Le responsable américain a toutefois reconnu que Barack Obama était au courant de l'affaire lorsqu'il a reçu son homologue russe Dmitri Medvedev la semaine dernière, une rencontre durant laquelle les deux hommes n'ont pas lésiné sur les démonstrations publiques d'amitié./
"Nous comptons sur le fait que l'incident (...) n'aura pas d'effets négatifs sur les relations russo-américaines", a indiqué un porte-parole de la diplomatie russe à l'AFP.
Le quotidien russe Kommersant a ainsi relevé mercredi que les deux pays tentaient d'"étouffer" l'affaire afin de ne pas mettre à mal la relance des relations initiée par MM. Medvedev et Obama depuis environ un an et demi.
Selon ses sources, "un ordre tacite de ne pas commenter l'incident a été donné à toutes les personnes en vue les plus éloquentes".
"Et d'après ce qu'on voit, cet ordre est consciencieusement exécuté", note le journal, ajoutant que les principaux porte-parole des autorités russes ont catégoriquement refusé de commenter le scandale.
Le Premier ministre Vladimir Poutine a lui aussi tout fait pour minimiser l'impact du scandale. Il a ainsi souhaité mardi que l'affaire "ne nuise pas à tout le positif accumulé ces derniers temps".
Sur la même longueur d'onde, la Maison Blanche a affirmé que l'affaire n'aurait pas de conséquences sur l'embellie que connaissent les relations avec le Kremlin.
"Nous avons fait d'importants progrès depuis un an et demi. Je ne pense pas que cela affectera nos relations", a estimé le porte-parole de la présidence américaine Robert Gibbs. La diplomatie russe a souligné mercredi "prendre acte" de ces déclarations.
Le responsable américain a toutefois reconnu que Barack Obama était au courant de l'affaire lorsqu'il a reçu son homologue russe Dmitri Medvedev la semaine dernière, une rencontre durant laquelle les deux hommes n'ont pas lésiné sur les démonstrations publiques d'amitié.
Un haut responsable du département d'État a pour sa part vu dans cette affaire un "vestige" du passé, le scandale n'étant pas sans rappeler le temps de la Guerre Froide.
Des journaux russes estimaient cependant mercredi que la révélation de cette affaire d'espionnage visait à affaiblir M. Obama et sa politique de rapprochement avec Moscou.
"Il serait logique de supposer que la principale cible de cette histoire est le président Obama, dont le pays regorge de personnes qui lui veulent du mal", écrit le quotidien populaire Moskovski Komsomolets.
"La politique prime sur le renseignement dans ce scandale", ajoute-t-il.
Les autorités américaines avaient annoncé lundi un coup de filet contre dix personnes accusées de travailler aux États-Unis pour le compte de la Russie. Mardi, la police chypriote a indiqué avoir arrêté un autre homme recherché dans le cadre de cette affaire, un Canadien de 54 ans dénommé Christopher Robert Metsos. Il a été remis en liberté après le versement d'une caution.
Les suspects se disent être de nationalité américaine, canadienne ou péruvienne, selon les deux plaintes déposées contre eux mais qui ne précisent pas leur nationalité réelle.
La Russie a reconnu mardi la présence de citoyens russes parmi les onze espions présumés arrêtés, mais a nié qu'ils aient agi contre les intérêts américains. Parmi eux se trouve la jeune femme d'affaires russe Anna Chapman, 28 ans, installée à New York depuis février.


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