comme stipulé dans la résolution 1701 », ajoute le secrétaire général qui poursuit à cet égard : « Le nouvel environnement stratégique et la relative stabilité au Liban-Sud que la Finul a aidé à établir, en collaboration avec les forces armées libanaises, offrent à toutes les factions une opportunité d'enregistrer des progrès au niveau de la mise en œuvre de leurs engagements. Comme je l'ai souligné dans de précédents rapports, l'opportunité créée par la présence de la Finul ainsi que par les engagements pris sur les plans financier et de la présence de troupes ne peut pas être maintenue indéfiniment. J'ai demandé à mon envoyé spécial d'engager les parties dans un processus visant à aboutir à un cessez-le-feu permanent, en coordination avec le commandement de la Finul. »
Dans ses observations finales, le secrétaire général exhorte Israël à se retirer de la partie nord de Ghajar et « d'une zone adjacente située au nord de la ligne bleue », dénonçant à ce propos « les violations répétées par les forces de défense israéliennes de la résolution 1701 et de la souveraineté libanaise ». « Les survols (israéliens) créent une tension qui risque de provoquer un incident susceptible de déboucher rapidement sur une escalade », poursuit Ban Ki-moon.
Abordant ensuite la longue série d'agressions contre la Finul, le secrétaire général souligne : « Je suis préoccupé par les incidents survenus durant la période couverte par ce rapport et qui ont entravé la liberté de mouvement de la Finul. J'invite les forces armées libanaises à s'assurer que la Finul bénéficie d'une totale liberté de mouvement dans sa zone d'opération. Certaines des contraintes entravant son action peuvent s'expliquer par les inconvénients causés par la présence d'une force militaire dans un environnement civil. Par contre, d'autres contraintes, lorsqu'elles sont perçues à la lumière de la surveillance continue de la Finul par des civils, ne peuvent que susciter le doute sur les motivations de ceux qui sont impliqués dans ces incidents. »
En conclusion, le secrétaire général souligne que « la présence de groupes armés échappant au contrôle de l'État représente pour moi une source d'inquiétude, d'autant qu'elle entrave la capacité de l'État à exercer son entière souveraineté et son contrôle sur tout son territoire ».

Le 13e rapport du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sur le suivi de l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, a, certes, dénoncé les violations répétées de la résolution onusienne aussi bien de la part d'Israël que du Hezbollah - du fait du maintien de l'infrastructure militaire du parti chiite - mais il a, surtout, mis l'accent sur les atteintes multiples à la liberté de mouvement de la Fivnul dans certaines régions du Liban-Sud. Soulignant que la force de maintien de la paix est constamment surveillée par des « civils », le rapport du secrétaire général relève que les incidents dont sont la cible les Casques bleus (jets de pierres, agressions,...
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