Le problème ne réside nullement dans ce bout de papier, qui tient plus du torchon pleutre qu'on lance à la sauvette, encore moins dans l'esprit dérangé de ceux qui ont eu l'affront de les imprimer et de les distribuer.
Le problème découle de l'ambiance délétère qui s'est installée dans le pays, encouragée à leur insu, croyant bien faire, par ceux-là mêmes qui à tout bout de champ ressortent la ritournelle éculée de Taëf et de la sacro-sainte parité communautaire.
C'est un peu comme faire l'aumône d'un droit naturellement inaliénable. Certains ont mis à profit cette antienne pour s'arroger des avantages auxquels ils ne rêvaient même pas.
Les chrétiens demeurent la pierre d'achoppement du Liban, ils sont la clef de voûte de cet édifice que l'Histoire avec un grand H a bâti à force de sang, de sacrifices, de guerres intestines le plus souvent gratuites et dont l'issue ne leur a pas toujours été favorable.
Les chrétiens sont au Liban ce qu'est l'air à l'homme, l'eau à la nature, le soleil au jour, la lune à la nuit, l'étoile au berger et la liberté à la démocratie.
Les chrétiens donnent à ce pays cet esprit de convivialité, d'ouverture, de pardon, de sensibilité, de tendresse qu'on ne retrouve nullement dans les pays monochromes.
Qu'on le veuille ou pas, l'histoire est là pour le rappeler : les chrétiens du Liban ont été à l'origine du rayonnement de la langue arabe, de son essor culturel de par le monde.
Et ce n'est pas quelques dérangés mentaux, manipulés de l'extérieur, qui vont les faire décamper, ils ont trop donné pour ce pays pour que, par frilosité, ils plient bagage et s'en aillent aussi facilement qu'on le pense.
Ceux qui ont eu le culot d'imprimer ces tracts ne sont pas seuls en faute, ce ne sont que de simples exécutants, veules, bernés par je ne sais quels avantages qu'on leur fit miroiter.
La faute incombe principalement à ceux qui, pour avoir leur paix, au vu et au su de tout le monde et sans fausse honte, se sont partagé le gâteau : tu t'occupes de tes ouailles, mes oignons j'en fais mon affaire.
Quel manque de discernement, sachant qu'il est notoirement connu que les ennemis de ce pays, ceux qui vouent aux gémonies son mode de vie, circulent au grand jour et attendent la moindre occasion pour le détruire.
Par sa présence, sa prestance, son prestige et sa volonté, la président Rafic Hariri avait réussi à clore le bec à ces oiseaux de mauvais augure, à les tenir loin de la politique politicienne. Il avait créé un mouvement à l'étendue du pays, y bannissant, contrairement aux idées reçues, toute velléité sectaire.
Rafic Hariri avait réduit le potentiel de nuisance de cette nébuleuse, que l'existence même du Liban dérange, à sa plus simple expression, il avait tenu sa gageure au prix de sa vie.
Mais l'ardoise, c'est nous qui la payons. On dirait qu'ayant pris les mêmes, on recommence, et de plus belle cette fois, car les leçons du passé, on n'en a cure.
Les droits civiques des Palestiniens ? Beaucoup de Libanais ne savent pas où sont les leurs. L'armement en dehors et dans des camps, celui du parti de Dieu, le tracé des frontières terrestres et maritimes ? Nouvelle élucubration, alors que les lois internationales sont claires à ce sujet.
Je ne crois pas que cette nouvelle formule politique, à chaque poulailler son coq, puisse donner des résultats tangibles, bien au contraire, elle ne fera qu'accentuer le clivage sectaire et exacerber à peu de frais les dissensions que cherchent à créer ceux qui aiment notre pays au point de l'étouffer.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef