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Culture

« Fleuve Congo, arts d’Afrique centrale », un voyage initiatique chez les Bantous

D'imposants masques en forme de cœur, des reliquaires et des sculptures des royaumes de la savane ont été regroupés au musée du Quai Branly dans une exposition intitulée «Fleuve Congo, arts d'Afrique centrale», voyage initiatique à travers les peuplades bantoues qui jalonnaient le fleuve, écrit Dominique Simon, de l'AFP.
Cent soixante-dix œuvres, accompagnées de 80 documents, plongent le visiteur dans l'épaisse forêt du bassin du Congo, le promenant à travers les productions des peuples iconophiles de six pays dont le Gabon, la République populaire du Congo et la République démocratique du Congo.
Issues d'un noyau bantou commun qui vivait au Nigeria il a 3000 ans et qui connut deux migrations vers les années 1000 après Jésus-Christ, l'une à l'ouest, l'autre à l'est, 450 ethnies peuplaient ce bassin, comme les Kota, les Lega, les Thsogo.
L'exposition dégage l'unité qui lie leurs sculptures, à caractère sacré, tout autant que la singularité apportée à ses œuvres par chacun des groupes humains. «Il s'agissait de montrer des œuvres qui sont significatives, inattendues et propres à l'Afrique centrale», selon le commissaire de l'exposition, François Neyt, et cela afin «de mettre en valeur des archétypes qu'on ne trouve pas dans les autres régions et qui enrichissent le patrimoine de l'humanité.» Car, selon lui, ces objets ont dépassé le village pour devenir « des œuvres majeures», des œuvres d'art à valeur universelle.
Les masques en forme de cœur, qui fondent l'unité des différents groupes ethniques, sont une constante d'ouest en est. Qu'il s'agisse du masque kwele, en forme de cœur parfait, du blanc passé rituellement sur le visage, ce qui l'associe aux esprits et à la mort. Ou du masque «Fang janusse», qui revêt une dimension protectrice, car il crée un lien avec l'ancêtre qui voit dans toutes les directions pour veiller sur son peuple. Ou encore du masque aux cornes enveloppantes qui évoque l'antilope, esprit bienfaisant et nourriture. Les masques justiciers sont, quant à eux, noirs, tandis que le rouge soigne.
Les reliquaires contiennent des ossements, des morceaux d'ongles des ancêtres fondateurs d'une lignée, d'un clan, avec lesquels ils font là aussi le lien. Ceux des Fang au nord sont épurés tandis qu'ils deviennent plus réalistes au sud. Les Kota font de larges reliquaires en cuivre, alors que la fusion du fer est magique.
Puis des sculptures représentent la femme, admirée, vénérée, d'autant plus qu'on approche les vastes savanes arborées méridionales où elle est «liée au mystère de la régénération de la terre, de l'agriculture, de la vie humaine».
Pour François Neyt, il s'agissait par cette exposition de servir de «passeur», alors que l'Afrique traditionnelle s'estompe, afin de «transmettre ses richesses et ses valeurs aux nouvelles civilisations».
L'exposition est présentée jusqu'au 3 octobre.
D'imposants masques en forme de cœur, des reliquaires et des sculptures des royaumes de la savane ont été regroupés au musée du Quai Branly dans une exposition intitulée «Fleuve Congo, arts d'Afrique centrale», voyage initiatique à travers les peuplades bantoues qui jalonnaient le fleuve, écrit Dominique Simon, de l'AFP.Cent soixante-dix œuvres, accompagnées de 80 documents, plongent le visiteur dans l'épaisse forêt du bassin du Congo, le promenant à travers les productions des peuples iconophiles de six pays dont le Gabon, la République populaire du Congo et la République démocratique du Congo.Issues d'un noyau bantou commun qui vivait au Nigeria il a 3000 ans et qui connut deux migrations vers les années 1000...
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