Le Premier ministre canadien recevant le président américain. Luke Sharrett/AFP/POOL
Ce G8, qui sera suivi d'un G20 à Toronto avec la participation des pays émergents, devrait faire apparaître à nouveau des divisions entre Américains et Européens sur les stratégies de reprise économique, les premiers poussant à la consommation lorsque les seconds engagent des plans de rigueur budgétaire.
« Nous devons agir de concert pour une raison simple : cette crise a prouvé - et les éléments continuent de le démontrer - que nos économies nationales sont inextricablement liées », a souligné d'emblée le président américain. « Et la tourmente économique peut facilement se propager », a-t-il averti. Dans la nuit, le Congrès américain a approuvé un projet de réforme de la régulation financière que Barack Obama devrait faire valoir auprès de ses homologues.
Hier, son secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a enfoncé le clou en appelant l'Europe à « faire le choix de mettre en œuvre des réformes et des politiques susceptibles de déboucher sur des taux de croissance plus élevés à l'avenir ». Le monde « ne pourra pas dépendre des États-Unis autant que dans le passé », a-t-il prévenu, alors que les chiffres de la croissance américaine au 1er trimestre ont été revus à la baisse.
Les Européens, mis au pied du mur, ont cherché à se défendre, assurant que les politiques d'austérité décidées ces derniers mois en Allemagne, Grande-Bretagne ou France ne remettaient pas en cause la reprise.
Il est « temps de réduire les déficits » et « l'Europe a fait l'expérience de ce que cela signifie d'avoir de trop gros déficits », a rétorqué Angela Merkel, dans une allusion aux récentes difficultés de plusieurs pays de l'Union européenne, dont la Grèce, le Portugal et l'Espagne. Et « nous avons besoin d'une croissance qui ne repose pas sur l'endettement mais sur des bases réelles », a-t-elle martelé.
Les États-Unis et l'Europe n'ont pas de divergences sur la stratégie à adopter pour préserver la reprise économique mondiale, a assuré de son côté le porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron.
Invités de Stephen Harper (Canada), Barack Obama, Dmitri Medvedev (Russie), Nicolas Sarkozy (France), Angela Merkel (Allemagne), Silvio Berlusconi (Italie), et les deux nouveaux du groupe, Naoto Kan (Japon) et David Cameron, devaient déjeuner et dîner à huis clos à Huntsville, lieu de villégiature de l'Ontario niché dans la forêt canadienne, au bord d'un lac.
Dans le grand hôtel qui les accueille à 220 km au nord de Toronto, ville où a été regroupée la presse internationale, les huit chefs d'État et de gouvernement devaient être rejoints par six chefs d'État africains et trois de pays d'Amérique centrale et du Sud.
Lors de leur déjeuner, les huit évoqueront la situation économique mondiale, lors de leur dîner, la nouvelle gouvernance en gestation de la planète. Les détails, comme les projets de taxe bancaire ou de contribution sur les transactions financières, seront abordés samedi soir et dimanche par le G20, qui se tiendra à Toronto.
Londres, Paris, Berlin et Washington ont invité le G20 à accepter une taxe bancaire, mais le Canada, la Russie, la Chine, l'Inde et l'Australie y sont opposés.

