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Liban - Combat

L’urgente, l’indispensable bataille pour la sauvegarde du patrimoine

« Pas d'avenir » pour un pays qui occulte ses racines...

Face au constat alarmant de l'érosion du patrimoine, le ministre de la Culture, Salim Wardy, l'Apsad, la Fondation du patrimoine, Green Party of Lebanon, Save Beirut Heritage et Don't Destroy our Heritage se mobilisent pour faire voter la loi qui préserve cet héritage, et pour cela ils iront jusqu'au bout, jusqu'à « bloquer les axes routiers ».
Alors que toutes les capitales du monde se penchent sur la valorisation de leurs bâtiments anciens, élevés au rang de « dépôt sacré », et offrent un paysage urbain riche en contrastes, le Libanais s'ingénie à détruire en toute légalité son patrimoine et à couler sa ville dans du béton, prenant pour modèle les métropoles pétrolières. Bientôt la maison traditionnelle où le style arabe se combine à l'influence italienne, la maison des années trente inspirée de l'art français et, au passage, le modèle ottoman qui raconte 150 ans de l'histoire sociale et architecturale du pays seront bannis de notre vocabulaire.
C'est ce que refuse le ministre de la Culture, Salim Wardy. Au cours d'une conférence de presse hier à l'Unesco, il s'est dit « déterminé » à poursuivre la mobilisation en faveur de la protection et de la promotion de l'héritage historique. « Il n'y a pas d'avenir pour un pays qui occulte ses racines et son patrimoine. Celui-ci est le symbole de notre identité nationale, la mémoire de notre histoire (...). Sa préservation ne relève pas uniquement d'une institution ou du ministère, elle est du devoir de chaque Libanais », a-t-il martelé, faisant toutefois observer que la seule solution pour mettre fin à cette érosion est de faire adopter la loi. « Son ajournement serait inacceptable », a-t-il encore souligné, précisant qu'approuvée au Conseil des ministres, elle est actuellement entre les mains d'une commission parlementaire chargée d'en étudier les clauses, dont plusieurs « respectent les droits des propriétaires », a-t-il assuré. Par ailleurs, un comité chapeauté par le ministre et composé des directeurs de la Direction générale des antiquités (DGA) et de l'urbanisme, du président de l'ordre des architectes et ingénieurs ainsi que du président de la municipalité de Beyrouth est chargé de poursuivre l'inventaire des vieux bâtiments de la capitale.
Entre-temps, Salim Wardy s'est entendu avec le ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud pour qu'aucun permis de destruction ne soit livré sans l'accord du ministère de la Culture. Il a également annoncé qu'une hotline (01 612299) est mise à la disposition des citoyens pour avertir immédiatement d'une éventuelle démolition sauvage. En bref, contrairement à des affirmations répétées, personne ne veut d'une ville musée ; nous voulons une ville vivante, fière de son patrimoine, ancien et contemporain, dynamique sur le plan économique, où de vieux bâtiments transformés en bibliothèques, en musées, en sièges pour entreprises innovantes seront magnifiquement agencés.
Mais au Liban on abîme l'héritage, on le détruit, on le nie, comme s'il était un frein au développement de la ville. Et au rythme où vont les choses, « le pays pourra devenir un immense cimetière du patrimoine et de l'environnement », a dit pour sa part le président du Parti vert, Philippe Skaff. Ce dernier, qui a qualifié les démolisseurs d'« ennemis sournois » et les irresponsables de « fossoyeurs de l'identité et du patrimoine », a dénoncé l'exploitation des carrières qui éventrent les montagnes et déboisent les forêts, les spéculations immobilières qui défigurent les paysages à « caractère traditionnel » et causent des dommages irréversibles. Ce massacre sera supermédiatisé à travers un film, réalisé par l'agence Grey : sur un vaste terrain où ne poussent aucun arbre, aucune herbe, aucune végétation, émergent des centaines de stèles érigées en souvenir des vieilles demeures disparues les unes après les autres pour laisser en fond de toile... rien que des gratte-ciel d'acier et de béton.
Les députés, tous les députés, 14 Mars, 8 Mars ou centristes soient-ils, n'ont qu'une alternative : devenir les fossoyeurs du patrimoine libanais ou bien ses sauveurs. Pour cela, il faut que la loi entre le plus vite en application.

Face au constat alarmant de l'érosion du patrimoine, le ministre de la Culture, Salim Wardy, l'Apsad, la Fondation du patrimoine, Green Party of Lebanon, Save Beirut Heritage et Don't Destroy our Heritage se mobilisent pour faire voter la loi qui préserve cet héritage, et pour cela ils iront jusqu'au bout, jusqu'à « bloquer les axes routiers ».Alors que toutes les capitales du monde se penchent sur la valorisation de leurs bâtiments anciens, élevés au rang de « dépôt sacré », et offrent un paysage urbain riche en contrastes, le Libanais s'ingénie à détruire en toute légalité son patrimoine et à couler sa ville dans du béton, prenant pour modèle les métropoles...
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