Un jour, un nouveau boulot. Une équipe. Des personnes qu'on ne connaissait pas. Une espèce de tribu qui fonctionne avec ses codes, ses liens, ses rituels. Et les voilà qui vous adoptent. Sans explication aucune, vous intégrez leur famille. Comme ça, du jour au lendemain. Et vous aimez, soudainement, aller travailler. Un jour, une classe de première, une prof. Baudelaire, Rimbaud, Proust grâce à elle. Celle qui nous a fait aimer la littérature, qui nous a fait comprendre que les mots veulent beaucoup dire, que l'on vit une langue, qu'on la pense et qu'elle nous construit. Ça restera toute une vie. Un jour, un(e) ami(e). Un moment difficile. Une journée éprouvante. Des mots, une épaule, un sourire. Un point de chute où l'on sait que rien ne peut nous arriver. Un jour, un médecin. Des yeux qui rient. Des paroles qui réconfortent. Un « tout ira bien » qui rassure, un accompagnement sans faille dans les dédales de la douleur. Un jour, une cause. Des gens qui s'investissent. Qui pensent aux autres, qui donnent sans rien attendre en retour, qui sèchent des larmes et rendent meilleur un quotidien pénible. Qui ne craignent pas la différence, le handicap. Un jour, une rencontre. Une discussion, un intérêt commun, une vision identique. Une nouvelle route que l'on prendra ensemble. Un jour, un enfant. « Tu es la plus belle. La meilleure maman du monde. Viens, on danse maman. » Un jour, un homme/une femme. Une histoire d'amour. De complicité. Un regard, un geste, un baiser. Une main qui touche, qui caresse. Le reflet de votre âme comme vous ne l'avez jamais vu. Sublimé... Un jour, le soleil. La mer et ses vagues. Des enfants qui courent sur le sable. Leurs rires qui remplissent le silence. La montagne, le jurd, un jardin à cultiver. Les habitants qui vous offrent le café, vous aident à déménager, vous apprennent à faire une « hrissé ». Un jour, un festival. Un concert magique, une foule qui tape des pieds, qui danse, reprend à l'unisson des morceaux gais. Des coussins blancs qui volent comme une farandole de papillons, le père du chanteur qui rit aux éclats. Un jour, une soirée. Un karaoké, une partie de cartes, un beau film, une pièce de théâtre, un dîner, un five o'clock tea, un match de foot, un jerk endiablé, une promenade au clair de lune, une virée shopping...
Tous ces moments, seul, à deux, à plusieurs. De communion, de happiness et de fous rires. Ces instants-là qui nous font penser que la vie est légère, qu'on ne la vit qu'une fois et qu'il faut la boire jusqu'à la lie. Même si l'ivresse ne dure qu'un temps. Le temps d'un baiser, d'un regard, d'un partage, d'une complicité. Le temps de s'arrêter et de plonger dans la guimauve. D'édulcorer ce qu'il y a de plus amer, d'embellir ce qu'il y a de plus laid, d'aimer tout ce qu'il y a à aimer... Waow. C'est bizarre d'écrire comme ça. Ça donne un peu honte. Ça paraît tellement naïf et niais. Mais quel bien fou ça fait. C'est libérateur. Pas de cynisme ni de sarcasme. Du beau, rien que du beau. Du simple, rien que du simple. « Un peu de douceur dans un monde de brutes. »


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